dimanche 13 mars 2011

The Green Hornet

Lestée sans ménagement de franchises de super-héros venues la ranimer de ses angoisses post-911, la grande et fragile Amérique semble depuis peu s'en remettre à des héros plus ordinaires. Plus médiocres même ou simplement mortels et sans pouvoir particulier, ces vengeurs souvent masqués sont des Américains plus ou moins moyens. Le juvénile et sans éclat Scott Pilgrim oublié, un Kick-Ass avait laissait entrevoir le meilleur dans cette voie nouvelle.
Avec l'inventif Michel Gondry et ses univers imaginaires reconnus (Human nature, La science des rêves), dépêché pour reprendre ce flambeau et réaliser The Green Hornet, nous étions en mesure d'escompter toujours plus de variété et de nouveautés. Mais il n'en sera rien. Loin s'en faut d'ailleurs puisque tous les ingrédients sont pompés parmi de nombreuses références. Le journaliste chez Superman, la super bagnole chez James Bond et Batman, l'assistante sexy (Cameron Diaz), le super méchant (c'est de bon de revoir Christoph Waltz après Inglourious basterds) et les gags en tout genre chez... partout.
Habitué des bonnes (grasses) comédies ricaines (Supergrave, Zack et Miri font un porno, Funny people), Seth Rogen s'en sort par des répliques tantôt teintées de naïveté tantôt dignes des plus grands justiciers, ce qui entérine habilement la quête d'équilibre de son personnage.
Mais au final, The Green Hornet est une énième démonstration qu'un film de commande hollywoodien (ici les studios Sony Pictures) est une boîte de Pandore dans laquelle se perd toute la personnalité de son réalisateur. Loin derrière Eternal sunshine of the spotless mind et aussi de Soyez sympas, rembobinez, cette version du frelon vert est bel et bien le moins bon film du réalisateur français.

Sortie cinéma: 12 janvier 2011

1 commentaire:

  1. Tout à fait d'accord avec ton opinion, Stoni. Un film de super-héros qui, malgré sa tendance à prendre à contre-courant le mythe de la figure héroïque, se trouve être terriblement fade. Les personnages manquent cruellement de charisme et, comme tu le précises, difficile d'y voir le réel travail innovant et recherché de Gondry - malgré deux-trois passages bien trouvés. Dommage.

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