lundi 13 septembre 2010

L'Elite de Brooklyn


Révélé grâce au musclé Training day qui offrit à Denzel Washington l’Oscar du meilleur acteur en 2002, le réalisateur (afro-)américain Antoine Fuqua s’était depuis égaré dans des productions aléatoires (Les larmes du soleil avec l’impensable duo Bruce Willis - Monica Bellucci) ou médiocres (Shooter - Tireur d’élite avec Mark Wahlberg).
Avec L’élite de Brooklyn, il retrouve la crédibilité grâce au (seul) genre qu’il maîtrise : le policier pur et dur. Le risque de se planter à nouveau était toutefois réel, car il s’agit ici d’un film choral, dont il n’est jamais aisé de maintenir densité et équilibre entre les personnages (d’autant que le film dure plus de deux heures). Mais Antoine Fuqua fait le quasi sans fautes en immergeant avec conviction sa caméra dans un poste de police et les inquiétantes rues de Brooklyn. Celle-ci va suivre les trajectoires périlleuses de trois flics en perte de contrôle : l’un est en train de basculer de l’autre côté de miroir pour subvenir aux besoins financiers de son foyer, le second est totalement désabusé après une longue et merdique carrière, tandis que le dernier sent qu’il ne peut plus gérer sa position d’infiltré. La pression et la réalité du terrain sont parfaitement suggérées, si bien que suspens et attrait restent constants de bout en bout. Par moments, on se croirait presque chez Scorsese, c’est dire.  
L’élite de Brooklyn a par ailleurs le mérite d’offrir à Richard Gere un personnage de loser brisé, loin de se son image de séducteur malicieux et grisonnant dont il ne s’est que trop rarement écarté. Ethan Hawke, vu récemment dans Daybreakers, confirme qu’il n’est jamais aussi à l’aise et intéressant que dans la peau du galérien autodestructeur (7h58 ce samedi-là, Little New York). On saura également apprécier la prudence révoltée de Don Cheadle ainsi que la sobriété rare de Wesley Snipes.

Première publication de cet article le 03/08/2010 à l'URL http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-277545-lelite_de_brooklyn__brooklyns_finest.htm

4 commentaires:

  1. J'avais aimé ce film, bien qu'il soit bien sombre. Grande fan d'Ethan Hawke, il est meilleur de film en film (et s'éloigne bien de son rôle du cercle des poètes disparus), j'ai toujours pas vu Daybreakers dans le genre par contre.
    Quant à Gere, il m'a surprise.

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  2. C'est sympa et bien maitrisé mais n'apporte rien de bien nouveau sous le soleil, qui à l'heure ou je poste se couche... :-)

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  3. Oui enfin ce genre de film bien sombre se font de plus en plus rares je trouve.

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  4. C'est justement parce qu'il est sombre que ce polar est surprenant et donc (très) bon. Avec un Richard Gere hors tradition c'est une belle surprise de plus.
    Après le récit choral, c'est pas nouveau c'est sûr, mais c'est risqué, et Fuqua qui n'est pas un orfèvre, a bien géré le truc.
    Quant à Daybreakers, j'en ai fait un papier dernièrement que je republierai ici. Idée juteuse mais scénar' raté.

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