samedi 19 mars 2011

Notorious B.I.G.

L’ascension fulgurante et la fin brutale de Christopher Wallace, gamin black et gros de Brooklyn devenu à vingt-deux ans Notorious B.I.G.: l’un des plus grands rappeurs du monde, mort assassiné en 1997 à vingt-cinq ans.
Eminem (8 Mile) et 50 Cent (Get rich or die tryin’) ont eu la chance de tourner leur propre biographie. Biggie Smalls, mastodonte du Rap dans tous les sens du terme, véritable légende vivante trop vite rétrogradée au rang de légende tout court, justifiait bien son biopic. Son histoire, intensive et furtive, est du pain béni pour tout scénariste. Délaissé par un père invisible et élevé par une mère dévouée, son adolescence est commune à beaucoup de jeunes noirs des quartiers new-yorkais. Elle est marquée par la rue, le trafic de drogue et la prison. Mais ses particularités sont essentielles : il a un physique hors normes, devient père à 20 ans et, surtout, il manie la rhétorique avec une aisance exceptionnelle et possède ce flow limpide et pesant qui le démarque des autres MC. Entre sa rencontre déterminante avec Puff Daddy, ses conquêtes amoureuses (Lil’ Kim, Faith Evans), sa complicité devenue rivalité avec Tupac Shakur, le king du Hip-hop West Coast, et enfin sa mort violente et mystérieuse, la mise en scène du faiseur George Tillman Jr. (Les chemins de la dignité) est chronologique et linéaire. Un choix sans doute trop raisonnable pour un sujet où la médiatisation, la notoriété, l’idolâtrie, la proximité de la rue (des gangs?), la drogue, les filles, le profit, les enjeux financiers et les rivalités entre rappeurs nourrissent un climat et un quotidien sulfureux entre luxure et ressentiment. Bien heureusement, Notorious B.I.G. n’est pas non plus un portrait hagiographique de son personnage, mais avec la présence de sa mère Voletta à la production (laquelle est superbement jouée par Angela Bassett dans le film), l’on pouvait autant s’attendre à découvrir quelques détails inconnus de la vie de Biggie, que craindre certains autres partis pris édulcorés. Ainsi, ses accès de violence semblent étouffés, et son hypothétique implication dans l’exécution de son ex-meilleur ami rappeur Tupac est ici totalement désamorcée. The Greatest n’aurait même été qu’une victime de plus d’un fléau occulte. Peut-être. Et tout comme pour l’assassinat de Tupac, la vérité ne sortira jamais vainqueur.
Dans la peau épaisse de Notorious BIG, Jamal Woolard, novice en acteur, est indiscutable, tout comme Derek Luke (Sean "Diddy" Combs), Dennis White (D-Roc), Antonique Smith (Faith Evans), Naturi Naughton (Lil Kim) et Anthony Mackie (Tupac). Les fans de rap et du Big trouveront ici l’occasion de repasser en revue certains classiques de sa discographie (I’m going back to Cali, Hypnotize, Big Poppa…).

Article publié le 03/07/2009 à l'url http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-232587-notorious_big__notorious.htm

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