mercredi 6 octobre 2010

The Town



Longtemps raillé pour ses interprétations oscillant entre le peu crédible et le risible (plutôt à juste titre d’ailleurs), Ben Affleck n’avait trouvé la reconnaissance qu’en passant derrière la caméra. S’il avait déjà co-écrit Will Hunting il y a une douzaine d’années avec son compère Matt Damon, c’est bien en 2007, qu’il tournait son premier film, Gone Baby gone. Ce thriller sombre et fascinant, bien que desservi par une conclusion proche du grotesque, emmené par son jeune frère Casey Affleck, avait révélé avec surprise un tempérament de metteur en scène ambitieux et talentueux. Si bien que son second long était attendu avec une vraie impatience. De celles qui fleurent bon la confirmation. D’autant que son projet est une nouvelle adaptation d’un roman noir (ici Le prince des braqueurs de Chuck Hogan).
On peut le dire d’emblée : malgré un accueil largement favorable, The Town nous laisse avec un constat mitigé. Il est vrai que sur le papier, The Town n’avait qu’un profil commun de films de braqueurs de banques au leadership bicéphale et manichéen. Mais l’idée de départ consistant dans la rencontre préméditée et la relation entre l’un des truands (le gentil) et une femme victime de leurs méfaits et encore terrorisée (elle ne sait rien de l’identité de cet homme), était plutôt bienvenue. Elle agrémentait d’une touche sentimentale un polar jusque là sans conciliation pour mieux le densifier. La présence menaçante du deuxième larron conférant une tension positive. Les performances conjointes de Ben Affleck lui-même - que l’on n’avait jamais vu aussi à l’aise que chez Kevin Smith - et son dangereux partenaire Jeremy Renner - déjà plus qu’impressionnant en démineur fou dans… Démineurs -, face à la douce et brune Rebecca Hall (Vicky Cristina Barcelona) et au vieillissant et toujours parfait Pete Postlewhaite, renforçaient la crédibilité de cette tragédie à la mise en scène solide (les scènes d’action sont hyper réussies).
Ce jusqu’à ce qu’Affleck se mette à dupliquer certains faits, séquences ou comportements déjà vus dans Heat, le magistral polar de Michael Mann (les choix du personnage incarné par Ben Affleck, la fusillade finale, etc.), auquel The Town ne peut que trop être comparé. La tournure des événements est alors prévisible, parfois même téléphonée, sans que l’intensité ne retombe toutefois.
Alors, l’ami Ben aurait-il du mal à conclure ses films avec la même maîtrise inspirée qu’il ne les entame ? Il faudra attendre The blade itself, son troisième film, en production, pour se faire une idée plus précise.

- Stonimètre : 4/6
- Sortie cinéma le 15 septembre 2010

2 commentaires:

  1. Salut
    j'ai à peu près le même avis, un thriller assez classique mais maîtrisé où l'action pimente judicieusement le récit. Et je suis d'accord pour la fin, c'est bien mou et ça plombe légèrement l'ensemble, un peu comme pour Gone baby Gone. Jérémy Renner au top

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  2. Et il ne gagne pas à être revu (trop vite) car la 2e séance d'hier soir m'a bien gavée.

    Merci aussi pour ton passage Cyril.

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