mardi 5 octobre 2010

Inception


Ambition et prétention sont définitivement les caractéristiques génétiques du cinéma du British Christopher Nolan. Sa filmographie, débutée avec Following, film NB économe de 1998, jusqu’à cet universel Inception, est une preuve exponentielle de cette obsession du "inventer plus pour impressionner plus".
Nolan est ambitieux - et il est primordial de l'être -, sa mise en scène en étant la parfaite vitrine. Avec Memento, sorti en 2000, il déstructurait totalement son récit pour mieux manipuler ses personnages et le spectateur, et offrait une expérience rare est persistante. Après avoir épuré à deux reprises la franchise Batman, il franchit aujourd’hui un nouveau cap artistique après avoir peaufiné son Inception pendant une décennie.

En partant du concept de s'ingérer dans les rêves d’autrui pour mieux les triturer, il pouvait laisser libre cours à son imaginaire et ses idées (les différents étages du rêve, leurs dédales et environnement) et y insuffler une cadence et une action infernales. Le mec maîtrise à mort le sujet. Mais, comme annoncé plus haut, Nolan est également prétentieux et peut-être même un tantinet condescendant. The dark knight avait décelé cette facette, Inception l’entérine. L’intrigue, paraissant complexe au départ, est rapidement explicitée (c'est quand même sympa) alors que les enjeux, même s'ils nous sont suggérés comme étant multiples, sont "en réalité" dérisoires. La faute au fondement même des risques encourus : ils sont virtuels. Le scénario est donc habilement maquillé mais négligé au profit d’un long feu d’artifice clinquant et pétaradant de toutes parts. Ce dernier, tiré à blanc, laisse le regrettable sentiment de s’être fait enrhumer alors qu’il y a plus de dix ans Matrix réussissait bien plus catégoriquement un pari au profil similaire. En thriller super-lourd, Shutter Island, sorti en début d’année, écrase nettement ce gros concurrent. D’ailleurs, ce n’est peut-être pas un hasard si Leonardo DiCaprio y est plus impressionnant. Reste qu’Inception  détient quantité de talents invisibles dans une majorité d’autres films (et bon nombre de réalisateurs pourraient s’inspirer de l’état d’esprit de son auteur), mais son évidente personnalité tape-à-l’œil ne justifie pas de l’élever au rang de chef d’œuvre. Éventuellement en film culte pour une certaine geek generation.

Première publication de cet article le 27/07/2010 à l'URL http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-276763-inception.htm

4 commentaires:

  1. C'EST UN PEU LA PREUVE QUE ROCK 'N ROLL IS DEAD !

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  2. BAH C'EST QUAND MEME UN FILM QUI MANQUE SINGULIEREMENT DE FUN, NON ?

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  3. Et ça se prend très au sérieux - alors que c'est somme toute artificiel - à l'image du melon que porte son réal' qui avec ses deux derniers blockbusters a conquis la planète entière en même temps qu'il me laissait, pantois, sur le bord de la route du plaisir.

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