mardi 4 juin 2013

Xtrékulte : En cloque, mode d'emploi (2007)

T'es en école de ciné, t'as deux-trois idées sympas de comédie mais tu sais vraiment pas comment commencer ton film ? Pas un problème. Fais confiance au maître du sujet en prenant la leçon de Judd Apatow. Avec le générique d'ouverture de En cloque mode d'emploi (Knocked up pour le titre original plus punchy) sorti en 2007, le réalisateur de 40 ans : mode d'emploi alpague son public avec l'implacable stratagème du son monstrueux accompagnant une séquence déjantée. D'emblée, les notes Hip Hop du monumental Shimmy shimmy Ya signé Ol Dirty Bastard transcendent les pitreries juvéniles et enfumées de losers magnifiques emmenés par Seth Rogen (The Green Hornet) et Jason Segel (le Marshall de How I Met Your Mother). Vous pouvez bouger la tête.

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lundi 27 mai 2013

La Graine et le Mulet

La Vie d'Adèle venant tout juste de remporter la Palme d'or du festival de Cannes, son réalisateur Abdellatif Kechiche peut être considéré comme Champion du monde de cinéma 2013. D'autant qu'une unanimité a priori incontestable semble protéger son film. En 2007, cette forme de plébiscite avait déjà accompagné son troisième long métrage : La Graine et le mulet. A un avis près... 

De la tendresse entre Habib Boufares et Hafsia Herzi

[CRITIQUE PUBLIÉ LE 11/10/2008 SUR DAVIDEO.BLOGS.ALLOCINE.FR]

Lions et agneaux. Abdellatif Kechiche est un metteur en scène comblé. En seulement trois films auréolés d’une quarantaine de récompenses cumulées, il bénéficie d'un soutien unanime des professionnels de la profession, de la presse et à un degré moindre du public. Phénomène rare et a priori extravagant. Doit-on alors crier au génie? Sur le papier ça parait inévitable. Sur le terrain, ça a été fait. Souvenez-vous le l'éloquence de Sara Forestier, la jeune actrice de L'esquive, qui revendiquait avec excentricité le génie de son réalisateur après avoir reçu sa statuette lors de la cérémonie des César en 2005. Auparavant Kechiche s'était fait remarquer à la Mostra de Venise en 2001 pour son premier film, La faute à Voltaire, avant donc que L’esquive ne décroche la timbale aux César (film, réalisateur, scénario, espoir féminin). Sans connaissance empirique de ces deux premiers longs que je n'ai toujours pas vus, ma position reste suspendue, mais je demande à voir; le médiocre résultat de L'esquive au box-office (135000 entrées) n'étant pas un critère de valeur étant donné le sujet du film sans doute repoussant pour le plus grand nombre. 
Revenons à l'objet de cet article. Les trophées raflés par La graine et le mulet sont encore plus nombreux et prestigieux (razzia identique à L'esquive aux César 2008, Prix Louis-Delluc, Prix spécial du Jury à Venise) et les louanges extraordinaires (meilleur film de l'année 2007 pour le magazine Première - et peut-être d'autres encore - ainsi que selon les critiques presse sur Allociné). Comment expliquer ce succès (toujours modeste au box-office avec à peine 1 million d'entrées) qui semble imposer un souffle décapant et une forme de récit nouvelle? J'avancerais que la première grande et louable réussite de Kechiche concerne la description subtile, objective et sans prosélytisme qu'il fait de la famille issue de la communauté arabe, la sienne (il est d'origine tunisienne). Autant par ses défauts (les commérages, les rancœurs, l'adultère), que ses qualités (la fraternité générale), cette famille sétoise est représentative même si le rapport à la religion est occulté. Elle est également de son temps et moderne, aussi bien par ses bons que ses moins bons aspects (des Français "de souche" intègrent la famille, les parents sont divorcés, le père a en quelque sorte refait sa vie, chacun contribue ou cherche sa place dans la société, l'esprit d'entreprise est un moteur). Kechiche a également la capacité à tirer le meilleur de ses comédiens, ou plutôt de ses comédiennes - Habib Boufares, alias Slimane, acteur de circonstance non professionnel est aussi déprimant dans l'adversité que les réjouissances - qui nous gratifient de quelques performances mémorables (je pense évidemment à la danse du ventre endiablée de la césarisée Hafsia Herzi, mais aussi à la virulence générale de Faridah Benketache et à l'hystérie d'Alice Houri en jeune mère trompée). Le cinéaste assoit par ailleurs un contexte social et relationnel lourd par quelques scènes puissantes (Hafsia Herzi bousculant sa mère pour la convaincre d'aller à l'inauguration, Alice Houri déversant sa rage sur Slimane).

