samedi 19 mars 2011

Fighter

Des films sur la boxe, on en a bouffé presque autant que le boxeur de base prend de coups sur un ring. Et on a pu en esquiver aussi heureusement. De Marqué par la haine à Million dollar baby, en passant par Raging Bull et Ali notamment, le noble Art a nourri quelques très grands moments de cinéma comme aucun autre sport.



Sans être tout à fait excitante, l'idée d'une nouvelle épopée d'un combattant du ring ne laissait donc pas indifférent. Le choix de David O. Russell de relater un pan de la carrière de Micky Ward, boxeur simplement connu des spécialistes et qui fut tout de même champion du monde il y a une dizaine d'années, n'était guère plus sensationnelle. Avec son casting de prestige et son bouche-à-oreille avantageux, Fighter restait susceptible de sentir la bonne affaire.

Le réalisateur des Rois du désert s'est inspiré avec justesse et pertinence de l'histoire de Micky Ward - boxeur à la personnalité réservée et loyale ayant grandi dans un milieu social modeste et un cocon familial complexe à l'influence discutable (il a cinq soeurs et un (demi-)frère aîné lui-même ex-gloire du ring déchue) -, pour accoucher de son meilleur film (il n'en a tourné que quatre auparavant). Russell met en exergue la complicité à la fois forte et fragile de ces deux frangins très différents (le cadet timide et en devenir dépareille à côté d'un modèle exubérant, camé et instable qu'il n'a pas forcément l'intention de copier) pour apporter une touche très universelle à des types médiatisés. Alors qu'il se retrouve à un tournant dans sa carrière sportive, il est difficile voire impossible pour Micky d'introduire sa copine dans son clan de "gonzesses" comme de faire comprendre à une mère qu'il aime (et qui l'aime) qu'elle est cependant trop embarrassante. Tout un tas de telles situations, sociologiquement banales et conflictuelles, donne de plus en plus de poids à un portrait dont l'intérêt va toujours crescendo.
Pour rendre Fighter encore plus punchy, il fallait des comédiens en forme. Ils le sont tous. S'il n'a jamais et ne sera jamais un (très) grand acteur, Mark Wahlberg trouve la mesure d'un rôle pour lequel il s'était rigoureusement et de longue date préparé. Quant à l'extra-terrestre Christian Bale, il refait le coup de The machinist en perdant plus de vingt kilos pour s'en aller décrocher une statuette secondaire par ko à la concurrence. Idem pour Melissa Leo, dans la peau de leur mère.
Avec sa quantité d'ingrédients véridiques, Fighter fait office de nouvelle et belle référence du genre.

Sortie France le 9 mars 2011

3 commentaires:

  1. Bien okay avec toi, Fighter c'est LA nouvelle référence du genre, bien loin devant Rocky et consorts. Chez ASBAF, on l'a aimé à l'unanimité, c'est dire.

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  2. Le film coup de poing à n'en pas douter, Russell a placé la barre très haut là avec un Ch. Bale époustouflant.

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  3. C'est cool buddies, je vois qu'on est sur la même longueur d'ondes. Vous assurez.

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