vendredi 21 juin 2013

Xtrékulte : Des Vents contraires (2011)

"Nouveau rap ou "vieux rap" ? De ce débat furtif et bon enfant entre Benoît Magimel et un gamin dans le drame Des Vents contraires, l'acteur-réalisateur Jalil Lespert tranche résolument en faveur du Old School à la française en nous offrant cette joyeuse séquence musicale où Ramzy s'offre un ultime moment de répit (c'est rien de le dire) en se tortillant généreusement, serviette autour de la taille, sur l'inamovible Qu'est-ce qu'on attend ? de NTM. De quoi se mettre en jambe pour cette soirée de Fête de la musique. Enjoy.

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mardi 4 juin 2013

Xtrékulte : En cloque, mode d'emploi (2007)

T'es en école de ciné, t'as deux-trois idées sympas de comédie mais tu sais vraiment pas comment commencer ton film ? Pas un problème. Fais confiance au maître du sujet en prenant la leçon de Judd Apatow. Avec le générique d'ouverture de En cloque mode d'emploi (Knocked up pour le titre original plus punchy) sorti en 2007, le réalisateur de 40 ans : mode d'emploi alpague son public avec l'implacable stratagème du son monstrueux accompagnant une séquence déjantée. D'emblée, les notes Hip Hop du monumental Shimmy shimmy Ya signé Ol Dirty Bastard transcendent les pitreries juvéniles et enfumées de losers magnifiques emmenés par Seth Rogen (The Green Hornet) et Jason Segel (le Marshall de How I Met Your Mother). Vous pouvez bouger la tête.

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lundi 27 mai 2013

La Graine et le Mulet

La Vie d'Adèle venant tout juste de remporter la Palme d'or du festival de Cannes, son réalisateur Abdellatif Kechiche peut être considéré comme Champion du monde de cinéma 2013. D'autant qu'une unanimité a priori incontestable semble protéger son film. En 2007, cette forme de plébiscite avait déjà accompagné son troisième long métrage : La Graine et le mulet. A un avis près... 

De la tendresse entre Habib Boufares et Hafsia Herzi

[CRITIQUE PUBLIÉ LE 11/10/2008 SUR DAVIDEO.BLOGS.ALLOCINE.FR]

Lions et agneaux. Abdellatif Kechiche est un metteur en scène comblé. En seulement trois films auréolés d’une quarantaine de récompenses cumulées, il bénéficie d'un soutien unanime des professionnels de la profession, de la presse et à un degré moindre du public. Phénomène rare et a priori extravagant. Doit-on alors crier au génie? Sur le papier ça parait inévitable. Sur le terrain, ça a été fait. Souvenez-vous le l'éloquence de Sara Forestier, la jeune actrice de L'esquive, qui revendiquait avec excentricité le génie de son réalisateur après avoir reçu sa statuette lors de la cérémonie des César en 2005. Auparavant Kechiche s'était fait remarquer à la Mostra de Venise en 2001 pour son premier film, La faute à Voltaire, avant donc que L’esquive ne décroche la timbale aux César (film, réalisateur, scénario, espoir féminin). Sans connaissance empirique de ces deux premiers longs que je n'ai toujours pas vus, ma position reste suspendue, mais je demande à voir; le médiocre résultat de L'esquive au box-office (135000 entrées) n'étant pas un critère de valeur étant donné le sujet du film sans doute repoussant pour le plus grand nombre. 
Revenons à l'objet de cet article. Les trophées raflés par La graine et le mulet sont encore plus nombreux et prestigieux (razzia identique à L'esquive aux César 2008, Prix Louis-Delluc, Prix spécial du Jury à Venise) et les louanges extraordinaires (meilleur film de l'année 2007 pour le magazine Première - et peut-être d'autres encore - ainsi que selon les critiques presse sur Allociné). Comment expliquer ce succès (toujours modeste au box-office avec à peine 1 million d'entrées) qui semble imposer un souffle décapant et une forme de récit nouvelle? J'avancerais que la première grande et louable réussite de Kechiche concerne la description subtile, objective et sans prosélytisme qu'il fait de la famille issue de la communauté arabe, la sienne (il est d'origine tunisienne). Autant par ses défauts (les commérages, les rancœurs, l'adultère), que ses qualités (la fraternité générale), cette famille sétoise est représentative même si le rapport à la religion est occulté. Elle est également de son temps et moderne, aussi bien par ses bons que ses moins bons aspects (des Français "de souche" intègrent la famille, les parents sont divorcés, le père a en quelque sorte refait sa vie, chacun contribue ou cherche sa place dans la société, l'esprit d'entreprise est un moteur). Kechiche a également la capacité à tirer le meilleur de ses comédiens, ou plutôt de ses comédiennes - Habib Boufares, alias Slimane, acteur de circonstance non professionnel est aussi déprimant dans l'adversité que les réjouissances - qui nous gratifient de quelques performances mémorables (je pense évidemment à la danse du ventre endiablée de la césarisée Hafsia Herzi, mais aussi à la virulence générale de Faridah Benketache et à l'hystérie d'Alice Houri en jeune mère trompée). Le cinéaste assoit par ailleurs un contexte social et relationnel lourd par quelques scènes puissantes (Hafsia Herzi bousculant sa mère pour la convaincre d'aller à l'inauguration, Alice Houri déversant sa rage sur Slimane).

