mardi 27 novembre 2012

Mains armées

Film réalisé par Pierre Jolivet (France)

L.Bekhti et R.Zem - © Mars Distribution

Interprètes :


Sortie France
: 11 juillet 2012
Sortie Blu-Ray : 21 novembre 2012

Micro-critique :

A confondre âpreté avec austérité, polar à la Force majeure ou Fred (ses meilleurs) avec film d'action sans reflet, affaires de famille avec rafistolage de famille, Pierre Jolivet nous laisse pantois face à l’hermétisme de son histoire et sa mise en scène. Pas simple de se hisser au niveau d'un Polisse ou du cinéma policer coréen en général pour ce cinéaste qui ne sublimera certainement jamais son sympathique Ma petite entreprise.

Mains armées - fiche Allociné

Little Miss Sunshine

Abigail Breslin. Twentieth Century Fox FranceLittle big America
Rafraîchissant, émouvant, vrai. Et si c’était ça la véritable Amérique. Celle qui n’est pas différente du reste du monde dans ses valeurs fondamentales qui entourent la famille. Dans une autre galaxie que celle des super-héros et autres blockbusters hollywoodiens, le couple, à la ville comme derrière la caméra, Jonathan Dayton et Valerie Faris itille et réjouit nos sens en traçant le portrait d’une famille de classe moyenne un peu déjantée, très hétérogène mais tellement ordinaire. Au départ, ces Américains-là sont pourtant tout sauf un modèle d’union harmonieuse : entre le père prônant le culte de la réussite mais qui échoue dans ses projets et un grand-père lubrique à souhait, il y a de quoi s’inquiéter. Du fils ado qui a fait vœu de ne plus parler jusqu’à ce qu’il accède à l’école d’aviation tout en détestant son prochain à l’oncle homosexuel suicidaire tellement juste et lucide, les névroses et les différences ne manquent pas. Nul n’est parfait, et les réalisateurs, toujours sur le ton de la comédie, parfois burlesque, nous émeuvent quand ils réussissent à fédérer tout leur petit monde autour d’Olive, la petite dernière de la famille, cette Little Miss Sunshine nature et intelligente. Elle incarne à elle seule les espoirs et désillusions d’une Amérique toujours obsédée par son image. La scène finale est un bonheur cinématographique pur. Un film à la hauteur de sa fulgurante notoriété.

Article rédigé et publié le 18 janvier 2007 sur davideo.blogs.allocine.fr.

lundi 26 novembre 2012

Savages

Film américain réalisé par Oliver Stone

Aaron Taylor-Johnson, Blake Lively, Taylor Kitsch - © Pathé Distribution
Interprètes :

Sortie France : 26 septembre 2012

Micro-critique :
Quand en leur temps on a amplement pu apprécier les Platoon, Wall Street, The Doors, Né un 4 juillet et JFK pour leur nombreuses qualités et leur union à rejeter toute concession, avant de déceler en Tueurs nés et U-turn bien plus qu'une cavale sous acide pour l'un ou un bon polar crasseux pour l'autre, l'amorce des années 90 fut sacrément douloureuse pour leur réalisateur et par conséquent son fan-club. Après les insignifiants Alexandre, W - L’improbable Président, World Trade Center et Wall Street 2, Oliver Stone accentue sa dégénérescence vertigineuse avec ce simulacre de film d'action ou chaque séquence, chaque transition, chaque parti pris est tout aussi mal senti que vomitif.
Evaluation : **

Duel dans le Pacifique

Lee Marvin -  © Première.fr
Ennemis intimesÉchoués sur une île déserte de l’'Océan Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, deux soldats, l’un Américain l’autre Japonais, s’affrontent, cohabitent puis fraternisent dans l’adversité.
C’est la vision optimiste, humaniste et jamais utopique que livre John Boorman, fondamentalement enclin à entrevoir l’espoir d’une union entre les hommes quand le pire se profile (suivra l’exceptionnel Délivrance). La première moitié du film est particulièrement violente : les antagonistes s’affrontant sans concession, à l’image du conflit mondial qui les oppose. Puis quand l’isolement et la nécessité de survivre se substituent naturellement à leurs querelles, la solidarité s’impose. Loin des enjeux politiques et de la guerre à grande échelle où l'adversaire reste invisible, c’est le bon sens dans la promiscuité qui, malgré une communication difficile, procure un apaisant retour à la raison. A méditer. 
Dans la peau du soldat américain viril, arrogant et sympathisant, Lee Marvin est irréprochable. Quant à Toshiro Mifune - dans sa période américaine après avoir longtemps été l’acteur fétiche de Akira Kurosawa -, qu’il soit samouraï, policier, médecin ou militaire, il exprime toujours aussi parfaitement la colère, l’honneur et la hargne.

