vendredi 3 juin 2011

Le Chat du Rabbin

* * * * FESTIVAL DE PRINTEMPS - COMPÉTITION OFFICIELLE * * * *

Dans les années 1920, de la casbah d'Alger au berceau supposé érythréen du judaïsme, les aventures inter-religieuses d'un chat qui trouve la parole après avoir bouffé un perroquet bavard, son rabbin de maître, la gentille fille de celui-ci dont il est amouraché, et une foison d'autres compagnons.

photo Allociné.fr
Une vie de chat. Ils ne sont pas légion les films qui osent s'attaquer de front (ou simplement traiter) aux confessions (de leurs travers à leurs spécificités voire ouverture aux autres) et aborder leurs répercussions sur les relations entre les individus. Dans l'animation, c'est également rare (même si le superbe Persépolis a déjà ouvert la brèche). Par excès de susceptibilités à travers les communautés, ce sujet trop brûlant est occulté. Alors, par principe, le projet de Joann Sfar, qui adapte là sa propre bande dessinée en doublette avec son acolyte Antoine Delesvaux, était à encourager.

Par sa vocation intrinsèque, Le chat du Rabbin ne vise pas un public d'enfants (et ce sera logiquement réciproque), mais grâce à l'animation il désamorce la tension et rend possible le titillement de tous ces cultes oppressants. Très humain, et donc idéaliste, il offre la parole aux juifs évidemment, mais aussi aux musulmans et aux catholiques d'horizons différents. Sur un continent africain hyper colonisé à l'époque, les litiges, conflits, châtiments et parfois les terrains d'entente, reflètent la diversité et l'espoir. Et le fanatisme est bien visé comme le détonateur unique de toutes les exactions (Sfar le montre sans manichéisme, merci à lui).

Le réalisateur de l'hyper "politically correct" Gainsbourg (Vie héroïque) se sort très dignement d'un piège potentiel, offrant quelques très jolies scènes oniriques, bien qu'en toute logique son film est très disert dans l’entreprise d'un débat pré-théologique parfois poussé et à peine allégé d'éparses scènes d'action. Et il n'oublie pas de saupoudrer son film d'humour, par l'intermédiaire essentiellement de son héros félin ironique.

Bon courage par ailleurs à Steven Spielberg pour redorer l'image de Tintin (et Milou) dans son prochain film, vu que le légendaire reporter belge est ici furtivement mais largement dépeint comme une grosse tête de con.

Sortie cinéma
: 1er juin 2011

Analyses à lire dans le cadre du Festival de Printemps des blogueurs : 

8 commentaires:

  1. Y avait plein d'enfants dans la salle, je me demande ce qu'ils ont compris, ou alors les parents n'ont pas compris ce qu'ils allaient voir...

    RépondreSupprimer
  2. Bien gentil et donc pas vilain, avec toutefois un potentiel de garde très court.

    A propos d'enfants dans la salle, y'en avait une à côté de moi (avec moi en fait, my daughter quoi) qui était préparée à ne pas vivre le dessin animé type Rio ou Toy story3, mais pas grave, un peu de "culture" faite aux enfants peut tjs avoir du bon.

    RépondreSupprimer
  3. Oui, enfin, tu n'as pas totalement tort, mais les pauvres enfants, j'aurais pas aimé être à leur place en voyant le duel sous la tente. Cela dit on attend encore le jour où on comprendra qu'un dessin animé ça peut ne pas être destiné aux enfants...

    RépondreSupprimer
  4. Fallait bien que ça finisse par saigner sinon ça aurait fait trop Cendrillon.

    Si les dessins animés sont pour les enfants, on peut évoquer le terme de cinéma d'animation pour élargir le procédé aux adultes. Miazaky, Plympton ou Picha à l'époque, et Satrapi dernièrement avec Persépolis, comme d'autres, visent bien un public adulte.

    RépondreSupprimer
  5. Que ce ne soit pas destiné aux plus jeunes enfants (ne serait-ce que pour la scène sanglante sous la tente) mériterait très largement d'être signalé dans les annonces, présentations et critiques. Que ce ne soit pas du tout signalé me laisse à penser qu'il s'agit en premier d'une opération commerciale et non pas d'une oeuvre remarquable...

    RépondreSupprimer
  6. Le pitch en lui-même et aussi la b.a. sont assez explicites pour ne pas y aller en tribu.

    Le total d'entrées que fera ce film démontrera que d'opération commerciale il n'était pas vraiment question. On est pas chez Dreamworks, Pixar ni Disney quand même.

    RépondreSupprimer
  7. Bonjour Stoni, j'ai toujours un billet en attente ce film (je voudrais faire une étude comparative avec les BD). Concernant, le film en lui-même, j'ai beaucoup aimé le début où l'on voit la fille du Rabbin. Après, tout le périple dans le désert m'a un peu ennuyée. Cela manque de "liant". Il n'y a plus vraiment d'histoire et c'est dommage. Bonne après-midi.

    RépondreSupprimer

JE PENSE DONC J’ÉCRIS :