jeudi 11 novembre 2010

Control

En quelques années, le biopic - genre qui tire le portrait de célébrités le plus souvent issues du showbiz' ou de la politique - est devenu prépondérant dans l’industrie cinématographique. Dans cette caste, Control relate la courte vie de Ian Curtis, leader éphémère et suicidé (à 23 ans) du groupe anglais Joy Division qui tenta, à la fin des années 70, de marcher sur les plates-bandes de locomotives du mouvement punk tels que The Clash ou les Sex Pistols. Le réalisateur hollandais Anton Corbijn, photographe de métier, connaît bien son sujet puisqu’il a côtoyé le groupe et réalisé différents reportages photos et clips pour d’autres artistes.
Il filme en noir et blanc et offre une mise en scène épurée sans strass ni drogues ni groupies délurées ; bien loin de superproductions comme Ray, Dreamgirls et La Môme. Choix vital pour une mise en concordance avec un personnage qui n’aura jamais connu les affres ni l’euphorie du culte de la personnalité. La faute à un mal de vivre profond et indicible qui le ronge à petit feu. Il subit bien involontairement sa propre mise en abîme que ni la présence (prématurée) d’un enfant ni l’amour porté par femme et maîtresse ne pourront empêcher. Ce tiraillement amoureux accentuera bien au contraire ses doutes, sa fragilité et sa chute. La description des effets du mal-être maîtrisée, ne restait qu’à étoffer le sujet. Problème.
A être trop économe, Corbijn - plus habitué à l’image qu’à l’écriture (le scénario est adapté de l’œuvre de la femme de Curtis) - occulte cet ingrédient obligatoire, surtout dans un portrait, qu’est l’explication. Nous étions en effet en droit d’en apprendre davantage sur l’origine du désarroi de ce chanteur malheureux (famille, environnement social) et son approche de la musique (il écoute des disques de David Bowie et Iggy Pop comme n’importe quel fan mais le déclic vers le passage à la scène n’est pas abordé).
Souvenez-vous par ailleurs de ce nom : Sam Riley, acteur anglais de 28 ans, tellement criant de vérité qu’il a réellement dû s’appeler Ian Curtis dans une vie antérieure. En femme trompée indulgente, Samantha Morton (Accords et désaccords, Minority report, In America) est comme toujours impeccable et délicieuse. Pour les amateurs de musique rock, ce film est l’occasion de (re)découvrir et écouter en boucle She’s lost control, un pur morceau bien d'époque à écouter en boucle.

Article publié le 1er juin 2008 à l'url http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-171328-control.

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