lundi 20 septembre 2010

Piranha


Crédit photo : Wild Bunch Distribution


Ça pourrait paraître normal ou évident mais c’est dissociable : certains metteurs en scène sont des cinéphiles avant d’être des cinéastes (car faire des films est une chose et aimer le cinéma en est une autre). On le savait déjà depuis La colline à des yeux, mais ça devient aujourd’hui éclatant : Alexandre Aja fait éminemment partie de cette catégorie restreinte.
Avec Piranha 3D, un nouveau remake, le troisième consécutif en cinq longs-métrages, le fils d’Alexandre Arcady démontre que l’on peut être brocanteur – en s’inspirant du bon vieux cinéma d’horreur des années 1970 dont Joe Dante le réalisateur de Piranhas en 1978 était un des dépositaires – pour se montrer innovant et proposer quelque chose de nouveau, de frais, de pas mal cocaïné aussi, bref, de légitime face à son époque. Fan et metteur en scène de films d’horreur, Aja est en quelque sorte au cinéma de séries B ce que Quentin Tarantino est au cinéma tout court : un révolutionnaire puriste. Son casting et sa mise en scène vont en ce sens.

On a d’abord plaisir à découvrir un Jerry O’Connell en véritable comédien déjanté et performant, et non plus en gamin de Stand by me ou en instrument des comédies romantiques américaines sans relief. Aja, tout sauf amnésique, balance quelques clins d’œil en ressortant du placard de vieilles gloires tels que Christopher Lloyd (le Doc de Retour vers le futur) ou Richard Dreyfuss (en cobaye pour la scène d’ouverture et qui fait écho à son rôle dans Les dents de la mer).
Comme tout film d’horreur potache qui se respecte, le gore est de rigueur, et là, y’a pas d’économies sur l’hémoglobine. La longue séquence de "festin" dans le port a nécessité environ 300.000 litres de sang, et regorge de situations aussi cocasses (le coup du scalp, la fille coupée en deux) que savamment référencées (explicitement à Braindead de Peter Jackson pour l’extermination à l’hélice de moteur en lieu et place de la tondeuse à gazon).
Sans se prendre la tête et sans transcender le genre non plus (cette histoire est bien gentille comme on dit), Piranha 3D répondra largement aux attentes d’un public quelque peu sevré ces derniers temps.

2 commentaires:

  1. Avis très juste. Comme tu le dis Aja ne se prend pas la tête, il ne "pète pas plus haut que son cul" si je peux me permettre l'expression, en résulte un délire grand-guignolesque du gore vraiment jouissif. La scène du massacre de Palm Beach de 20mn est absolument grandiose. Après ça n'empêche pas au scénario d'avoir des failles aussi grandes que celle qui a libéré les piranhas. Et tout à fait d'accord avec toi concernant Jerry O'Connell, vraiment déjanté.

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  2. Permets-toi mon cher Max, permets-toi. Tant que tu n'écris pas des insanités comme "flûte" ou "nom d'une pipe" tout ira bien. :-)

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