dimanche 3 avril 2011

Echappement libre

David Ladislas est un malfrat qui travaille pour une organisation secrète. Son partenaire habituel ayant décidé de se retirer des affaires, il va exceptionnellement devoir faire équipe avec une femme : la belle et intrigante Olga. Ensemble, ils ont pour mission de convoyer jusqu’au Liban une voiture chargée de trois cents kilos d’or. Séduit par son associée et surtout appâté par la cargaison, David décide de se faire la malle avec la décapotable. Mais ses puissants employeurs et la vanité d’Olga risquent fort de mettre à mal son dessein.


Méconnu pour ne pas dire ignoré du grand public, Echappement libre, distribué en 1964, est un de ces films policiers nés de la fertile Nouvelle Vague. Le noir et blanc est idéal, la bande originale est jazzy, le road-movie sert de guide touristique à découvrir de grandes villes méditerranéennes, et les héros sont nonchalants et tenaillés. En plus de ces composantes intéressantes, le couple star et hyper glamour est composé de Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg. Il s’agit du duo mythique qui avait bousculé le box-office et mis en émoi la critique un lustre auparavant dans l’inévitable A bout de souffle de Jean-Luc Godard. 
Oui mais voilà, le jeune Jean Becker (L’été meurtrier, Les enfants du marais, Deux jours à tuer) qui tournait là son second long-métrage (après Un nommé La Rocca déjà avec Belmondo) n’a pas réellement su trouver le ton juste pour imposer son style et muer son film en une pièce maîtresse. A la différence de Godard et son œuvre à jamais entrés dans la légende. Tantôt brutal tel un film d’espionnage mais plus souvent léger telle une comédie, ce policier-là lorgne presque plus sur les plates-bandes du Corniaud (sorti à la même période) que celles du Doulos (l’authentique référence du polar de l’époque). Le dénouement est bien trop idéaliste voire fantasque pour que l’on pense qu’il fut soigné. Comme toujours Jean-Paul Belmondo distille ses répliques avec félicité et se laisse aller à quelques tirades théâtralisées qui rappellent les années joviales du Conservatoire. C’est à l’époque qu’il noua des liens indéfectibles avec des comédiens comme Michel Beaune et Jean-Pierre Marielle que l’on retrouve au générique. En admirateur avéré de l’immense Michel Simon, Belmondo profite d’une scène où il se décrasse dans une baignoire pour lui rendre hommage par une imitation bluffante tant dans la voix que les mimiques du visage. 
Au final, Echappement libre mérite le détour mais n’a pas les armes suffisantes pour marquer les mémoires.

Sortie cinéma : 04/09/1964
Entrées France : 2.007.088 (source: Boxofficestars)

Article publié le 28/05/2009 à l'URL http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-228221-echappement_libre__1964.htm

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