mercredi 27 juillet 2011

Iron Man

Si quelque part parmi ces pages avait déjà été publiée une critique à propos de l’incroyablement nul L’incroyable Hulk, j’aurais pu me contenter d’un vulgaire copier/coller de celle-ci pour exprimer mon opinion sur l’aberrant Iron Man. En effet, les similitudes entre ces deux récentes et médiocres adaptations de comics de la franchise Marvel sont nombreuses. Les deux héros sont pourtant assez différents dans leur vocation: Bruce Banner/Hulk subit ses pouvoirs et est pourchassé alors que Tony Stark/Iron Man les fabrique grâce à son grand savoir technologique pour mieux changer la face du monde; mais ils demeurent deux cibles face aux institutions et intérêts industriels et/ou politiques qui les menacent. Et ils finissent, comme tout super-héros de niveau international, par maîtriser leur don. Leurs entourages se ressemblent étonnamment. La charmante et affolée Liv Tyler, ex-future compagne de Hulk/Edward Norton, est un écho à la séduisante Gwyneth Paltrow, assistante aimante et protectrice de Stark. L’excellent Jeff Bridges endosse ici la double étiquette d’inquiétant collaborateur/rival de Tony Stark et grand méchant ennemi robotisé de Iron Man, rôles distinctement dévolus à William Hurt et Tim Roth chez Leterrier. 

Pour en revenir à ce sauveur tout d’acier vêtu, il est inattendu mais heureux de le voir incarné par un Robert Downey Jr. plus qu’à son aise et qui continue à se refaire une belle santé (dans tous les sens du terme) depuis Kiss kiss bang bang (2005) et Zodiac (2007). Le toxico notoire d’Hollywood aura vécu une belle année 2008 avec sa prestation de G.I. black tout aussi impeccable dans Tonnerre sous les tropiques à l’automne dernier. 
Mais une interprétation n’a jamais suffi à sauver un mauvais film. Les différents tests que Stark effectue pour améliorer son armure sont des moments divertissants. Cependant, le reste du récit n’est qu’une accumulation croissante de situations ridicules qui vont jusqu’à prendre le spectateur pour un âne. Et là, je ne suis plus d’accord. 
Kidnappé puis séquestré dans une grotte afghane par une meute de rebelles, Stark, étroitement surveillé par gardes et caméras, fabrique une armure de fortune au nez et à la barbe (oui c’est facile) de ses ravisseurs pour mieux les zigouiller et leur échapper. Énorme. Beaucoup plus tard, le combat final entre nos géants d’acier - lequel renvoie exactement au dénouement de L’incroyable Hulk - sera un sommet de nullité conforté par des dialogues de cour de récréation. 
Le pire du pire étant le fondement même de l'histoire: Stark, vendeur d’armes peu scrupuleux, reconnu, et fier de sa réussite, se mue en un justicier après avoir découvert que son business semait terreur et mort. Ouh la la, comme c’est touchant, un si grand garçon qui ne savait pas que les bombes ça fait bobo aux petits n’enfants innocents. On nous prend pour des billes là, c’est plus possible. Faudra pas compter sur moi pour souffrir encore une fois devant Iron Man 2. Et si, c’est prévu pour 2010. Une dernière doléance, si je peux me permettre, à l’intention de Monsieur Jon Favreau, le réalisateur: "S’il vous plaît, soyez lucide, repassez devant la caméra, vous étiez si cool dans Friends". Allez, après ça, je veux bien reconsidérer The dark knight comme un chef-d’œuvre. Juste pour une soirée.

Sortie cinéma : 30 avril 2008

Article publié le 6 janvier 2009 à l'url http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-208136-iron_man.htm

2 commentaires:

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