mardi 12 juillet 2011

La Mer à boire

Sur le grand port de Gênes, en Italie, les destinées s’articulent autour des départs des bateaux de pêche et de fret. Les marins et Gênois déshérités cherchent à embarquer pour ramasser quelques Lires. Autour du port, la vie à l’italienne suit son court. Vincenzo doit gérer les déboires amoureux de ses soeurs, la fratrie Parenti s’emploie à compenser les dépenses et excès de leur vieux père Drudo. Et dans un hôtel de passage, Margherita, la belle et discrète gérante, est bien perturbée par l’arrivée soudaine du Livournais, un jeune capitaine impétueux et charmeur.

Tourné en 1961 au cœur de la période italienne de Jean-Paul Belmondo, La mer à boire n’est sorti sur les écrans français qu’en 1963 en raison de son échec lors de son exploitation transalpine. Avec aussi la présence de Gina Lollobrigida (Fanfan la tulipe, Pain, amour et jalousie, Notre-Dame de Paris), sex symbol international par excellence, l’affiche avait pourtant de quoi séduire. 
Le défaut majeur du film de Renato Castellani - cinéaste italien méconnu bien qu’ayant été honoré de prestigieuses récompenses (Grand Prix à Cannes en 1952 pour Deux sous d’espoir, Lion d’or à Venise en 1954 pour Romeo et Juliette) - est qu’il enchaîne une série de saynètes sans liens explicites entre elles ni véritable intrigue. Et la ferveur générale des protagonistes n’est jamais transmise au spectateur. Le parti pris du ton de la comédie n’était pas impromptu et convient bien à la légèreté voire la futilité de certains événements. Parfois sérieux sans jamais être grave, La mer à boire n’est hélas qu’une vanité filmée qui laisse circonspect car jamais son réalisateur ne parvient à faire passer un quelconque message ou sentiment. Castellani, qui fut l’un des metteurs en scène en vogue à l’époque du néo-réalisme d’après-guerre, évite étrangement toute allusion au contexte social pour ne signer au final qu’une œuvre mineure dont le seul atout réside dans la composition du couple volcanique Lollobrigida - Belmondo. 
Sans vouloir prêcher dans ma propre paroisse, il faut reconnaître la facilité d’expression et de gestuelle du comédien français tout à son aise dans ses postures exubérantes. Ses frasques et sa gouaille font mouche à tous les coups et déstabilisent une Gina Lollobrigida toujours aussi sensuelle. Après Sophia Loren dans La ciociara et avant Claudia Cardinale dans La viaccia, Jean-Paul Belmondo, en séducteur patenté et fantasque, profitait de l’occasion pour enlacer une nouvelle bombe latine. La mer à boire : un film qui n’a pour unique talent que de valoriser ses vedettes.

Article publié le 24 février 2009 à l'URL http://davideo.blogs.allocine.fr/davideo-215160-la_mer_a_boire__mare_matto__1963.htm

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