lundi 24 décembre 2012

Le Hobbit : un Voyage inattendu

Film réalisé par Peter Jackson (USA/Nouvelle-Zélande)

Mais où est passée Blanche Neige ? - © Warner Bros. France

Interprètes :

Sortie France : 12 décembre 2012

Micro-critique :
Precious. L'exercice de réécriture de son oeuvre peut avoir des effets bien opposés. Quand Ridley Scott falsifie "son" Alien avec l'impersonnel Prometheus, on saisit vite que l'enjeu industriel avait pris le pas sur l'artisanal. Les adeptes du cinéma de Peter Jackson, impatients de rencontrer ce Hobbit, peuvent de leur côté être rassurés. A partir d'une trame similaire à celle de son légendaire Seigneur des Anneaux, le potier néo-zélandais modèle encore et toujours ses personnages (nouveaux comme historiques) qu'il dispose dans une fresque impeccable où les tribulations sont tour à tour voire simultanément drôles, haletantes et... inattendues. Du divertissement populaire de très haut niveau, comme toujours avec ce cher Peter J.
The Hobbit: An unexpected Journey - Allociné - IMDB - Wiki

mardi 18 décembre 2012

The Dark Knight Rises

Film réalisé par Christopher Nolan (USA/GB)

Tom Hardy, The Bold Knight - © Warner Bros. France

Interprètes :

Sortie France : 25 juillet 2012
Sortie Blu-Ray : 28 novembre 2012

Micro-critique :
Un Héros très discret. Sa tessiture de voix "darkvadorienne" résonne encore à travers les caissons de mon home-cinéma. Ce bonheur auditif caverneux émane du terrible personnage du caméléon Tom Hardy, un vengeur masqué bestial qui en cache un autre d'apparence plus fragile : le Batman. Après le discutable The Dark Knight - Le Chevalier Noir, Chris Nolan la joue cette fois plus simple et radical et, sans se retenir sur un spectacle permanent parfois impressionnant (le prologue, le stade, les affrontements urbains), ponctue sa trilogie magistralement comme aucun autre super-héros auparavant.
The Dark Knight Rises : Allociné - IMDB - Wiki

mardi 11 décembre 2012

Cogan

Film réalisé par Andrew Dominik (Etats-Unis)

S.McNairy commence à s'effacer derrière B.Pitt - © Metropolitan FilmExport
Interprètes :


Sortie France : 5 décembre 2012

Micro-critique :
The American. Une cité glauque et pluvieuse à la Seven, des dialogues sous formes d'anecdotes minutieusement écrits façon Reservoir Dogs, des ralentis tout droit venus de Matrix (Ray Liotta dans sa voiture, superbe), des braqueurs peu convaincants style Burn after reading, un Brad Pitt en maîtrise et serein genre Inglourious Basterds,  un James Gandolfini dépressif à l'identique de Soprano, une certaine noirceur calquée chez James Gray, chaque composant est ici emprunté à un modèle intouchable. En cela Cogan est solide. En cela également, il pêche à se trouver une vraie identité. A la différence de la précédente pépite noire et poétique de son metteur en scène : L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford.

  Cogan : (Killing them softly) - Allociné - IMDB - Wiki  

Dikkenek

Jean-Luc aimerait Couchard avec Mélanie - © D.R.

La Belgique, l’autre pays de l’humour… tout relatif cela dit. Car en dehors de dialogues un peu travaillés - l’argot coule à flot - et la présence sympathique de nombreuses figures du cinéma français (Mélanie Laurent, Marion Cotillard, Dominique Pinon, Catherine Jacob, l’humoriste en vogue Florence Foresti notamment), cette comédie incongrue souffre d’un manque cruel d’écriture : pas de scénario, pas de logique dans l’enchaînement des événements ni les choix des protagonistes. Symptomatique de la forme (déjà pas très réussie) utilisée au détriment du fond (inexistant donc). Pittoresque mais lassant, le personnage de Jean-Luc Couchard, le Dikkenek (grande gueule, dragueur grossier, etc.) du film, se situe quelque part entre José Garcia/Robert De Niro de la grande époque de Nulle Part Ailleurs et son compatriote Benoît Poelvoorde, version agaçante genre C'est arrivé près de chez vous ou Les Randonneurs. Un nouvel échec pour EuropaCorp, la société de production de Luc Besson. Une habitude.

Article publié le 23 janvier 2007 sur davideo.blogs.allocine.fr.

