samedi 5 mars 2011

District 9

Prolongement du court métrage Alive in Joburg du même Neill Blomkamp, jeune cinéaste débusqué par le visionnaire Peter Jackson, District 9 est un film de science-fiction très moderne alliant avec habileté humour et action dans un contexte délicat de cohabitation humains/extra-terrestres - qui n’est pas sans rappeler Men in Black -, mais aussi noirs/blancs ; l’action se déroule en Afrique du Sud en plein Apartheid dans les années 1980. En ces temps actuels où les repères s’effacent devant la surenchère de budgets alloués au tournage de certains films et où les gouvernements (le nôtre en premier lieu) sont entrés dans une guerre sans merci et hypocrite contre les créations parallèles, District 9 est une preuve magnifique que le peu de moyens (30 millions de dollars de budget aujourd’hui c’est dérisoire pour une production en partie US) n’est en rien une entrave à la création. Et que la matière première doit être grise et non dorée.

Reprenant le concept en vogue du film reportage filmé caméra au poing (style [Rec] ou Cloverfield), Neill Blomkamp, issu des clips musicaux et de la pub, insuffle, au-delà du rythme permanent, une personnalité propre et recevable à ses aliens (adorables crevettes géantes, surtout le minot). Leur entrée dans des conflits d’intérêt avec les humains s'en avèrera d'autant plus sulfureuse. Mais la plus grande malice du cinéaste est surtout de s’être attaché à décrire les tourments et avatars de son héros malheureux en la personne d’un agent administratif chargé des relations avec les aliens, lequel est interprété par le bluffant acteur sud-africain Sharlto Copley. Le pauvre, touché par ce qu’on pourrait nommer le syndrôme La mouche sera prêt à tout les efforts et sacrifices pour retrouver son honneur, sa femme… et son apparence. Très divertissant, haletant presque, District 9 est une évidente réussite, inattendue, résultant du bon œil d’un Peter Jackson (ici producteur) qui y retrouve l’atmosphère de ses premiers coups d’éclat. C’était les débuts de la WingNut Films et sa fabuleuse époque néo-zélandaise des Bad taste et Brain dead. Que du bonheur.

article publié le 21/09/2009 à l'url http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-241715-district_9.htm

2 commentaires:

  1. Je confirme...que du bonheur quand l'imagination et le système D règnent en maîtres.
    Tu as cité MIB, pour ma part, j'aurai plus comparé le film à un mix de Futur immédiat Los Angeles 1991 et La mouche, que tu as très justement cité également.
    En grand fan de SF que je suis, j'ai été subjugué par ce cocktail corosif avec, en blu-ray, une putain d'image et de son.

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  2. C'est clair, j'attends aussi un bel exemplaire B-Ray pour me refaire cette petite perlouze sudaf qui fait trop du bien et dépoussière le paysage ciné actuel.

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