vendredi 5 décembre 2014

Springsteen & I

Beauté, authenticité, Rock. Springsteen & I n'est pas un film documentaire comme les autres. Il a cette singularité d'être non seulement destiné aux fans du chanteur américain Bruce Springsteen mais surtout, et plus exceptionnel, réalisé à partir de vidéos tournées par ces mêmes fans, lesquels ont été sollicités pour exprimer ce que représentait le Boss et sa musique dans leurs vies. En trois mots, ces inconditionnels du monde entier sont également invités à synthétiser leur pensée sur cette passion commune, ce que je m'empresse de faire à mon tour.

De la Californie aux New York Islands, et jusqu'aux routes de Normandie,
la musique du Boss résonnent partout dans nos coeurs.

Beauté. Beauté de la musique et des textes tout d'abord, bien évidemment. Cette beauté mélodieuse et mélancolique à la fois qui surgit à chaque sonorité, à chaque syllabe d'une voix rocailleuse et magnifique. Une beauté invisible aussi, celle d'un pays, le sien, l'Amérique, que Springsteen nous fait visiter, aimer depuis toujours au travers de textes empreints d'une poésie géniale et grave.
Authenticité. Authenticité d'un artiste, d'une superstar, qui depuis quarante ans d'une dense carrière n'a cessé d'honorer un style, sa musique... et ses fans. Certains témoignages du film, qu'ils soient touchants, insolites, drôles ou émouvants, traduisent la sincérité de la relation qu'entretient le Boss avec ses fidèles, quand bien même ces moments de proximité sont éphémères.
Rock. Rock forcément, comme son attitude, sa gestuelle et son évidente prestance sur scène. Si bon nombre de ses morceaux sont marqués par le Blues et de superbes ballades, son oeuvre s'inscrit bien dans le marbre du Rock. Le Rock de Born in the USA, ce titre fort, instantanément universel et historique qui nourrit le genre autant que le genre s'en est nourri.

En regardant Springsteen & I, vous ne découvrirez pas le parcours de ce chanteur hors du commun, non. Vous serez en revanche plus qu'agréablement surpris par la multitude de ces petites histoires personnelles qui traduisent à quel point la musique (quand elle est bonne, et elle l'est, ooohh ouii elle l'est !) et les génies qui la joue ont ce pouvoir de transcender les foules et animer les esprits. En cela, ce documentaire est un bienfait pour la fraternité.

Bruce sur scène en plein "hug" avec un fan

mercredi 15 octobre 2014

Albert à l'Ouest (A Million Ways to die in the West)

Seth et Charlize stupéfaits à l'Ouest

Quand la comédie totalement allumée Ted sort sur les écrans en 2012, c'est toute la planète cinéma qui fait connaissance avec Seth MacFarlane, un réalisateur dont l'impertinence et l'insolence grivoises s'étaient jusqu'alors exprimées pour la télé dans des séries animées (cf. American Dad). Ce premier film où un trentenaire se complaît à glander, picoler, fumer et regarder la téloche avec son seul ami de toujours... sa peluche Ted, au détriment de sa vie de couple qui si elle s'accomplissait le rendrait enfin adulte est un carton. La liberté de ton est totale, les scènes, vannes et répliques cultes sont pléthoriques.
Pour son second film, MacFarlane reste fidèle aux règles qui font son succès : rester très stand up dans la rythmique et le sarcasme de ses dialogues et chahuter les genres en y intégrant un, voire quelques, personnages en inadéquation totale avec leur environnement. La comédie contemporaine laisse ainsi place au western avec Albert à l'Ouest où un cowboy éleveur de moutons et pas de vaches (ce qui est déjà sujet à moqueries), au coeur tendre (et donc pas pris au sérieux par sa copine), ne buvant pas d'alcool (difficile alors de se faire respecter dans un saloon) et adepte de la médiation plutôt que du règlement de comptes (d'où une espérance de vie potentiellement limitée) a bien du mal à trouver et garder sa place. Genre historique et intouchable outre-Atlantique, le western est ici l'occasion de démythifier à outrance le Far West en déplorant avec un humour sans bornes les "millions de façon de mourir dans l'Ouest" du titre original.  Ce n'est pas tant sur les anachronismes - qui restent mesurés  - que Seth MacFarlane bâtit la réussite de cette comédie de l'Ouest, mais bien sur le respect des fondamentaux de cohérence de son scénario et de la construction de scènes et situations décalées mais jamais inadaptées. Le personnage pieux joué par Giovanni Ribisi et sa relation avec sa copine... prostituée illustrent par exemple ce savoir-faire aussi inattendu que jubilatoire. Autre réussite du film, le choix de MacFarlane de se mettre en scène pour la première fois en campant parfaitement son frêle héros, à la manière du Woody Allen comédien que l'on a connu notamment dans ses premières années. Après deux comédies singulières et iconoclastes, Seth MacFarlane s'inscrit bel et bien comme un digne successeur du cinéma de Mel Brooks. Un héritage qui se mérite, et qui sera remis en question de film en film.

