samedi 22 octobre 2011

PUSHER***

Circonspect face à la relative indigence d'un contenu juste brutal autant qu'enthousiaste envers la mise en scène esthète et moderne du cinéma de Nicolas Winding Refn (cf. Bronson et Le guerrier silencieux - Valhalla rising), je demeure intrigué et partagé devant la sortie tapageuse de son dernier opus : Drive.
Afin de mieux cerner (et pourquoi pas expliquer) ce phénomène atypique, il est légitime de remonter à ses origines. A savoir qu'il sera question d'un cycle en critiques consacré à la trilogie Pusher qui lança le réalisateur danois sur la voie de la renommée il y a une dizaine d'années.

Kim Bodnia a le bras tout de suite plus long avec son flingue
Dans une Copenhague froide et terne comme la mort, Pusher relate la semaine cruciale que va passer Frank, un dealer de moyenne envergure. Ses créanciers commençant sérieusement à s'impatienter de ne pas voir revenir les fonds investis, Frank va devoir mettre une grosse pression aux losers qui lui servent de revendeurs/consommateurs s'il ne veut pas perdre ses pouces ou, pire mais envisageable, finir comme engrais de la Petite Sirène en Mer du Nord. Etant donné que la filière locale est tenue par des gaillards d’origine serbe dont on connait la propension à la barbarie, l'ami Franky peut commencer à transpirer.

Tourné dans le plus grand anonymat il y a quinze ans par un gamin bouffeur de salami de vingt-cinq ans, Pusher est depuis devenu (sur la base d'une trilogie) une sorte de référence européenne d'un cinéma direct et sans concession dans lequel le héros, un truand, creuse sa propre abyme dans un environnement criminel. Caméra à l'épaule, Nicolas Winding Refn suit littéralement son personnage qui passe son temps à faire du porte-à-porte. Principe qui n'est pas sans rappeler C'est arrivé près de chez vous et les visites mortelles de Benoît Poelvoorde chez ses concitoyens. Sauf que dans Pusher, le schéma devient vite rengaine, et, déjà, le réalisateur de Bronson démontrait qu'il avait les idées nettes mais qu'elles manquent de suite, ces idées. Le film n'étant sorti en France qu'en 2006, soit dix ans après sa production danoise, le public en connaissait déjà un sacré rayon sur les histoires modernes de trafic de came et règlements de compte entre dealers. On est en terrain connu (en retrouvant tous les codes du genre), trop connu donc.
Reste que la mise en scène, collant à son protagoniste de plus en plus tiraillé, parvient à transmettre l’aspect âpre et hostile du milieu. Mais à la différence d'une trilogie inter-époques style saga à la Parrain, celle de Pusher, composée de tranches de vie (de merde) chronologiques et détaillées en trois parties, nous laisse sans solution au moment où le rideau de cet acte I tombe. On est alors pas plus avancé et encore moins emballé, d'autant qu'il n'est pas certain que les clés nous soient par la suite livrées. La mission n'étant cependant pas achevée, vous savez ce qu'il me reste à faire...

=> Pusher sur : Allociné - Cinefriends - IMDB - Wiki
=> de Nicolas Winding Refn sur DavidéoCiné : Valhalla rising

3 commentaires:

  1. Ouais bof ça me donne moyen envie. Vais plutôt attaquer Bronson qui est dans ma pile des 100 DVD à regarder.

    RépondreSupprimer
  2. Je n'ai pas vu Bronson, mais la trilogie des
    Pusher est juste à couper le souffle. Violente, stressante, elle fait surtout preuve d'un réalisme très cinéma américain des années 70 et d'une rare énergie. Un grand film!

    RépondreSupprimer
  3. La trilogie des Pusher est immanquable pour ceux qui s'intéresseraient à Winding Refn.

    RépondreSupprimer

JE PENSE DONC J’ÉCRIS :