mardi 17 mai 2011

Minuit à Paris

* * * FESTIVAL DE PRINTEMPS - COMPÉTITION OFFICIELLE * * *

Séjournant à Paris avec futurs femme, beau-papa et belle-maman, un écrivain californien tombe littéralement sous les charmes de la plus belle ville du monde qu'il ne souhaite alors plus quitter. Fuyant les occupations vaniteuses et insouciantes de ses proches, il découvre, aux détours de flâneries nocturnes, une source inattendue et intrigante d'inspiration qui pourrait bien redonner un sens à ses convictions. Ah ouais?

Photo : Allociné.fr

Le cercle des poètes disparus. Continuant son périple à travers les plus belles villes européennes, pépère Woody Allen nous envoie une nouvelle carte postale romantique et gentillette au travers de son dernier film (au sens propre comme au figuré puisque le générique de début pourrait tout aussi bien être un clip sans imagination tourné par les services de tourisme parisiens). Après Scoop qui se passait à Londres et Vicky Cristina Barcelona à..., c'est écrit dessus, Minuit à Paris s'installe dans notre capitale. Le lieu est évidemment idéal (et convenu) pour mettre en exergue la condition instable de l'auteur, en quête perpétuelle d'une inventivité qu'il sera toujours plus riche d'alimenter dans un environnement fait de culture et d'histoire(s). 
Le prétexte est plutôt bien trouvé pour replacer Woody, l'artiste, au centre de son intrigue (mais il nous fait le coup depuis si longtemps). En la personne d'Owen Wilson, le cinéaste new-yorkais semble avoir enfin trouvé son moi rajeuni et tout aussi insatisfait qu'incompris. Avec ses attitudes béates, et donc fortement "allénienne", le grand blond (qui pourrait bien avoir une chaussure noire planquée quelque part), qui s'émancipe à ravir dans son costume passé et cette personnalité authentique, nous fait oublier qu'il est d'apparence une sorte d'anti-Woody Allen. Aux côtés de la charmante et accessoire Rachel McAdams (Sherlock Holmes), l'habituel subtil nigaud Owen Wilson est bien la meilleure trouvaille du film, sur sa forme.

De trouvaille surprenante il est bien question aussi sur le fond, mais peut-on décemment se laisser emporter à un engouement décomplexé quand, à l'égal du gamin incrédule et émerveillé pour sa première fois à Disneyland, Woody nous présente son éventail de légendes par un repli de l'espace temps que même dans Dune on n'y aurait pas cru. "Mon bistrot préféré" de Renaud pour la chanson, ça donne Minuit à Paris au cinéma, mais en une version gentillement anachronique et bien trop naïve. Il s'agit là d'une flagornerie joliment nostalgique et puérile où l'on sourit et rit parfois, ce qui reste dans tous les cas une flagornerie.
Dans les fausses bonnes idées liées à un début de sénilité bien exploitée par le(s) pouvoir(s), il faudra ne pas pardonner la présence insignifiante de la tas-pé à Sarko, l'apparition furtive de Gad Elmaleh et, moins grave heureusement, Mlle Marion "Je représente le cinéma français à moi toute seule" Cotillard. Quel conformiste républicain en fait ce Woody.

Sortie cinéma : 11 mai 2011

3 commentaires:

  1. Moi je dis que cette critique, c'est la classe ! J'ai beaucoup aimé "la tas-pé" et Melle Marion... Et Owen Wilson est la meilleure trouvaille du film, nous sommes d'accord.

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  2. Tas-pé du (Camembert) Président !!
    Tu va avoir des problèmes, de gros problèmes cher Stoni, et PierreAfeu qui applaudit aussi :-)
    Je comprends même pas que le nom de la planche à repasser figure sur l'affiche...

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  3. Niveau casting local, on pouvait clairement pas faire plus populo et merdique que celui de Woody.

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JE PENSE DONC J’ÉCRIS :