dimanche 27 mars 2011

Jusqu'en Enfer

Christine Brown est une jeune employée de banque sans histoires. Ambitieuse sans être vile, elle brigue un poste de directeur adjoint. Cette promotion potentielle ajoutée à une présentation auprès des parents de son petit ami, plutôt rétifs à la rencontrer, suffirait amplement à son bonheur. Tout semble pouvoir s’arranger, sauf qu’une étrange vieille folle passait par là. Accablée d’un sort injuste et fatal, la pauvre va alors vivre… un véritable enfer. Elle devra aussi se faire violence pour affronter et espérer vaincre le démon.

Accaparé pendant plus de cinq ans à dépeindre les bravoures et turpitudes d’un certain Spider-man par une trilogie (to be continued) de tous les records que les aficionados portent aux nues (c’est leur droit), Sam Raimi s’en est – enfin – remis à ses premières amours. Le cinéma d’épouvante. C’est d’ailleurs avec une autre trilogie, la saga Evil dead donc, que le réalisateur d’Un plan simple a forgé son savoir-faire et sa notoriété voilà un quart de siècle. A distinguer d’un John Carpenter, trop terrifiant, ou d’un Wes Craven, trop sanglant, Raimi s’était chargé du film d’horreur… comique. Son affection taquine pour ce genre et sa mise en scène bien sentie avaient rendu Evil dead culte. 
La cinquantaine approchant, le bougre ne sait pas assagi pour autant. Avec Jusqu’en enfer, il joue carrément avec des codes qu’il tourne en ridicule. Car passée la séquence d’ouverture absolument flippante, ce censé voyage au bout de l’enfer est un authentique récital de dérision et de gags succulents (l’œil dans la part de gâteau, le dentier dégueu, l’héroïne qui fait tomber le cercueil de la sorcière, la chèvre endiablée, etc.). La trentenaire au physique d’adolescente Alison Lohman y trouve l’occasion de percer l’écran après une filmo aléatoire (Les associés, La vérité nue, Nos souvenirs brûlés). Plutôt terre-à-terre dans sa construction et académique dans ses rebondissements (certains médias en ont quand même pas mal rajouter), Jusqu’en enfer n’en est pas moins un franc moment de déconnade agrémenté de sursauts incontrôlables.

Article publié le 11/06/2009 à l'URL http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-229975-jusquen_enfer__drag_me_to_hell.htm.

2 commentaires:

  1. Evil Dead et Spiderman n'étant pas pour moi ce que Raimi a fait de mieux, très loin de là même (j'avais adoré Un plan simple & Intuitions par contre), j'ai tout de même été très surpris par ce petit bijou de fantaisie horrifique très bien mené qui gère sublimement un suspens et des séquences d'horreur qui ont passablement dégoûté ma femme. On dirait presque du Stephen King par moment, car ça rejoint presque la trame de La peau sur les os, adapté au cinéma par Tom Holland, mais qui n'avait pas le panache de cet enfer là.

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