dimanche 1 mars 2015

Only Boyhood left Alive

En quelques lignes, découvrez le point de vue de DavidéoCiné sur les films vus au cours du mois de février. Retrouvez ces titres classés sur les pages de leur année de sortie : année 2014, année 2015.

Only Lovers left Alive de Jim Jarmusch

ONLY LOVERS LEFT ALIVE***** de Jim Jarmusch | De la condition contemporaine et instable du vampire : entre quête quotidienne de survie et intégration culturelle dans nos sociétés. D'un style ultra raffiné et musical teinté de velours, noirceur et... pâleur. La griffe ultime et admirable de Jim Jarmusch qui envoûtera ses fidèles autant qu'il découragera les "jarmusceptiques". (Classement 2014 : 2e/54)

BOYHOOD***** de Richard Linklater | Rien que pour la prouesse d'avoir mis en scène ses comédiens sur une période d'une douzaine d'années pour parfaire les effets du temps qui s'écoule sur les personnages de son film, Linklater pouvait prétendre à l'Oscar finalement dévolu à Inarritu ce dimanche. Qu'importe. La justesse simple ainsi que l'évidente sensibilité des étapes ciblées dans l'évolution de cette "jeunesse" vers l'âge adulte en font un formidable Oscar du cœur. (Classement 2014 : 4e/54)

HIPPOCRATE***** de Thomas Lilti | Immersion objective au cœur du milieu hospitalier où les questions humaines, relationnelles, médicales mais aussi matérielles se posent au quotidien. Bien servi par un scénario non dépourvu de quelques touches d'humour et des interprètes d'une justesse chirurgicale, le docteur-réalisateur Lilti réussit aisément son opération. (Classement 2014 : 7e/54)

NIGHT CALL***** de Dan Gilroy | Dans ces courses à l'audimat et au sensationnel indissociables, la frénésie croît simultanément à l'inquiétude provoquée par les orientations d'un Jake Gyllenhaal plus démoniaque et exceptionnel que jamais. (Classement 2014 : 8e/54)

DEUX JOURS, UNE NUIT**** de Jean-Pierre et Luc Dardenne | Plus que jamais hermétiques au glamour, les deux frères belges s'en remettent derechef à ce qu'ils affectionnent et maîtrisent par-dessus tout : une mise en scène minimaliste au service d’une histoire simple à la portée sociale collective. Empêtrée entre une dépression destructrice et une soudaine et fragile motivation à s’en sortir, Marion Cotillard y prouve (si cela était nécessaire) qu’elle peut incarner qui elle veut face à la caméra de qui elle veut. (Classement 2014 : 13e/54)

I ORIGINS**** de Mike Cahill | La science, ses doutes et certitudes vont être remis en question par de troublantes circonstances spirituelles, au coeur d'une passion belle et tragique. Un drame... visionnaire ? Certes non, mais touchant, oui. (Classement 2014 : 16e/54)

LES NOUVEAUX HÉROS**** de Don Hall & Chris Williams | Première incursion emballante des comics de Marvel dans le monde de Disney. Cette mue d'un robot médico-domestique en super-héros est tantôt mélancolique, toujours drôle, dynamique et tendre, mais sans réelle surprises.

DUMB & DUMBER DE**** de Bobby et Peter Farrelly | La maturité étant exclue du registre des frères Farrelly, les nouvelles péripéties de nos deux hilarants abrutis Lloyd et Harry, devenus quadras, sont toujours aussi bas de ceinture et très "crotte de nez". A rigoler sans modération. (Classement 2014 : 23e/54)

RESPIRE**** de Mélanie Laurent | Histoire touchante que l’on pressent tragique de deux adolescentes au magnétisme réciproque mais équivoque. Ce cinéma, celui de l'actrice passée réalisatrice Mélanie Laurent (dramatique le cinéma), reflète celui de l'Hexagone : économie de tout, sauf de bonnes intentions, pour une intensité toute relative mais croissante. (Classement 2014 : 24e/54)