Duel dans le Pacifique (Hell in the Pacific) - fiche Allociné.

Cet article fut à l'origine publié le 19 janvier 2007 sur davideo.blogs.allocine.fr.

dimanche 25 novembre 2012

"Les Toiles Enchantées" ont besoin de vous !


Offrez de véritables séances de cinéma aux enfants hospitalisés avec l'association "Les Toiles Enchantées", présidée par Alain Chabat. Pour que l'année 2013 soit enchantée...


Aider Les Toiles Enchantées, l'association présidée par Alain Chabat qui sillonne les routes de France depuis 1997 pour amener le cinéma aux enfants et adolescents malades ou handicapés.
AlloCiné soutient l’association Les Toiles Enchantées depuis de nombreuses années et ne prend aucune "commission" : la totalité des fonds est directement reversée à l’association.
5,10, 20, 30 ou... X euros : chaque don a son importance ! Déduisez 66% du montant de votre don grâce au reçu fiscal que vous pourrez alors télécharger automatiquement. 40 x 30 euros = 1200 euros = 1 séance pour les enfants / 120 x 20 euros = 2400 euros = 2 séances pour les enfants / etc

En 2012, Les Toiles Enchantées c'était : 50 films, 344 projections, 125 établissements visités et surtout 17 000 enfants devenus spectateurs de films.


Les nouveaux films à l’affiche attirent des milliers d’enfants au cinéma, mais beaucoup n'ont pas la possibilité de s'y rendre. L'association propose gratuitement aux hôpitaux pédiatriques ainsi qu’aux centres spécialisés pour enfants et adolescents malades et handicapés, des projections de films récents, au moment même de leur sortie en salle, voire parfois même en avant-première.
Ces projections aident les enfants à briser leur quotidien, s'évader, accéder à la culture et au divertissement des jeunes de leur âge, et de "se sentir comme tout le monde". Mais aussi à lutter contre l'isolement et le découragement en créant des rencontres et des connivences entre les enfants au travers des projections.
Ces projections en 35mm et bientôt en numérique (et même en 3D) sont effectuées avec du matériel professionnel sur grand écran monté pour l'occasion. Ainsi, plus d'une tonne de matériel est transportée et installée quotidiennement par deux projectionnistes professionnels, afin de transformer une des salles d'un hôpital ou centre de soins en véritable salle de cinéma. En décembre, Les Toiles Enchantées proposent aux jeunes spectateurs Les Cinq légendes, Les Mondes de Ralph ou L'Odyssée de Pi.

Pour 2013, l'association souhaite financer pas moins de 365 séances de cinéma dans les hôpitaux pédiatriques et permettre l'acquisition d'un projecteur numérique pour offrir la 3D aux enfants.
Si vous êtes plusieurs milliers à faire un don de 30 euros (soit 10,2 euros après déduction fiscale de 66%), ce rêve enchanté pourra devenir réalité.


Si vous souhaitez donner et recevoir un reçu fiscal pour votre don, rendez-vous sur le site http://www.lestoilesenchantees.com, rubrique "Faire un don" ou plus simplement : http://les-toiles-enchantees.donnerenligne.fr.




Publication relayée depuis Allociné.fr (voir l'article)

samedi 24 novembre 2012

Comme un aimant

De la planète Marseille. Comme un aimant est une chronique de la vie ordinaire d’une bande de potes du quartier du Panier qu’ils ne connaissent que trop. Galères en tout genre et différences sociales, mais ça ne date pas d’hier, le meilleur est pour demain. Encore que…