A contrario, passé le premier quart d'heure où les difficultés professionnelles du vieil anti-héros désespéré Slimane sont plantées, Kechiche nous inflige une heure durant laquelle une succession de situations aussi interminables que cinématographiquement inconcevables, ont un caractère rédhibitoire quant à la valeur globale du film. Si la scène où Slimane arrive chez sa fille Karima - laquelle se bat pour que sa fille fasse pipi sur le pot - est une introduction à l'importance des liens qui unissent certains membres de la famille, il n'était pour autant pas impératif de nous imposer des discussions superfétatoires et inintéressantes sur les couches-culottes et l'éducation personnelle des enfants. Mais cette banalité est infime en comparaison au déjeuner chez la mère autour d'un couscous où les sujets sont d'une platitude déconcertante. C'est un peu comme si les reporters de Strip-tease, l'ancienne émission culte de France 3, étaient venus poser leur caméra sur le buffet de la salle à manger pour filmer le repas de famille dominical. Vous pouvez imaginer à quel point c'est passionnant. Kechiche se simplifie ensuite la tâche par des ellipses temporelles assez balaises (la transition entre l'inactivité de Slimane et le projet d'ouverture du restaurant est éclipsée, tout comme les aléas intrinsèques à sa concrétisation) afin d'éviter que le film ne dure cinq (mortelles) heures, et met en place une forme d'intrigue inédite n'impliquant aucune conséquence vitale potentielle. Les enjeux sont donc très relatifs (Le couscous sera-t-il prêt à l'heure? Mais où est passé Karim?). Ouh la la, quel suspens! Et quand les gamins de la cité piquent la mobylette de Slimane, ce qui est fâcheux, c'en est plus drôle que navrant. Finalement, quel aurait été l'avis général sans cette conclusion motivée par la volonté de faire sensation? Sans doute pas aussi dithyrambique alors qu'un autre choix, plus conventionnel, aurait pourtant mieux convenu. Globalement poussif et rarement enthousiasmant, La graine et le mulet doit prendre place non pas au sommet de l'Olympe mais plus certainement parmi la multitude de films perfectibles et surcotés.

mardi 9 avril 2013

Belmondo le Magnifique et ses 80 bougies

La planète cinéma sait que ce 9 avril 2013 est une date toute particulière. C'est aujourd'hui et aucun autre jour possible que la planète cinéma se doit de souhaiter un joyeux anniversaire... à JEAN-PAUL BELMONDO qui fête ses 80 printemps
En cette si belle et fringante occasion, DavidéoCiné republie l'article qu'il avait consacré le 13 mai 2008 (sur http://davideo.blogs.allocine.fr) à cette icône intergénérationnelle, figure de proue d'un cinéma populaire de qualité enracinée dans l'histoire de son Art.

Cet hommage de coeur et de raison suggérait d’établir le Top 10 de vos films favoris avec Belmondo. Il est toujours possible et fortement recommandé d'étayer ce scrutin par vos votes (en commentaire).

Alors que Bébel doit prochainement réapparaître sur grand écran dans Les Bandits manchots de son acolyte historique Claude Lelouch, chantons-lui un : "Joyeux anniversèèèèère Jean-Paul, joyeux anniversèèèèèère Jean-Paul, ..."

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, je dédouble ma pensée et adresse une seconde dédicace à un jeune poto qui fête aujourd'hui ses 10 ans. Elio, excellent anniversaire mon bonhomme ! 


