samedi 26 mars 2011

L'Animal

Michel Gaucher, dit Mike, et Jane Gardner forment un couple spectaculaire à la ville comme sur les plateaux de tournage de cinéma où ils exercent avec plus ou moins de panache et de réussite leur métier de cascadeurs. Trop obnubilé à faire le fou-fou, Mike arrive à mettre en péril la cérémonie qui doit, enfin, les unir. Ecoeurée par l’infantilité de son compagnon, Jane le quitte. Commence alors une toute relative descente aux enfers pour Mike qui n’aura plus comme seule obsession de reconquérir le cœur, et le corps, de sa promise. Quitte à faire des singeries plus énormes les unes que les autres.

Aujourd’hui tombé en totale désuétude en raison d’une mise en scène accessoire, d’un scénario sans envergure et d’effets spéciaux… disons ancestraux, L’animal était pourtant, à sa sortie en 1977, ce que l’on appelle, de nos jours mercantiles, une superproduction, toute française. Cette comédie burlesque qui ne fixait aucune limite à ses débordements de "belmondisme", réunissait des pointures à tous les étages afin d'assurer un carton au box-office. Christian Fechner, le producteur, impose Claude Zidi (qui vient de rencontrer le succès grâce à L’aile ou la cuisse avec l’impayable duo trans-générationnel Louis de Funès-Coluche), son réalisateur fétiche, à la mise en scène. La bande originale est composée par Vladimir Cosma et les dialogues sont signés par un Michel Audiard à l’inspiration incertaine. Côté casting, l’Américaine Raquel Welch et sa silhouette idéale - qui fit accélérer les pulsations masculines une décennie plus tôt quand elle portait une simple tenue en peaux de bêtes dans Un million d’années avant J.C. - confère un pendant très sexy à la phallocratie bestiale et risible de la superstar Jean-Paul Belmondo, comme toujours entouré de ses fidèles lieutenants (Charles Gérard, Julien Guiomar, Mario David). 
Bébel venait de tourner deux polars solides (L’alpagueur puis Le corps de mon ennemi) et ce nouveau personnage de casse-cou musclé était en quelque sorte une synthèse de deux autres succès récents. Il y avait eu le carton Peur sur la ville (1975), qui instituait sa maturité de quarantenaire robuste et sûr de lui, ainsi que L’incorrigible (la même année) où il jouait à merveille le nigaud juvénile, insouciant et truqueur. Mike est tout cela à la fois et Belmondo joue pied au plancher pour ce rôle double où il a carte blanche (il est Mike le cascadeur mais aussi Bruno Ferrari l’acteur vedette homo et douillet), enchaînant cascades et situations cocasses (le déguisement de gorille dans le magasin, le gros câlin avec un tigre, l’acrobatie sur l’avion, le coup du Tarzan, etc.) mêlées d’une interprétation tour à tour, ou simultanément, rugueuse et incrédule. Le tout pour le ravissement d’un public (et même le plus jeune dont je fis probablement partie à l'époque mais ma mémoire étiolée ne me permet pas d'en être certain) qui se déplaça en masse (plus de 3 millions de spectateurs). 
Le succès de L’animal allait confirmer Belmondo dans sa conviction de pouvoir faire du cinéma d’action populaire et de qualité (ce second critère restant à relativiser). Avec les futurs Flic ou voyou, Le guignolo, L’as des as et autres descendants, cette ère allait perdurer. L’animal peut s’avérer différemment intéressant pour les petits curieux. Saurez-vous y reconnaître Claude Chabrol, Johnny Hallyday et, plus difficile, Josiane Balasko, Jane Birkin et Richard Bohringer?

Sortie: 5 octobre 1977
Entrées France : 3.157.789 (source: Boxofficestars)
Classement TOP BELMONDO : 31ème (après 16 votes)

Article publié le 17/06/2009 à l'URL http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-230637-lanimal__1977.htm

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