  • Sortie cinéma : 2 juillet 2014
  • Sortie DVD/Blu-Ray : 4 novembre 2014
  • Classement 2014 : 3e sur 20.

mardi 11 mars 2014

TOP 5 - Matthew McConaughey

Matthew McConaughey peut savourer sa nouvelle gloire

Recevoir l'Oscar du Meilleur acteur est un événement exceptionnel si jouissif qu'il peut exciter le récipiendaire au point qu'il en exprime une impérieuse envie de procréer. Il est trop tôt pour s'avoir si Matthew McConaughey a concrétisé son euphorie, toujours est-il que DavidéoCiné a été suffisamment stimulé par cette magnifique récompense pour décider d'honorer le dernier vainqueur de la cérémonie des Oscar d'un Top 5.
Dire de Matthew McConaughey qu'il vit depuis une petite poignée d'années une période faste et fleurissante est un euphémisme. En sept films exigeants que sont La Défense Lincoln, Killer Joe, Paperboy, Mud - Sur les rives du Mississippi, Magic Mike, Le Loup de Wall Street et donc Dallas Buyers Club - qui lui vaut tout juste et dès sa première nomination l'Oscar grâce à son interprétation radicale d'un sidaïque rustre et militant -, pour autant de rôles âpres ou marquants, celui qui a traversé les années 2000 comme un fantôme cloisonné à des comédies romantiques renaît. Maturité et reconnaissance. Tout cela renvoie vers les débuts prometteurs de En direct sur Ed TVLe Droit de tuer ? et Lone Star. D'ailleurs, et si le succès, finalement, tenait au port du stetson...

Filmos de Matthew McConaughey : Allociné | IMDB | Wikipédia |


Films favoris de DavidéoCiné

1. Killer Joe (2012)
2. Dallas Buyers Club (2014) 
3. En direct sur Ed TV (1999)
4. Lone Star (1996)
5. La Défense Lincoln (2011)

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Le regard flippant de Killer Joe

Films favoris des internautes
(A VOS VOTES)


1. Killer Joe (14 points, 2 fois premier, 3 fois nommé)
2. Dallas Buyers Club (11, 3, 1) 
3. Lone Star (6, 0, 3)
4. Mud (6, 0, 2)
5. En direct sur Ed TV et Magic Mike (3, 0, 1)
7. La Défense Lincoln (2, 0, 1)
8. Emprise (1, 0, 1)

Merci à Fab et Ffred de leur participation au scrutin

* Toutes les filmos interactives sont répertoriées sur cette page.

dimanche 9 mars 2014

2012 : Hall of Films

Quand il n'y a que... l'Amour qui manque à votre expérience de films vus en 2012, cela fait un vide a priori considérable. Qui est ici comblé par un Top 10 d'envergure. Très anglo-saxon d'ailleurs ce Top 10 de l'année 2012, étant donné qu'il ne laisse qu’un accessit à un film danois, tandis que le cinéma français en est absent. Une exception culturelle regrettable mais pas si rare puisque ce fut déjà le cas pour l'édition 2010 et quasiment en 2009. L'année 2011 et ses deux titres sur le podium fait donc figure d’exception. Et puis, la France sera bien représentée par une double ration d'Eva Green, et ça, c'est que du bonheur. 