"Jean-Paul Belmondo, ou la genèse d'une passion"

Bébel le fou

Me vient à l’esprit que ça fait pas loin de 30 ans que m’est apparue cette ferveur pour le cinéma (putain 30 ans!!). Et je m’interroge sur l’origine de cet engouement sans modération qui, chez beaucoup, naît d’un choc cinématographique (après avoir vu Il était une fois dans l'ouest, Orange mécanique ou Taxi driver par exemple). Chez moi, c’est plutôt un large appétit à dévorer des films qui alimente ma passion depuis mon enfance. Un élément déclencheur fut toutefois au départ de tout ça. Nous approchons de la fin des années 70 et ma môman m’emmène au cinéma pour les premières fois de ma vie (merci m’man!). C’est là que les exploits d’un certain Jean-Paul Belmondo ont titilllé mon plaisir visuel de gamin. Tout y passait : cascades à outrances et sans filet, "toc-toc badaboum c’est moi", gros flingues, p’tites pépés qui tombent sous le charme façon James Bond, coups de boule disco, caleçon à cœur, etc. Le bonheur. C’était l’époque du Guignolo, L'as des as, Flic ou voyou, Le professionnel, Les morfalous et j’en passe. En ces temps révolus, Belmondo a plus de quarante piges et façonne son image de dur au grand cœur avec, cependant, une destinée parfois peu enviable de ses personnages. Il cartonne au box-office, est hyper populaire mais également souvent décrié pour le stéréotype de ses rôles. L’homme reste honnête et simple, se fait plaisir et ravit son public. "Ce mec doit sans doute être l'ancêtre des Sylvester Stallone ou Vin Diesel" pourraient avancer les non initiés.
Oh que non, il est bien plus complet que ça. Car il faut regarder dans le rétroviseur et ne pas omettre que le bonhomme a débuté une carrière - exceptionnelle - depuis la fin des années 50 et insufflé à la Nouvelle Vague son charisme et sa décontraction. Avant de sortir ses gros muscles de macho (époque Georges Lautner), Belmondo avait évolué dans tous les registres et sous la direction des plus grands réalisateurs français (Marcel Carné, Jean-Luc Godard, René Clément, François Truffaut, Claude Chabrol, Henri Verneuil, Jean-Pierre Melville, Louis Malle, Robert Enrico, Claude Sautet, Claude Lelouch, Gérard Oury, Philippe de Broca) et parfois internationaux (Vittorio de Sica, John Huston). 

Baisé par J.Seberg dans le mythique A bout de souffle 

Il a par conséquent largement œuvré à la renommée du cinéma hexagonal des années 60-70, et tourné auprès des meilleurs comédiens ; Bourvil, Jean Gabin, Lino Ventura, Alain Delon, Charles Vanel, Bernard Blier, etc., et des plus belles et grandes actrices: Jeanne Moreau, Catherine Deneuve, Sophia Loren, Claudia Cardinale, Jean Seberg, Raquel Welsh, Ursula Andress, Jacqueline Bisset, etc. Excusez du peu. Et je ne m’attarde pas sur son triomphe, plus récent celui-là, au Théâtre, ni sur son sacre du meilleur interprète aux César 1989 pour Itinéraire d'un enfant gâté. Incontestablement, il est et sera à jamais une icône de notre patrimoine culturel.

Aussi, et en attendant de revoir prochainement l’idole sur grand écran dans le film de Francis Huster, Un homme et son chien, je vous propose le Top 10 de mes films préférés avec JPB. Il est temps d’accorder enfin cet hommage avant que ce type d’éloges n’ait une connotation nécrologique chagrinante. Il faut en effet rappeler que le gaillard, 75 ans à ce jour, se remet de sérieux problèmes de santé et n’avait plus tourné depuis 2000 et l’adaptation TV de L'aîné des Ferchaux."


Les films avec Jean-Paul Belmondo
préférés de DavidéoCiné



Cent mille dollars... pour le casting du siècle

      1. Cent mille dollars au soleil
      2. Borsalino
      3. Un Singe en Hiver
      4. Le Magnifique
      5. Le Doulos
      6. A bout de souffle
      7. La Sirene du Mississippi
      8. Classe tous risques
      9. Les Tribulations d'un Chinois en Chine
      10. Le Professionnel


