mercredi 8 septembre 2010

Green Zone



Dévastée au plus profond de sa conviction d’invulnérabilité par les événements du 11 septembre, l’Amérique du cinéma n’en a pas terminé avec sa chasse aux fantômes pour retrouver honneur en la bannière étoilée. Et c’est bien dommage, car quand l’essentiel a été dit ou démontré d’un sujet, il faut dépasser ses propres obsessions pour se renouveler, ce qui n’est malheureusement pas le cas de Paul Greengrass. Avec Green Zone, le réalisateur de Vol 93 (qui relatait la révolte des passagers de l’avion détourné par des terroristes pour le crasher sur la Maison Blanche) se met hors jeu. Resté bloqué sur l’extraordinaire mensonge du sournois George W. Bush qui avait justifié l’invasion de l’Irak par la présence d’armes de destruction massive, Greengrass situe son intrigue à Bagdad, en 2003, où les conflits d’intérêt affaiblissent la nation irakienne tout en commençant à discréditer l’occupant américain. Il instrumentalise Matt Damon, valeureux sous-officier habité d’un sens subversif intéressant ne lâchant jamais sa mitraillette, pour déjouer l’infâme complot.
Manque de bol, la supercherie s’étant étalée à la face du monde il y a belle lurette et l’intrigue manquant d’épaisseur - mais pas de lourdeurs -, l’effet de révélation est obsolète, presque anachronique. A la peine sur le fond donc (comme souvent dès qu’il est question d’enjeux politiques, le propos est nébuleux mais Syriana avait prouvé que la réussite est accessible), Paul Greengrass, emporté par son habitude à prendre Matt Damon pour une cible humaine (ils ont en commun les deux derniers épisodes de la trilogie Jason Bourne), s’attarde longuement sur des scènes de poursuites et de fusillades tortueuses (mais moins réussies que dans Le Royaume par exemple) qui finiront de décourager les éventuels résistants à l’indifférence. Dire que j’avais failli voir ce film en salles. Boulette avortée. Schön !


- Stonimètre : 2/6
- Sortie cinéma le 14 avril 2010 - DVD le 31 août 2010

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

JE PENSE DONC J’ÉCRIS :