YVES SAINT LAURENT*** de Jalil Lespert | Relater la vie du plus grand couturier français du siècle passé ne suffit pas à assurer un grand biopic du siècle présent. Cela, quelles qu'en soient les performances en dentelle d'un viril (enfin!) Guillaume Gallienne et, bien sûr, du tout fraîchement élu meilleur acteur Pierre Niney en YSL. Si l'on conçoit que cette personnalité eut une destinée unique, ce récit de son existence reste trop prosaïque. (Classement 2014 : 38e/54)

vendredi 2 janvier 2015

2014 : L'intégrale FILMS

Parti en pôle position dès sa sortie en janvier, le vainqueur des Oscar 2014 12 Years a Slave n'a plus jamais lâché la tête de ce classement pour en sortir vainqueur incontesté. C'est un plateau original et marquant de comédie/western/SF/drame qui l'accompagne vers les plus hautes sphères de cette année cinéma 2014. Faute d'avoir été vus au moment où ces lignes sont écrites, certains films supposés importants ne figurent pas ci-dessous. Retenons parmi eux Deux jours une nuitWinter sleep, Gone Girl, Mommy, White BirdQuand vient la nuitInterstellarWhite God.

Rétro sur les précédentes éditions : 2013 - 2012 - 2011 - 2010 - 2009

"12 YEARS A SLAVE" - Lauréat 2014
  1. 12 Years a Slave*****, Steve McQueen (USA) (22 janvier)
  2. Dallas Buyers Club, Jean-Marc Vallée (USA) (29 janvier)
  3. Albert à l'Ouest, Seth MacFarlane (USA) (2 juillet)
  4. The Homesman, Tommy Lee Jones (USA) (18 mai)
  5. Under the Skin****, Jonathan Glazer (GB) (25 juin)
  6. American Bluff, David O. Russell (USA) (5 février)
  7. La grande Aventure Lego, Ph.Lord & Ch.Miller (USA) (19 février)
  8. La Voie de l'Ennemi, Rachid Bouchareb (Fr./Algérie/USA) (7 mai)
  9. All about Albert, Nicole Holofcener (USA) (26 mars)
  10. Enemy, Denis Villeneuve (Canada/Esp.) (27 août)
  11. Nebraska, Alexander Payne (USA) (2 avril)
  12. Dragons 2, Dean DeBlois (USA) (2 juillet)
  13. Le Hobbit : la Bataille des cinq Armées, Peter Jackson (NZ/USA) (10 décembre)
  14. Last Days of Summer, Jason Reitman (USA) (30 avril)
  15. Divergente, Neil Burger (USA) (9 avril)
  16. 22 Jump Street, Phil Lord & Chris Miller (USA) (27 août)
  17. Rio 2, Carlos Saldanha (USA) (9 avril)
  18. Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Felix Herngren (Suède) (28 mai)
  19. Godzilla, Gareth Edwards (USA) (14 mai)
  20. Joe, David Gordon Green (USA) (30 avril)
  21. Horns, Alexandre Aja (USA) (1er octobre)
  22. Barbecue, Eric Lavaine (France) (30 avril)
  23. La Vie rêvée de Walter Mitty***, Ben Stiller (USA) (1er janvier)
  24. Nymphomaniac volume 1, Lars von Trier (Danemark/UE) (1er janvier)
  25. The Rover, David Michod (USA/Aus.) (4 juin)
  26. Sous les Jupes des Filles, Audrey Dana (Fr.) (4 juin)
  27. Old Boy, Spike Lee (USA) (1er janvier)
  28. The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson (USA) (26 février)
  29. Noé, Darren Aronofsky (USA) (9 avril)
  30. Babysitting, Ph.Lacheau & N.Benamou (Fr.) (16 avril)
  31. Grace de Monaco**, Olivier Dahan (Fr./USA) 
  32. Welcome to New York, Abel Ferrara (USA) (17 mai - VOD)
  33. Monuments Men, George Clooney (USA) (12 mars)
  34. Le crocodile du Botswanga, F.Eboué & L.Steketee (Fr.) (19 février)
  35. 3 Days to kill, Mc G (USA/Fr.) (19 mars)
  36. Hairbrained*, Billy Kent (USA) (non sorti en salles)
  37. Fastlife, Thomas Ngijol (France) (16 juillet)
... to be continued...

vendredi 5 décembre 2014

Springsteen & I

Beauté, authenticité, Rock. Springsteen & I n'est pas un film documentaire comme les autres. Il a cette singularité d'être non seulement destiné aux fans du chanteur américain Bruce Springsteen mais surtout, et plus exceptionnel, réalisé à partir de vidéos tournées par ces mêmes fans, lesquels ont été sollicités pour exprimer ce que représentait le Boss et sa musique dans leurs vies. En trois mots, ces inconditionnels du monde entier sont également invités à synthétiser leur pensée sur cette passion commune, ce que je m'empresse de faire à mon tour.