Les films avec Jean-Paul Belmondo
préférés des internautes

Le Magnifique, hilarante parodie des films d'agents secrets

      1. Le magnifique (72 points, 4 fois 1er)
      2. Un singe en hiver (72, 2)
      3. Borsalino (70, 2)
      4. L'homme de Rio (60, 1)
      5. Cent mille dollars au soleil (56, 1)
      6. Le professionnel (47, 1)
      7. A bout de souffle (38, 1)
      8. Le doulos (38)
      9. Pierrot le fou (37)
      10. Peur sur la ville (33)
      11. La sirène du Mississippi (30, 1)
      12. Le corps de mon ennemi (29)
      13. L'as des as (27, 1)
      14. L'aîné des Ferchaux (25, 1)
      15. Itinéraire d'un enfant gâté (22)
      16. L'héritier (20)
      17. Le casse (17)
      18. Léon Morin prêtre (17)
      19. Les mariés de l'An II (17)
      20. Une femme est une femme (15, 1)
      21. Classe tous risques (14)
      22. Stavisky (14)
      23. Cartouche (13)
      24. La scoumoune (13)
      25. Flic ou voyou (13)
      26. Les tribulations d'un Chinois en Chine (10)
      27. Week-end à Zuydcoote (10)
      28. Le cerveau (9)
      29. Un nommé La Rocca (9)
      30. 1 chance sur 2 (6)
      31. L'animal (5)
      32. Le voleur (4)
      33. Joyeuses Pâques (2)
      34. L'incorrigible (1)

16 VOTANTS PROVISOIRES

Tietie007, Fuck, Collyre, Môman, VincentLesage, Al001, Pascale, Goodfeles, Snifff, Cinéberry, Selenie, kschoice, Dorothy, Dornberger et Renaud Soyer.

LES VOTES SONT PERMANENTS

samedi 30 mars 2013

L'Odyssée de Pi

Film réalisé par Ang Lee (USA)

Piscine sur la mer : ça fait beaucoup d'eau

Interprètes :

Sortie France : 19 décembre 2012

Seul(s) (two) au MondeHistoire de Pi, le roman du Canadien Yann Martel faisait partie de ses œuvres précédées d'une réputation maudite quant à leur adaptabilité au cinéma. Des réalisateurs comme M.Night Shyamalan (Incassable), Alfonso Cuaron (Les fils de l'homme) et Jean-Pierre Jeunet (qui s'était fortement investi mais ne put le tourner pour raisons budgétaires) s'y étaient cassé les dents. Réaliser L'Odyssée de Pi semblait bien être un écueil : transposition de la spiritualité du héros, tournage de longues et nombreuses séquences sur l'eau, collaboration étroite et essentielle avec des animaux sauvages. Confié à un Monsieur comme Ang Lee, le projet pourrait réussir. L'iconoclaste et polyvalent réalisateur taïwanais (Raison et sentiments, Tigre et dragon, Hulk) en a fait un conte fabuleux.
"Piscine Molitor & Richard Parker", titre certes moins épique, aurait été tout aussi charmant pour illustrer cette extraordinaire histoire d'un jeune Indien échoué au milieu de l'océan avec pour seule compagnie un tigre. Il aurait également suggéré cette relation unique et primordiale entre l’homme et l'animal. Une relation empreinte de rivalité mais aussi de soutien prenant tout son sens dans le contexte extrême dans lequel se trouvent nos protagonistes. Les craintes, attentes ou espoirs placés par Pi en Richard (c'est le prénom du tigre, génial) pour sa (leur) survie sont bouleversants et mis à mal par l'imprévisibilité de la bête et des événements. Cette moitié du film passée à deux est ainsi très surprenante et parfaitement structurée. Magique.
Outre la beauté des plans marins (et sous-marins) comme de la parenthèse enchantée sur l'île, la réussite de ce récit, qui a justement récompensé son metteur en scène de l'Oscar hollywoodien il y a quelques semaines, réside dans son approche de la foi raisonnée de son jeune héros. Comme n’importe quel gamin, Pi s'éveille au monde, s'interroge, s'expose à certaines épreuves. Il forge sa propre spiritualité au contact de différentes croyances, différents dieux, différents points de vue, différentes expériences. Il n'est jamais question de fanatisme, et encore moins de prosélytisme, mais simplement de liberté et de droit à penser, inventer et ré-inventer. Tout cela dans une absolue limpidité. C'est superbe. Dites, c'est possible d'inscrire un film au patrimoine mondial de l'humanité ?

