dimanche 3 avril 2011

Rango

La chevauchée fantastique
Parce qu'il est un caméléon, celui qui s'auto-nommera Rango doit, de par sa nature, pouvoir mieux que n'importe quel autre être vivant endosser tous les rôles et surmonter toutes les situations. Pas simple toutefois d'affronter son destin quand on est un animal de compagnie. En quête de mission et d'une vraie identité donc, voici que par un "heureux" hasard notre sympathique héros comédien va enfin s'étalonner au monde réel, fusse-t-il désertique, peuplé de prédateurs et, plus inquiétant encore, tari.


Après Wes Anderson et son Everest Fantastic Mr. Fox, voici un nouveau metteur en scène si curieux qu'il s'attaque au cinéma d'animation. Quand on est obnubilé par l'aventure et l'action comme l'est Gore Verbinski (la trilogie Pirate des Caraïbes c'est lui), ça parait déjà moins surprenant. Rango n'est pas l'adaptation du tonique Mexicain, que Verbinski tourna il y a dix ans avec Brad Pitt et Julia Roberts, mais bel et bien un hommage annoncé et assumé au western, plus particulièrement à la mode spaghetti. 
Genre hollywoodien historique, le western a longtemps était délaissé par le milieu de l'animation (les versions de Lucky Luke et les Dalton manquent trop d'envergure pour être référencées et l'ouverture de Toy story 3 n'est qu'une alléchante allusion). Ses spécificités cinématographiques (les grands horizons, les cavalcades tonitruantes, les salopards en tout genre, les scènes d'intimidation en saloon ou duels) se prêtent pourtant idéalement à l'animation. 
Et Gore Verbinski allait efficacement combler cette lacune autour d'un personnage central loufoque et égocentrique, tantôt résigné, souvent survolté, qui a tout du lonesome cowboy en manque de reconnaissance. L'énergie développée par Rango insuffle au film un rythme important et nécessaire avec des moments forts (la première demi-heure est sans conteste la plus réussie).
En cette époque de fous ou notre environnement va à vau-l'eau, il est toujours de bon ton de glisser un petit message moralisateur au public adulte. Rango appuie le trait, plutôt judicieusement, en plaçant son clin d'oeil au centre de son intrigue. Mais n'en disons pas plus.

Sans émerveillement mais avec passion et précision, Rango, produit par la jeune boite de prod' GK Films, démontre qu'il existe outre-Atlantique une alternative à l'hégémonie animée des studios rivaux Pixar - Dreamworks. C'est bien.

Sortie cinéma: 23/03/2011

3 commentaires:

  1. Parfaitement d'accord avec ta (chouette) critique. Du bon boulot que ce "Rango", les adultes et les cinéphiles devraient encore plus prendre leur pied que les kids.

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  2. Merci Fred. Très moderne, peut-être trop d'ailleurs, et efficace comme d.a.

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  3. Je confirme la réponse de Fred: Rango, le premier dessin animé où les enfants s'endorment et les parents sont babas... Enfin, pour moi, c'est incontestablement un des meilleurs films de l'année :)

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