Haute Tension

Maïwenn voit rouge - © EuropaCorp Distribution
Se délecter d'un film d'horreur français n'est pas une sinécure ! Quand celui-ci réunit judicieusement les ingrédients du genre (isolement, traque, barbarie...) dans un climat suffoquant, ça devient un fantasme que l'on assouvit sans modération. Là où Alexandre Aja nous surprend encore, c'est quand l'histoire prend une tournure schizophrène inattendue et donc déroutante. On a envie de crier au génie puis on s'interroge sur la cohérence de certaines scènes et d'un dénouement douteux... Pas si grave, même si le film y perd en densité. A souligner également la qualité de l’interprétation : belle et étincelante Cécile de France, toujours aussi répugnant Philippe Nahon. De toute évidence, Haute tension est le fruit d'un jeune surdoué cinéphile, comme le confirme son choix de "remaker" La Colline a des yeux de Wes Craven (1977). Le résultat est qui plus est un bijou du genre. On est bien loin de l’œuvre nian-niante du père... un certain Alexandre Arcady.

Article publié le 25 octobre 2006 sur davideo.blogs.allocine.fr.

samedi 8 décembre 2012

Tyrannosaur

Film réalisé par Paddy Considine (Grande-Bretagne)

Peter Mullan, un dino tapi dans l'ombre ? - Photo Allociné.fr

Interprètes :


Sortie France : 25 avril 2012
Sortie Blu-Ray : 5 septembre 2012

Micro-critique :
La Haine. Tyrannosaur, c'est en quelque sorte King Kong transposé dans une Angleterre contemporaine sinistre et sans dépaysement. Il y a la Bête évidemment, terrifiante et cruelle mais qui doit bien contenir une part de sensibilité, des T-Rex aussi, prédateurs carnassiers sans merci, des chiens (tiens?!), et bien entendu la "Belle", douce et fragile qu'il faudrait voir à protéger d'un univers proche du chaos. 
Le cinéma britannique a toujours su dépeindre avec maestria l'âpreté d'un quotidien rendu morose par le chômage, la maladie et l'infamie humaine. Pour son premier long-métrage, le comédien Paddy Considine (Blitz, Submarine), élève encore plus ce savoir-faire vers la perfection. Peter Mullan (tellement grand) et Olivia Colman se transcendent au profit d'un drame qui se hissera très haut dans le best of 2012 de DavidéoCiné.

Tyrannosaur : Allociné - IMDB - Wiki

Reservoir Dogs

Some Bitches - © D.R.
Une nouvelle ère. Premier volet de l'oeuvre en cours de l'ingénieux Quentin Tarantino, Reservoir dogs n'a rien d'un brouillon. C'est la cristallisation léchée du désir de tout cinéphile invétéré de passer de l'autre côté du miroir. A défaut d'argent, les idées sont décuplées et accouchent d'un savoureux résultat, véritable tournant dans le cinéma policier. Ou comment faire un film d'action... sans action. Des dialogues percutants à souhait, impertinents et futiles aussi mais tellement jouissifs; un casting mijoté aux petits oignons qui sert à la perfection des personnages névrotiques; une bande originale très Seventies qui évoquera toujours le film même encore dans 30 ans. Mais ces ingrédients ne suffiraient pas sans une matière première dense... un excellent scénario. Ici, il est irréprochable. 
Au final, l'association sobriété jamais timide et créativité agressive font de Reservoir dogs un film majeur de l'Histoire du polar. Ce talent de cinéaste sera plus que largement confirmé avec l'exceptionnel Pulp fiction puis le diptyque Kill Bill. A savourer sans modération.

Article publié le 22 octobre 2006 sur davideo.blogs.allocine.fr.

jeudi 6 décembre 2012

La part des Anges

Film réalisé par Ken Loach (Grande-Bretagne)

Des Écossais habillés en Écossais - © Prokino Filmproduktion
Interprètes :

Sortie France : 27 juin 2012
Sortie Blu-Ray : 5 novembre 2012

Micro-critique :
Le dernier pour la route. Autant le dire franco, il s'agit là d'un exercice mineur dans la filmographie de Ken Loach. Etant inenvisageable de dire du mal de ce bon vieux Ken, qui nous a tout de même offert quelques-unes des plus brillantes et touchantes peintures de la société britannique (par où commencer de Ny Name is Joe, Sweet sixteen, Raining stones, Looking for Eric à la palme d'Or Le vent se lève ?), on défendra cette "intriguette" de comptoir par l'envie qu'elle déclenche de s'envoyer un p'tit whisky de dix-huit ans d'âge.
  La part des Anges (The Angels' Share) - Allociné - IMDB - Wiki  

mercredi 5 décembre 2012

Perfect Sense

Film réalisé par David MacKenzie (Grande-Bretagne)