1. TYRANNOSAUR, Paddy Considine (GB) 
Peter s'en remet à la bibine


2. L'ODYSSÉE DE PI, Ang Lee (USA) 
Piscine sur la Mer


3. LA CHASSE, Thomas Vinterberg (Danemark) 
Mads en chasseur chassé


4. LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU, Peter Jackson (NZ/USA) 
Martin, encore un Seigneur des anneaux


5. KILLER JOE, William Friedkin (USA) 
Matthew protège son bien


6. THE DESCENDANTS, Alexander Payne (USA) 
George et sa grande fille

7. THE DARK KNIGHT RISES, Christopher Nolan (USA/GB) 
Christian vs. Tom, ça bastonne pas mal à Gotham


8. PERFECT SENSE, David MacKenzie (GB) 
Eva & Ewan, des sens sensationnels


9. DARK SHADOWS, Tim Burton (USA) 
Johnny, un Vampire tenté par le Diable


10. TED, Seth MacFarlane (USA)
Mark & Nounours, une comédie familiale au sens large

lundi 3 mars 2014

Oscar 2014 : 12 Gravity a Slave

Oscar suivi d'Oscar

Ce qui est trop cool avec les Oscar vu qu'on a tous un peu autre chose à foutre le dimanche que de commencer la soirée à une heure du mat' pour la terminer cinq heures plus tard au moment même où cette enflure de réveil est supposée nous amener gaillardement sur la route du début de semaine, c'est qu'il suffit de reprendre la liste des favoris potassée la veille pour connaitre le verdict qui se sera déroulé durant la nuit dans un suspense aussi intense que l'issue d'un épisode de Columbo. A la différence de la nuit des César qui te réserve toujours des surprises tirées d'un chapeau de magicien t'obligeant à assister - à subir - au Live pour ne pas croire à une blague quand ton collègue t’annoncera le lendemain que Sandrine Kiberlain est devenue la meilleure actrice du pays, la grand messe hollywoodienne est jouée d'avance, de longue date. En cela, remercions les Américains qui même en dehors des studios ne délaissent jamais leur sens du happy end. 
Un happy end qui n'aura pas suffit à Gravity pour empêcher 12 Years a Slave de dominer le plateau (l'esclavage, les remords, et l'émotion d'une grande histoire, c'est imparable les gars). Alfonso Cuaron a bien reçu son trophée de Meilleur réalisateur pour son film catastrophe dans l'espace globalement gagnant de cette 86e édition avec sept statuettes. Côté comédiens, Cate Blanchett (Blue Jasmine) et Matthew McConaughey (Dallas Buyers Club) sont bien évidemment devenus les meilleurs interprètes de l'année, et Jared Leto, l'acolyte de ce dernier dans le film pamphlet des années Sida est également logiquement récompensé dans la catégorie du Second Rôle. Mais tout cela, on le savait déjà avant de l'écrire. A l’année prochaine.

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samedi 1 mars 2014

César 2014 : Guillaume le Conquérant a conquis

La vie d'Adèle, Guillaume, Sandrine et Pierre (photo : lenouvelobs.com)

Dans une soirée où la courbe de la ferveur et du charme aura fléchi aussi violemment que les intonations belges et les mises en scène de la maîtresse de cérémonie Cécile de France devenaient difficilement supportables, notre mémoire se focalisera sur l'abus de récompenses accordées à Guillaume Gallienne et son Les garçons et Guillame, à table ! (5 titres dont Film et Acteur). Des trophées malintentionnés, il y en eut bien d'autres : Roman Polanski,  Meilleur réalisateur pour La Vénus à la fourrure (désormais quatre statuettes personnelles mais bien plus de casseroles), Sandrine Kiberlain Meilleure actrice dans la comédie de Dupontel 9 mois ferme (on est bien d'accord qu'elle devance donc Léa Seydoux, Sara Forestier, Bérénice Bejo et Fanny Ardant !??). Alabama Monroe du Belge Felix Van Groeningen s'impose dans la prestigieuse catégorie du Meilleur film étranger au nez et à la barbe des monstrueux  Django unchained, La grande Bellezza, Blancanieves et autre Gravity. Soit, il faut voir. Une cérémonie des César sans un César de la lèche attribué à une star américaine n'étant pas une authentique cérémonie des César, L'Académie ne s'est embarrassé ni de cohérence, ni de dignité pour accorder celui de cette année à la désobligeante Scarlett Johansson. Pour l'ensemble de sa carrière donc, à 29 ans. Scarlett, c'est pas fini pour toi, tiens-toi prête pour une redite lors l'édition de 2036 et, si tu tiens le coup encore un peu, pour celle de 2065 également. Louons au passage le statut d'assistant socioculturel de l'indispensable Quentin Tarantino qui briefait la belle inculte sur les exigences et savoirs cinématographiques des frenchies.
On pourra in fine s'accorder simplement sur les deux Meilleurs espoirs féminin et masculin décernés respectivement à Adèle Exarchopoulos dans La Vie d'Adèle et Pierre Deladonchamps dans L'Inconnu du Lac.

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