Dans souffrance il y a France. Le mouvement hip-hop, sous l’impulsion du rap avec des chefs de file comme NTM et IAM s’est définitivement imposé en France aujourd’hui. Il ne lui restait plus qu’à cristalliser sa vitalité par le film d’une génération, d’une époque, à l’instar du Do the right thing de Spike Lee à la fin des années 80. C’est désormais chose faite avec ce convaincant exercice moins subversif et spectaculaire que Raï ou Ma 6-T va crack-er, mais plus universel et parfaitement maîtrisé par ses auteurs : Akhenaton, le leader du groupe marseillais IAM et Kamel Saleh. Les deux co-réalisateurs faufilent leur sobre caméra dans les rues étroites de la cité phocéenne à la découverte de jeunes du quartier scotchés à leur banc, financièrement dépourvus mais conscients de la difficulté à se faire une place au soleil de la Canebière. Le film aurait pu tomber dans le larmoyant et accabler ces minots de tous les maux, en parfaites victimes. Ici il n’en est rien, les circonstances sont telles qu'il leur est de toute façon impossible de s’en sortir indemne. Ils n’ont d’autre choix que de se jeter malgré eux dans la bataille, à corps perdu. La première heure, très réaliste avec ses nombreuses scènes descriptives de vols, descentes de flics, interrogatoires, garde à vue, conflits de générations avec les parents, deal, etc, qui colle à la peau de l’un ou l’autre des personnages mais toujours plus par dépit ou fatalité que par vocation est fidèle à l’image globalement imaginable de ces existences marginalisées. Ce choix banalisé du désarroi, symptomatique de l’état des banlieues aurait pu être l’erreur commise par Saleh et Akhénaton mais c’est alors que le film prend toute sa dimension et de l’envergure.

Et les méchants ne sont pas forcément ceux qu’on croit. Intelligemment, Comme un aimant évite le cliché manichéen des jeunes persécutés par l’omnipotence de la Police, qui finalement ne fait que représenter la loi sans provoc’ gratuite ou racisme exacerbé mais toujours en épée de Damoclès pesante et omniprésente comme un infranchissable rempart imposé aux illicites velléités de Fouad, Cahuète et les autres. Chacun reste à sa place, et le film s’éloigne des optimistes chroniques de l’Estaque à la mode Robert Guédiguian pour se rapprocher du New York malfamé et mortel de Martin Scorsese ou Abel Ferrara. Par leurs funestes mais divergents parcours, les (anti)-héros sombrent tragiquement vers l’irréversible, là où la réalité sociale ne leur laisse aucun droit à l’erreur et où les pontes du grand banditisme sont leurs bourreaux. Dans un contexte conflictuel entre jeunes, différences, dépendance à l’argent et police, l’innovante réussite de Comme un aimant est d’aller voir un peu plus loin, là où pavoise la pègre, le véritable fléau qui contribue à gangréner notre société. Le plus dur était d’y penser, Kamel Saleh et Akhenaton l’ont filmé.

Cet article qui fut publié le 23/01/2007 sur davideo.blogs.allocine.fr. a été rédigé en juillet 2000.

jeudi 22 novembre 2012

Seule la mort peut m'arrêter

  • Film américain réalisé par Mike Hodges
    Sortie France le 6 juillet 2005

Clive Owen - © D.R.
Parce que plus de trente ans après, Mike Hodges nous ressert le scénario de La Loi du milieu, avec Michael Caine, son très réussi premier film sorti en 1971. Parce que la nouvelle mouture n’apporte malheureusement rien de plus. Parce que le mobile de la vengeance n’est que prétexte au placide Clive Owen à exprimer une rage toute mesurée trop longtemps refoulée. Parce qu’après quarante ans de carrière, Charlotte Rampling ne sait toujours pas sourire et son personnage est superficiel. Parce qu’il faut attendre une heure avant que Clive Owen rase enfin cette vilaine barbe. Parce que conclure de façon aussi peu convaincante est désolant. Parce que… tout ça, Seule la mort peut m’arrêter est un acte manqué.

Cet article fut à l'origine publié le 18/01/2007 sur davideo.blogs.allocine.fr.

mercredi 21 novembre 2012

Dark Shadows

Film américain réalisé par Tim Burton

J.Depp pas encore déchaîné - © Warner Bros.

Interprètes :
Sortie France : 9 mai 2012
Sortie Blu-Ray : 18 octobre 2012

Micro-critique :
Le film de vampires ne pouvait plus perdurer sans que le réalisateur des meilleures comédies alliant fantastique et humour contribue à sa légende. D'une adorable béatitude avec l'incontournable Johnny Depp en Dracula romantique et réfléchi débarqué dans les Seventies des hippies. L'anti-chiantitude, l'anti-vide... l'anti-Twilight quoi.
Evaluation : *****

Titre emprunté : Embrasse-moi, vampire