samedi 11 juin 2011

The Tree of Life

* * * * * FESTIVAL DE PRINTEMPS - COMPÉTITION OFFICIELLE * * * * *

A l'aune de la sublime immensité de l’univers et de l'impénétrabilité des voix divines, découvrons les effets (et méfaits) de la vie sur une famille middle-class américaine des années 1960 à nos jours.

Brad Pitt and sons (Allociné.fr)

Qu'on en ait conscience ou pas, The Tree of Life est indubitablement le projet que l'on a rêvé, ou simplement escompté (à un moment ou un autre), de voir se concrétiser. L'ambition de poser l'Humain dans la vallée de la Vie qu'il longe sans certitudes, coincé entre les versants mystérieux de la Grâce d'un côté (la foi divine) et de la Nature de l'autre (l'univers insondable) est colossale. Elle répond à des questions existentielles incontournables que seul un réalisateur profondément impliqué pouvait aborder. 
En aval du projet, le film, du naturaliste Terrence Malick donc, rappelle des moments (et pas nécessairement des évènements) clés de la vie : que l'on soit l'enfant (qui doit partager, obéir et grandir), le père (qui prépare de tout son amour imparfait les siens aux difficultéx de la vie sans pouvoir optimiser la sienne), le fils adolescent (faire ou ne pas faire les premières conneries d'ado) ou le fils devenu adulte (à quoi bon trimer quand tout cela nous éloigne toujours plus de nos proches). Sans jamais prendre parti (à bon escient), Malick rappelle de jolie façon - ultra didactique - comment nous en sommes arrivés là aujourd'hui  (big bang, dinosaures...), même si on pourra toujours trouver cette partie dispensable d'autant qu'il nous la vend comme le tome de L'Univers pour les Nuls. Et il justifie le besoin fragile que l'on peut avoir de croire en autre chose, ce suprême que l'on voudrait voir nous venir en aide mais qui reste impalpable (la souffrance que la mère ne veut pas perdre suite à la perte de son fils). Le tout sans prosélytisme aucun, chapeau! Au delà de cela, ce sont bien les liens de la famille qui articulent toutes les relations, les tourmentes et les espoirs. Et quand le couple est laissé en retrait au profit de ce noyau plus collectif (à l'inverse des Noces rebelles qui encensait les aspirations ultimes et utopiques de l'union), c'est pour mieux mettre en valeur cet irrésistible besoin de transmission, cette invraisemblable quête de perfection.

Qui sommes-nous? Où va-t'on? Pourquoi? Et comment? C'est de cela que parle, ou plutôt que suggère, The Tree of Life. Car évidemment, avec le réalisateur du profond et posé La ligne rouge et de l'excessivement contemplatif et infantilisant Le nouveau Monde, le récit est lent et la mise en scène lénifiante au possible. A l'échelle de la genèse, c'est bien normal ; à celle d'un long métrage et du spectateur, c'est parfois un peu trop (lent et long). Reste qu'en aucun cas, The Tree of Life ne peut être qualifiée d'une oeuvre barrée, née d'un esprit torturé ou asocial (on n'est pas chez Von Trier ou Haneke, merci). C'est plutôt et juste la limpidité absolue qui caractérise cette fresque jamais absconse.

Idéalement servi par la notoriété de Brad Pitt en père autoritaire, l'anonymat de Jessica Chastain en mère aimante en retrait, et la mélancolie de Sean Penn en homme de son temps perdu, Terrence Malick réussit un pari complexe et décroche une Palme d'Or 2011 d'envergure ; ce qui redonne du crédit à un festival de Cannes qui s'était un peu laisser endormir ces dernières années.

Sortie cinéma : 17 mai 2011

Analyses à lire dans le cadre du Festival de Printemps des blogueurs :

3 commentaires:

  1. Pas de prosélytisme ? Redonner du crédit au festival de Cannes ? Ah bon ? Ben on a pas vu le même film...

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  2. Quand on n'est pas d'accord c'est évidemment qu'on a pas vu le même film.

    Si je conseillerai ce Tree of Life à peu de gens car il et peu accessible, il reste une belle preuve de maîtrise de son sujet.

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  3. Fred t'as compris, Stoni ne conseille The tree of life qu'aux gens sensibles à "l'impénétrabilité des voies de l'univers" (sic) et à ceux qui voient "l'Humain dans la vallée de la Vie" (re-sic). Alors, évidemment ça limite ! Dis donc Stoni quelle substance est à l'origine du ton lyrique de ta chronique ?

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