De la Californie aux New York Islands, et jusqu'aux routes de Normandie,
la musique du Boss résonnent partout dans nos coeurs.

Beauté. Beauté de la musique et des textes tout d'abord, bien évidemment. Cette beauté mélodieuse et mélancolique à la fois qui surgit à chaque sonorité, à chaque syllabe d'une voix rocailleuse et magnifique. Une beauté invisible aussi, celle d'un pays, le sien, l'Amérique, que Springsteen nous fait visiter, aimer depuis toujours au travers de textes empreints d'une poésie géniale et grave.
Authenticité. Authenticité d'un artiste, d'une superstar, qui depuis quarante ans d'une dense carrière n'a cessé d'honorer un style, sa musique... et ses fans. Certains témoignages du film, qu'ils soient touchants, insolites, drôles ou émouvants, traduisent la sincérité de la relation qu'entretient le Boss avec ses fidèles, quand bien même ces moments de proximité sont éphémères.
Rock. Rock forcément, comme son attitude, sa gestuelle et son évidente prestance sur scène. Si bon nombre de ses morceaux sont marqués par le Blues et de superbes ballades, son oeuvre s'inscrit bien dans le marbre du Rock. Le Rock de Born in the USA, ce titre fort, instantanément universel et historique qui nourrit le genre autant que le genre s'en est nourri.

En regardant Springsteen & I, vous ne découvrirez pas le parcours de ce chanteur hors du commun, non. Vous serez en revanche plus qu'agréablement surpris par la multitude de ces petites histoires personnelles qui traduisent à quel point la musique (quand elle est bonne, et elle l'est, ooohh ouii elle l'est !) et les génies qui la joue ont ce pouvoir de transcender les foules et animer les esprits. En cela, ce documentaire est un bienfait pour la fraternité.

Bruce sur scène en plein "hug" avec un fan

mercredi 15 octobre 2014

Albert à l'Ouest (A Million Ways to die in the West)

Seth et Charlize stupéfaits à l'Ouest

Quand la comédie totalement allumée Ted sort sur les écrans en 2012, c'est toute la planète cinéma qui fait connaissance avec Seth MacFarlane, un réalisateur dont l'impertinence et l'insolence grivoises s'étaient jusqu'alors exprimées pour la télé dans des séries animées (cf. American Dad). Ce premier film où un trentenaire se complaît à glander, picoler, fumer et regarder la téloche avec son seul ami de toujours... sa peluche Ted, au détriment de sa vie de couple qui si elle s'accomplissait le rendrait enfin adulte est un carton. La liberté de ton est totale, les scènes, vannes et répliques cultes sont pléthoriques.
Pour son second film, MacFarlane reste fidèle aux règles qui font son succès : rester très stand up dans la rythmique et le sarcasme de ses dialogues et chahuter les genres en y intégrant un, voire quelques, personnages en inadéquation totale avec leur environnement. La comédie contemporaine laisse ainsi place au western avec Albert à l'Ouest où un cowboy éleveur de moutons et pas de vaches (ce qui est déjà sujet à moqueries), au coeur tendre (et donc pas pris au sérieux par sa copine), ne buvant pas d'alcool (difficile alors de se faire respecter dans un saloon) et adepte de la médiation plutôt que du règlement de comptes (d'où une espérance de vie potentiellement limitée) a bien du mal à trouver et garder sa place. Genre historique et intouchable outre-Atlantique, le western est ici l'occasion de démythifier à outrance le Far West en déplorant avec un humour sans bornes les "millions de façon de mourir dans l'Ouest" du titre original.  Ce n'est pas tant sur les anachronismes - qui restent mesurés  - que Seth MacFarlane bâtit la réussite de cette comédie de l'Ouest, mais bien sur le respect des fondamentaux de cohérence de son scénario et de la construction de scènes et situations décalées mais jamais inadaptées. Le personnage pieux joué par Giovanni Ribisi et sa relation avec sa copine... prostituée illustrent par exemple ce savoir-faire aussi inattendu que jubilatoire. Autre réussite du film, le choix de MacFarlane de se mettre en scène pour la première fois en campant parfaitement son frêle héros, à la manière du Woody Allen comédien que l'on a connu notamment dans ses premières années. Après deux comédies singulières et iconoclastes, Seth MacFarlane s'inscrit bel et bien comme un digne successeur du cinéma de Mel Brooks. Un héritage qui se mérite, et qui sera remis en question de film en film.