© Pretty Pictures

Interprètes :

Sortie France : 28 mars 2012
Sortie Blu-Ray : 7 août 2012

Micro-critique :
L'Empire des Sens. Délesté de la vanité de Contagion et de l'hermétisme de Blindness, qu'il remplace par une poésie... sensitive, tour à tour furieuse, folle, fringante ou inquiétante, ce "sens parfait" éprouvé par une pandémie inexpliquée est tout bonnement beau. Eva et Ewan, tous deux remarquables, passent (et nous font passer) par tout un tas de sentiments et sensations qui fera vaciller leur(s) bon(s) sens.

  Perfect Sense : Allociné - IMDB - Wiki  

Une vérité qui dérange

Al Gore, le Terrien.
Notre planète part en sucette, chacun est censé le savoir. Après s’être frotté à cette Vérité qui dérange, nul ne pourra plus dire qu’il n’était pas informé. Davis Guggenheim, jusqu’ici réalisateur de séries TV, glisse sa caméra dans les salles de conférence américaines où Al Gore, l’ancien vice-président de Bill Clinton et rival démocrate de George W. Bush lors des dernières élections US, disserte sur le problème essentiel du réchauffement de la planète. Il en évoque les différentes causes naturelles et humaines qui accélèrent un processus inquiétant. 
Ce documentaire sérieux est argumenté de nombreuses statistiques éloquentes, mais son approche est trop technique pour sensibiliser le large public (chaque habitant de la Terre) qu’il vise. Et surtout, il manque de propositions concrètes pour tenter d’endiguer le mal. A méditer toutefois. Souhaitons aussi que politiques et industriels y prêtent attention. Bien-sûr...

Article publié le 15 janvier 2007 sur davideo.blogs.allocine.fr.

lundi 3 décembre 2012

The Man from Earth

Film réalisé par Richard Schenkman (Etats-Unis)


photo : mondesetranges.fr

Interprètes :

Sortie France : non distribué (produit en 2007)
Sortie DVD/Blu-Ray : 5 juillet 2011

Micro-critique :
L'Homme qui valait trois milliards. Pouvez-vous imaginer quelle serait votre réaction si votre meilleur ami, ou votre père, annonçait qu'il avait plus de 14000 ans, soit qu'il avait traversé les siècles de l'Âge de pierre à aujourd'hui ? Certainement pas. C'est pourtant la situation plus qu'ubuesque qui est exposée au travers d'un huis-clos entre amis exclusivement disert et, a contrario du pitch, tout à fait cohérent. Un discours simple et littéraire non dispensé d'une petite dose de rebondissements.
The Man from Earth (Jerome Bixby's The Man from Earth) : Allociné - Wiki

Severance

© La Fabrique de Films
C’est peut-être pour rétablir une certaine morale que le réalisateur Christopher Smith a choisi que ses personnages issus d’une société de vente d’armes soient les appâts humains à une bande de maquisards sanguinaires et bien armés, eux. Histoire de renforcer leurs liens au sein de l’entreprise, ils se rendent, le temps d’un week-end, dans un gîte d’une forêt hongroise. Prétexte acceptable à une boucherie qui se distingue par son aspect à la fois terrifiant, sarcastique et drôle. Si les exécutions, loin de toute parodie, sont impitoyables (merci pour la scène du sous-sol !), certaines situations sont, à l’opposé, très cocasses (jambe et tête coupées, les filles dans le trou, le coup du bazooka). Le tout est habilement ficelé et ne pêche ni par d’hâtifs raccourcis ni par manquements scénaristiques. Malgré le choix d’un double jeu épineux, Severance reste donc cohérent et accrocheur. 
Après l’angoissant Creep en 2005 qui livrait une femme aux horreurs nocturnes du métro londonien, Smith se fait un spécialiste du film d’épouvante moderne : imaginatif sans être révolutionnaire mais hyper efficace. Conseillé.

Article rédigé et publié le 18 janvier 2007 sur davideo.blogs.allocine.fr.