samedi 26 février 2011

César 2011 : Polanski et des Dieux

Les lecteurs de DavidéoCiné sont versatiles et conventionnels. Si, c'est vrai! Versatiles d'abord, car à l'occasion du sondage "Quel est votre (film) favori pour les César?", la moitié d'entre vous a avoué n'en avoir rien à carrer. Bel exemple pour les générations futures, je vous l'dis! Les autres, plus impliqués dans leur mission électorale, se sont majoritairement montré... conventionnels en désignant Des hommes et des dieux comme leur chouchou des César 2011; lesquels ont entériné la tendance hier soir lors de leur 36e cérémonie. Que d'honneur pour un film froid et terne comme les pierres ancestrales de l'intérieur d'un monastère.



De mon côté, le flair infaillible du St-Bernard inscrit dans mes gênes m'avait permis de prédire il y a quelques semaines l'unité inébranlable du beau monde du Showbiz autour de Roman Polanski qui, grâce à The Ghost writer, triple son César du Meilleur réalisateur après Tess (1980) et Le pianiste (2003). Waouuh, quel impressionnant CV.
Ne m'en déplaise, j'avais aussi docilement confirmé le sacre(ment) prévu, programmé, prié peut-être, de l'étonnnement populaire Des hommes et des dieux au titre de Meilleur film de l'année. Une réalité qui conforte l'actuelle lassante ferveur très académique à récompenser la sobriété absolue (ça doit être ça la clé du si prisé et précieux cinéma d'auteur): souvenons-nous de Séraphine, Lady Chatterley ou La graine et le mulet.

Le St-Bernard doit cependant avoir ses limites et se rapprocher parfois de la grosse buse. En effet, bloqué trente ans en arrière à l'époque du plébiscite du Dernier métro de François Truffaut, j'avais pensé que les mammouths que sont toujours aujourd'hui Gérard Depardieu et Catherine Deneuve pourraient encore devancer la jeunesse désinvolte des Eric Elmosnino (Meilleur acteur pour Gainsbourg (Vie héroïque)) et Sara Forestier (Meilleure actrice pour Le nom des gens). Quel naïf obsolète je fais.

Pour mémoire, voici les récompenses majeures d'une soirée marquée par la présidence toujours grande classe de la francophile Jodie Foster et l'apparition extra-terrestre du "fucking phoque" offert à Quentin Tarantino par Antoine de Caunes. Vous saviez, vous, que ça avait des cheveux un phoque?

  • Meilleur film : Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois
  • Meilleur réalisateur : Roman Polanski, The ghost-writer
  • Meilleure actrice : Sara Forestier
  • Meilleur acteur : Eric Elmosnino
  • Meilleure actrice dans un second rôle: Anne Alvaro, Le bruit des glaçons (n'importe quoi)
  • Meilleur acteur dans un second rôle: Michael Lonsdale, Des hommes et des dieux (amplement mérité)
  • Meilleur film étranger : The social network de David Fincher (quelle arrogance)
  • Meilleur espoir féminin: Leïla Bekhti, Tout ce qui brille
  • Meilleur espoir masculin: Edgar Ramirez, Carlos
  • ... tout le palmarès, sur Wiki.
Place désormais aux Oscar dont la grand messe aura lieu demain soir à Hollywood. Vous votez également sur ce sujet ci-contre à droite.

2 commentaires:

  1. Très déçu, personellement. Pourtant je me faisais une joie en voyant tout d'abord le film sur Gainsbourg de Sfar se faire primer (film très original et très couillu comme biopic à mes yeux, bien qu'imparfait et parfois maladroit) et aussi la salve de prix remis à Polanski et son Ghost Writer... et là boum César du meilleur film pour Des Hommes et des Dieux. Sinon cérémonie ratée, humour à deux balles (le coup du phoque était le pompon, pauv' Tarantino...) et ambiance des plus froides.

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  2. ma grosse déception pour le meilleur film étranger dont je tairais le nom, tellement.... le jury a voté par le biais de facebook c'était ça le deal....?

    au détriment du superbe "Dans ses yeux" ; même quand l'espoir est naïf, l'espoir reste dans certaines circonstances légitime.

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JE PENSE DONC J’ÉCRIS :