  • Sortie cinéma : 2 juillet 2014
  • Sortie DVD/Blu-Ray : 4 novembre 2014
  • Classement 2014 : 3e sur 20.

mardi 11 mars 2014

TOP 5 - Matthew McConaughey

Matthew McConaughey peut savourer sa nouvelle gloire

Recevoir l'Oscar du Meilleur acteur est un événement exceptionnel si jouissif qu'il peut exciter le récipiendaire au point qu'il en exprime une impérieuse envie de procréer. Il est trop tôt pour s'avoir si Matthew McConaughey a concrétisé son euphorie, toujours est-il que DavidéoCiné a été suffisamment stimulé par cette magnifique récompense pour décider d'honorer le dernier vainqueur de la cérémonie des Oscar d'un Top 5.
Dire de Matthew McConaughey qu'il vit depuis une petite poignée d'années une période faste et fleurissante est un euphémisme. En sept films exigeants que sont La Défense Lincoln, Killer Joe, Paperboy, Mud - Sur les rives du Mississippi, Magic Mike, Le Loup de Wall Street et donc Dallas Buyers Club - qui lui vaut tout juste et dès sa première nomination l'Oscar grâce à son interprétation radicale d'un sidaïque rustre et militant -, pour autant de rôles âpres ou marquants, celui qui a traversé les années 2000 comme un fantôme cloisonné à des comédies romantiques renaît. Maturité et reconnaissance. Tout cela renvoie vers les débuts prometteurs de En direct sur Ed TVLe Droit de tuer ? et Lone Star. D'ailleurs, et si le succès, finalement, tenait au port du stetson...

Filmos de Matthew McConaughey : Allociné | IMDB | Wikipédia |


Films favoris de DavidéoCiné

1. Killer Joe (2012)
2. Dallas Buyers Club (2014) 
3. En direct sur Ed TV (1999)
4. Lone Star (1996)
5. La Défense Lincoln (2011)

------

Le regard flippant de Killer Joe

Films favoris des internautes
(A VOS VOTES)


1. Killer Joe (14 points, 2 fois premier, 3 fois nommé)
2. Dallas Buyers Club (11, 3, 1) 
3. Lone Star (6, 0, 3)
4. Mud (6, 0, 2)
5. En direct sur Ed TV et Magic Mike (3, 0, 1)
7. La Défense Lincoln (2, 0, 1)
8. Emprise (1, 0, 1)

Merci à Fab et Ffred de leur participation au scrutin

* Toutes les filmos interactives sont répertoriées sur cette page.

dimanche 9 mars 2014

2012 : Hall of Films

Quand il n'y a que... l'Amour qui manque à votre expérience de films vus en 2012, cela fait un vide a priori considérable. Qui est ici comblé par un Top 10 d'envergure. Très anglo-saxon d'ailleurs ce Top 10 de l'année 2012, étant donné qu'il ne laisse qu’un accessit à un film danois, tandis que le cinéma français en est absent. Une exception culturelle regrettable mais pas si rare puisque ce fut déjà le cas pour l'édition 2010 et quasiment en 2009. L'année 2011 et ses deux titres sur le podium fait donc figure d’exception. Et puis, la France sera bien représentée par une double ration d'Eva Green, et ça, c'est que du bonheur. 



1. TYRANNOSAUR, Paddy Considine (GB) 
Peter s'en remet à la bibine


2. L'ODYSSÉE DE PI, Ang Lee (USA) 
Piscine sur la Mer


3. LA CHASSE, Thomas Vinterberg (Danemark) 
Mads en chasseur chassé


4. LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU, Peter Jackson (NZ/USA) 
Martin, encore un Seigneur des anneaux


5. KILLER JOE, William Friedkin (USA) 
Matthew protège son bien


6. THE DESCENDANTS, Alexander Payne (USA) 
George et sa grande fille

7. THE DARK KNIGHT RISES, Christopher Nolan (USA/GB) 
Christian vs. Tom, ça bastonne pas mal à Gotham


8. PERFECT SENSE, David MacKenzie (GB) 
Eva & Ewan, des sens sensationnels


9. DARK SHADOWS, Tim Burton (USA) 
Johnny, un Vampire tenté par le Diable


10. TED, Seth MacFarlane (USA)
Mark & Nounours, une comédie familiale au sens large