samedi 25 septembre 2010

Repo Men


Sorti en salles en juillet, Repo men est pourtant resté quasiment invisible en salles car largement sous-exploité. Et c’est bien dommage, car ce thriller de science-fiction saignant méritait mieux. Réalisé par un novice, Miguel Sapochnik (qui a vaguement travaillé sur les premiers films de Danny Boyle), ce film au titre énigmatique (Repo pour repossession (en vo), soit "récupérateurs") nous plonge dans un univers futuriste particulièrement obscur.
L’Union est une multinationale qui commercialise des organes artificiels à prix fort et à crédit. D’intérêt sanitaire et publique penserait-on. Il n’en est rien, bien-sûr, car la toute-puissante Union pourra récupérer en toute légalité son produit dès lors que le client ne peut plus acquitter ses créances ; ce qui arrive souvent. D’où les récupérateurs du titre, dont le profil s’apparente plus à celui d’un boucher que d’un chirurgien. Globalement réaliste sur les convictions malveillantes, cupides et misanthropes d’une humanité autodestructrice, Repo men suggère l’univers moderne (cuir et métal) et glauque de Minority report (la maestria de la mise en scène en moins). D’ailleurs, le personnage central incarné par Jude Law subit des déboires fort similaires à ceux rencontrés par Tom Cruise dans l’œuvre référence de Steven Spielberg. La course-poursuite engagée (n’omettons pas la présence de l’affûté Forest Whitaker) fera également écho au modèle Blade runner (avec rôles inversés), tandis que l’un des grands moments d’action du film est un clin d’œil direct et bien mené à Old boy.
En cet été qui fut omni-Inception et lassant, Repo men offre une alternative plus discrète, au moins aussi efficace voire surprenante, et bien plus grand public. Y’a plus qu’à.

Première publication de cet article le 31/07/2010 à l'URL http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-277145-repo_men.htm

2 commentaires:

  1. J'aurai plus dit Anticipation en lieu et place d'une SF qui fleure bon le P.K.Dick...mais une fois de plus ton avis est d'une justesse significative. Je tarde un peu à me manifester sur ton article, mais je ne l'ai vu que très récemment durant mon escapade cambodgienne où les dvd sont copiés et revendus à des prix défiants toute concurrence (1,5 $...mais chut...faut pas le dire :-)
    Aussi, je te rejoins sur cet avis, notemment la baston sanglante du couloir...sans oublier un twist ending qui retourne la tête.
    J'avais lu ton article et j'avais gardé ce titre en tête, je peux donc dire que c'est largement grâce à toi que j'ai eu l'envie d'approndir la question ;-)
    Pourquoi les films qui valent le détour sont injustement boudés par la presse qui n'en fait pas assez écho, et par un public adepte des grosses productions insipides et sans âme (enfin, la plupart du temps) ?

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  2. Si on peut rendre service... :-).

    Et oui, en effet, l'omerta imposé sur Repo Men est inexplicable, même encore après sa sortie DVD puisque le buzz n'a jamais pris. Pourtant y'a tout de même JUDE, le chouchou de ses dames et des gazettes.

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