CLASSEMENT 2012
Au 29 mars, L'Odyssée de Pi se classe 2e sur 85 films (Tout 2012)

LIENS EXTERNES
L'Odyssée de Pi (The Life of Pi) sur Allociné - IMDB - Wikipédia

mardi 26 mars 2013

Moonrise Kingdom

Film réalisé par Wes Anderson (USA)
Le jardin de Wes Anderson : naturellement étonnant
Interprètes :

Sortie France : 16 mai 2012
Sortie Blu-Ray : 25 septembre 2012

Scout toujours. L'univers pastel de Wes Anderson, construit autour de personnages loufoques, tribulations gentillettes et pérégrinations dépaysantes est unique et reconnaissable à chaque plan et instant. Cet univers a pu faire rire (La famille Tenenbaum), sourire (La Vie aquatique) puis ennuyer (A bord du Darjeeling Limited). Pour n'avoir pas vu Rushmore, son premier long métrage, je ne pourrais avancer que ce déficit d'inspiration va crescendo avec la chronologie de ses réalisations. Cela dit, si Moonrise Kingdom revêt son traditionnel atour de pochette surprise d'où vous sortirez en vrac griefs familiaux bénins, découvertes sentimentales adorables, querelles de "gangs" superficiellement douloureuses et tribulations douces et bénignes, il ne stupéfait plus tout à fait. Le spectateur sera à peine étonné ou simplement déférent.
Charge supplémentaire un peu plus lourde à son encontre (et finalement en faveur du renouvellement du cinéaste), cette comédie - qui peut toutefois offrir un certain plaisir à contempler un Bruce Willis en petit flic démuni et quasi pacifiste (si ça c'est pas un total contre emploi) ainsi qu'un Edward Norton sapé en gastronome en culotte courte - intervient juste après la réalisation d'Anderson la plus aboutie car drôle, rafraîchissante et intelligente : Fantastic Mr. Fox (pour lâcher un p'tit "chef d'oeuvre", c'est maintenant). Bon nombre des heureuses ficelles de ce précieux joyau d'animation sont ici reprises : la fuite des protagonistes et donc la traque par leurs "prédateurs", les dialogues smarts et percutants, les plans musicaux, les cartographies plein écran. Un peu fatigué quand même le monsieur.

CLASSEMENT 2013
Au 26 mars, Moonrise Kingdom se classe 36e sur 83 films (Tout 2012)

A LIRE SUR DAVIDEOCINE
Critique : A bord du Darjeeling Limited 

LIENS EXTERNES
Moonrise Kingdom sur Allociné - IMDB - Wikipédia 

lundi 25 mars 2013

A bord du Darjeeling Limited

Schwartzmann - Brody - Wilson : les trois frères.

Akoibon. Question à dix centimes. Qui a écrit à propos de A bord du Darjeeling Limited qu’il est le "film le plus cohérent, le plus drôle, le plus chaleureux (…)" que Wes Anderson ait réalisé à ce jour. Tic tac, tic tac… réponse : mon magazine de cinéma historique (le plus lu en France) que je ne vais pas dénoncer ici (tiens, et pourquoi d’ailleurs?) mais vais devoir envisager de renier. Car cet éloge vient dans un premier temps atténuer la portée comique et pittoresque de La famille Tenenbaum (2002) - et son tableau inventif de personnages plus excentriques les uns que les autres - ainsi que l’aspect totalement loufoque et décalé du nettement moins bon La vie aquatique (2005). Secondo, mais détrompez-moi si je fais fausse route, à quel moment il fallait rire? Et quelle chaleur se dégage de ce trio de frangins que le sens de la vie et de la famille divisent infailliblement? Personnellement, j’ai patienté pendant l’heure trente du film jusqu’au moment où Wes Anderson allait enfin prendre le contre-pied que l’on était en mesure d’attendre. En vain. Le contexte (un road-movie ferroviaire) et les habitudes du réalisateur étaient pourtant favorables à une liberté d’expression et de situations burlesques : trois frères aux parcours et personnalités opposés se retrouvent dans un train indien qui doit les mener jusqu’à leur mère (trop rare Anjelica Huston) recluse sur les contreforts de l’Himalaya. Ils espèrent ainsi soigner leurs cicatrices (au sens propre comme au figuré) et ressouder des liens ébranlés que la mort du père a stigmatisés. Mais les rares scènes vraiment cocasses sont vite avortées par le ton et l’état mélancoliques, voire dépressifs, des protagonistes. Ceci n’altère en revanche pas la qualité de jeu du trio Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman.
Je ne retiendrai, et c’est bien peu, que le délice visuel des scènes au ralenti où Adrien Brody, devançant l’éphémère Bill Murray, puis plus tard avec les autres, court derrière le train. Ça ressemble à un héron qui s’exercerait au patinage artistique. Majestueux. Pour le reste, le désert…

Article publié le 30/03/2008 sur davideo.blogs.allocine.fr

NDLA : le magazine cinéma en question était l'insipide et obsolète PREMIÈRE