samedi 5 mars 2011

Ricky


Cinéaste prolifique (dix films tournés en autant d’années), François Ozon se plait à dépeindre sous différentes formes les classes bourgeoises (8 femmes, Swimming pool, Angel). Mais pas seulement. Son credo semble être le couple, avec ses moments romantiques et ses affres tragiques, qu’il a souvent placé au cœur de mélodrames (Les amants criminels, Sous le sable, 5x2, Le temps qui reste). Ricky peut entrer dans cette catégorie : une mère célibataire de conditions modestes se lie d’une passion avec un collègue d’usine a priori gentil. Leur quotidien est banal, et un bébé unique va naître de cette union. C’est lorsque l'on commence à s’interroger sur la nature de l’itinéraire que Ozon souhaite nous faire emprunter qu’une réponse s’amorce. Là, se ressourçant sans doute des loufoqueries de Sitcom - son premier film inclassable -, il s’engage dans un voie surréaliste qu’il est bien délicat de cerner. Déroutant donc, Ricky s’enlise alors en raison de son impossibilité à trouver un équilibre - et pour cause - avec son contexte social très réaliste. Reste que l'avant-dernier plan vient subtilement répondre à l’introduction piégeuse du film. Dans le rôle de la mère perturbée, Alexandra Lamy est inattendue (depuis Un gars, une fille, elle n’a tourné que des comédies) mais n’a pas usurpé sa place. De son côté, Sergi Lopez est toujours aussi impeccable, même en père et conjoint en dilettante. Un essai plus qu’insolite.

Article publié le 17 septembre 2009 à l'url http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-241287-ricky.htm

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