samedi 15 janvier 2011

2010 : Le cercle des cinéastes disparus

Vous seriez en droit de penser que ce papier revête sa longue robe noire de deuil afin d’évoquer les cinéastes décédés en 2010. Il n’en sera rien. Textuellement, j’entends.
Les oeuvres de Claude Chabrol et Alain Corneau - deux grands réalisateurs français et pères respectifs de Le beau Serge et Le boucher pour le premier, Police Python 357 et Série noire pour le second – resteront bien entendu gravées dans nos mémoires ; presque autant que celles du grand Arthur Penn dont les drames (Miracle en Alabama, La poursuite impitoyable, Bonnie and Clyde) et les westerns (Little Big Man, Misssouri breaks) retentissent comme des chefs d’œuvre éternels.
L’objet de ce billet est bien plus virulent, accablant aussi. Car il est question de passer au pilori quelques autres grands noms qui, sous prétexte d’un passé ou une actualité prestigieuse, voire d’un soutien financier et médiatique tyrannique, osent encore arroser le paysage cinématographique de leurs choses infâmes. Aux yeux du cinéma, ces metteurs en scène sont morts, définitivement. Qu’ils en tiennent compte à l'avenir. A moins qu’une âme vainement charitable veuille s’en faire l’avocat (des diables)…

Absous de tout temps en raison de succès populaires et techniques légitimes, puis conforté d’une très politique distinction de Meilleur réalisateur des César 1998, Luc Besson est un nabab. Un nabab qui se goinfre, qui croque. C’est humain !? Acceptons-le. Quand il nous chie dessus, là, ça ne va plus. Depuis cinq années - sans compter les cinq de vide précédentes -, le salopard saccage nos écrans. D’un somnifère avec Jamel Debbouze vite dissipé tout d’abord, avant une trilogie illustrée et animée pour enfants que l’on aurait préféré ne pas être obligé de voir et encore moins d’aimer. Dernier flagrant délit de moquerie, l’an passé donc: Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, une adaptation de la BD, infantile et exaspérante d’anachronismes télécommandés qui n’est digne que des plus mauvais JP Jeunet. Producteur également la même année de L’immortel et From Paris with love, Lucho décroche sans rival possible la timbale du gros teubé du 7e Art. C’est triste.

Il y a dix ans, chacun se complaisait à rapprocher (pour ne pas dire à hisser) le cinéma de M. Night Shyamalan à celui, fin, pointu et expert d’Alfred Hitchcock. Il est vrai qu’après Sixième sens et Incassable, puis avec Le village, le public avait pressenti une once de renouveau génial du suspense chez ce p’tit gars-là. Sauf que Sir Alfred a enchaîné ses chefs d’œuvre à travers le XXe siècle tandis que le Shyamalan est devenu shamallow, ne cessant plus de sombrer dans les abymes du néant. La jeune fille de l’eau, Phénomènes et maintenant l'accablant Le dernier maître de l’air qui n'a même pas la faculté de séduire les jeunes garçons très bons publics, c'est grave, très grave.

Avant de conclure mon accusation, j'épargnerais le brave Sylvester Stallone, duquel nous n'avions rien à attendre de bon, et qui, avec Expendables - Unité spéciale a simplement démontré que le cinéma était à la portée du premier débile venu. Je ne m'acharnerai pas non plus outre mesure sur la bévue de Guillaume Canet puisque ça a déjà été fait.
Au risque plus exposé mais largement assumé d'être moins consensuel, je préfère asséner mon courroux à l'encontre du sieur Gaspar Noé. Une nouvelle fois, le réalisateur d'Irréversible nous concocte un cinéma dégueulasse et affreusement racoleur. Enter the Void est bien ce que l'on peut aujourd'hui imaginer de plus gratuit et primaire en terme d'idées et images choquantes. Noé, qui n'a rien d'un élu, excelle dans cette surenchère ridicule et honteuse. Parallèlement, sa caméra est faussement habile et ses images psychédéliques ne font que rendre interminable (2h30) un film qui ne possède en matière tout au mieux que sa moitié. Heureusement, il ne tourne qu'une fois par lustre. Du répit, merci.


Sinon, j'aimerais bien un peu écrire des choses gentilles moi. Le plus dur reste bien à venir...

5 commentaires:

  1. T'as mal digéré tes sushis ?

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  2. Vrai concernant Luc Besson, dommage que le mec qui a quand même livré des petits bijoux comme Leon, Nikita et Jeanne d'Arc sombre dans le côté obscure avec des bouzasses comme Arthur ou Adèle Blanc-Sec. En espérant qu'il se rattrape avec son prochain projet S-F, "cinq fois plus gros que Le 5e Element" comme il dit... Après je fais parti des ardents défenseurs de Shyamalan (et oui, j'ai même bien aimé The Happening), mais faut avouer qu'il n'a pas fais attention à la marche avec The Last Airbender - j'ai pas réussi à tenir jusqu'au bout, faut le faire pour ma part.

    Sinon un peu de pub : gros quizz sur mon blog, Stoni, si tu veux gratter des points ;)

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  3. super papier... sinon comme Max je continue de soutenir à fond Shyamalan... passons sur ce Airbender et attendons la suite

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  4. Arrête Columboy, m'encourage pas à écrire des saloperies ;-)
    Et sinon ce serait quoi les supers projets en cours des 2 losers Besson-Shyamalan?

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  5. Je crois que Besson travaille sur une adaptation des Misérables avec Jean Reno en Jean Valjean et Carla Bruni en Cosette. Quant à Shyamalan, il prépare un film minimaliste "à la Dardenne" sur la créature de Roswell. Ça peut être intéressant, non ?

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JE PENSE DONC J’ÉCRIS :