dimanche 1 mai 2011

Les Chemins de la Liberté

Ils sont Russes, Polonais, Lettons et aussi Américains. Tous victimes du totalitarisme du régime stalinien en plein conflit de la Seconde Guerre mondiale, ils sont déportés dans des goulags aux tréfonds de la glaciale Sibérie. Leur destin semble scellé; à moins qu'une poignée d'entre eux ne décide désespérément de s'évader de cette prison naturelle sans frontières ni limites.


La grande évasion. On avait perdu sa trace depuis 2003 et la sortie de Master and Commander, un grand film d'aventures en mer, mais  Peter Weir, chantre de fables humanistes (Le cercle des poètes disparus, Truman Show), est bien de retour au premier plan. Les destinées humaines hors normes et le dépaysement caractérisant son cinéma, le réalisateur également de L'année de tous les dangers, Witness et Mosquito Coast ne pouvait qu'être emballé par le récit de Slavomir Rawicz, ancien prisonnier polonais qui publia son histoire sous le titre A marche forcée en 1956. Le film devient Les chemins de la liberté et cristallise cette obstination à placer le sort de l'individu au centre d'un monde chaotique et avilissant.
De l'immensité sibérienne aux déserts arides de Mongolie jusqu'à l'infranchissable Himalaya avant la verdure indienne, Peter Weir compose avec allégresse et habileté un véritable hymne au devoir de liberté. Comme un appel nécessaire à la résistance, à l'opposé de la vaine résignation des moines de Des hommes et des dieux, The way back (c'est le titre original hélas pas moins suggestif que le français) est une émouvante et gigantesque leçon de vie(s) sous la forme d'un film d'aventures haletant. Les personnages n'y sont pas similaires mais complémentaires et représentatifs de leurs horizons variés: Colin Farrell campe une bête sanguinaire (non sans caricature évidemment) auquel on ne laisserait pas sa belle-mère en pension, Ed Harris, réfléchi et décidé, semble cacher un passé complexe, Jim Sturgess détient l'obstination et une connaissance de la nature précieuses, la jeune Saoirse Ronan (Lovely bones) apporte une touche de tendresse et un surplus de persévérance. Leurs difficultés, leurs échecs autant que leur succès galvanisent le spectateur qui découvrira à cette occasion de sublimes paysages tout au long d'un périple de milliers de kilomètres.

Sortie cinéma : 26 janvier 2011
Classement provisoire 2011 : 4e

3 commentaires:

  1. "de sublimes paysages" qui ne suffisent pas à sauver cet interminable et académique marathon.

    RépondreSupprimer
  2. Je reconnais que l'allusion aux paysages est une conclusion un peu honteuse. Le coup de pompe on va dire.

    "Interminable" ne signifiant pas "trop long", je loue en revanche les mérites de cette forme d'académisme parfaitement mise en scène et qui reflète justement la (les) nature(s) humaine(s).

    RépondreSupprimer
  3. Je suis plutôt d'accord avec toi sur le film. La plupart des gens l'ont trouvé trop long et ne l'ont pas beaucoup aimé. D'accord, Les chemins de la liberté, c'est pas La grande évasion, mais ça ne cherche pas à l'être non plus. Personnellement je pense que le réalisateur a voulu dire que si les paysages de la Sibérie sont la vraie prison des hommes enfermés au goulag, la nature toute entière est une plus grande prison pour ce groupe d'hommes qui traverse toute la Russie, et peut-être auraient-ils mieux fait de rester là où ils étaient étant donné tout ce qu'ils vont vivre dans le désert. Mais ils arriveront finalement à quitter la Russie, même si c'est pour attendre quarante ans avant de rentrer chez eux. Que l'histoire soit vraie ou pas, on s'en fout, l'essentiel est de montrer de quoi est capable un homme pour échapper à ce que les autres hommes ont inventé de pire.

    RépondreSupprimer

JE PENSE DONC J’ÉCRIS :