A contrario, passé le premier quart d'heure où les difficultés professionnelles du vieil anti-héros désespéré Slimane sont plantées, Kechiche nous inflige une heure durant laquelle une succession de situations aussi interminables que cinématographiquement inconcevables, ont un caractère rédhibitoire quant à la valeur globale du film. Si la scène où Slimane arrive chez sa fille Karima - laquelle se bat pour que sa fille fasse pipi sur le pot - est une introduction à l'importance des liens qui unissent certains membres de la famille, il n'était pour autant pas impératif de nous imposer des discussions superfétatoires et inintéressantes sur les couches-culottes et l'éducation personnelle des enfants. Mais cette banalité est infime en comparaison au déjeuner chez la mère autour d'un couscous où les sujets sont d'une platitude déconcertante. C'est un peu comme si les reporters de Strip-tease, l'ancienne émission culte de France 3, étaient venus poser leur caméra sur le buffet de la salle à manger pour filmer le repas de famille dominical. Vous pouvez imaginer à quel point c'est passionnant. Kechiche se simplifie ensuite la tâche par des ellipses temporelles assez balaises (la transition entre l'inactivité de Slimane et le projet d'ouverture du restaurant est éclipsée, tout comme les aléas intrinsèques à sa concrétisation) afin d'éviter que le film ne dure cinq (mortelles) heures, et met en place une forme d'intrigue inédite n'impliquant aucune conséquence vitale potentielle. Les enjeux sont donc très relatifs (Le couscous sera-t-il prêt à l'heure? Mais où est passé Karim?). Ouh la la, quel suspens! Et quand les gamins de la cité piquent la mobylette de Slimane, ce qui est fâcheux, c'en est plus drôle que navrant. Finalement, quel aurait été l'avis général sans cette conclusion motivée par la volonté de faire sensation? Sans doute pas aussi dithyrambique alors qu'un autre choix, plus conventionnel, aurait pourtant mieux convenu. Globalement poussif et rarement enthousiasmant, La graine et le mulet doit prendre place non pas au sommet de l'Olympe mais plus certainement parmi la multitude de films perfectibles et surcotés.

mardi 9 avril 2013

Belmondo le Magnifique et ses 80 bougies

La planète cinéma sait que ce 9 avril 2013 est une date toute particulière. C'est aujourd'hui et aucun autre jour possible que la planète cinéma se doit de souhaiter un joyeux anniversaire... à JEAN-PAUL BELMONDO qui fête ses 80 printemps
En cette si belle et fringante occasion, DavidéoCiné republie l'article qu'il avait consacré le 13 mai 2008 (sur http://davideo.blogs.allocine.fr) à cette icône intergénérationnelle, figure de proue d'un cinéma populaire de qualité enracinée dans l'histoire de son Art.

Cet hommage de coeur et de raison suggérait d’établir le Top 10 de vos films favoris avec Belmondo. Il est toujours possible et fortement recommandé d'étayer ce scrutin par vos votes (en commentaire).

Alors que Bébel doit prochainement réapparaître sur grand écran dans Les Bandits manchots de son acolyte historique Claude Lelouch, chantons-lui un : "Joyeux anniversèèèèère Jean-Paul, joyeux anniversèèèèèère Jean-Paul, ..."

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, je dédouble ma pensée et adresse une seconde dédicace à un jeune poto qui fête aujourd'hui ses 10 ans. Elio, excellent anniversaire mon bonhomme ! 


"Jean-Paul Belmondo, ou la genèse d'une passion"
Bébel le fou

Me vient à l’esprit que ça fait pas loin de 30 ans que m’est apparue cette ferveur pour le cinéma (putain 30 ans!!). Et je m’interroge sur l’origine de cet engouement sans modération qui, chez beaucoup, naît d’un choc cinématographique (après avoir vu Il était une fois dans l'ouest, Orange mécanique ou Taxi driver par exemple). Chez moi, c’est plutôt un large appétit à dévorer des films qui alimente ma passion depuis mon enfance. Un élément déclencheur fut toutefois au départ de tout ça. Nous approchons de la fin des années 70 et ma môman m’emmène au cinéma pour les premières fois de ma vie (merci m’man!). C’est là que les exploits d’un certain Jean-Paul Belmondo ont titilllé mon plaisir visuel de gamin. Tout y passait : cascades à outrances et sans filet, "toc-toc badaboum c’est moi", gros flingues, p’tites pépés qui tombent sous le charme façon James Bond, coups de boule disco, caleçon à cœur, etc. Le bonheur. C’était l’époque du Guignolo, L'as des as, Flic ou voyou, Le professionnel, Les morfalous et j’en passe. En ces temps révolus, Belmondo a plus de quarante piges et façonne son image de dur au grand cœur avec, cependant, une destinée parfois peu enviable de ses personnages. Il cartonne au box-office, est hyper populaire mais également souvent décrié pour le stéréotype de ses rôles. L’homme reste honnête et simple, se fait plaisir et ravit son public. "Ce mec doit sans doute être l'ancêtre des Sylvester Stallone ou Vin Diesel" pourraient avancer les non initiés.
Oh que non, il est bien plus complet que ça. Car il faut regarder dans le rétroviseur et ne pas omettre que le bonhomme a débuté une carrière - exceptionnelle - depuis la fin des années 50 et insufflé à la Nouvelle Vague son charisme et sa décontraction. Avant de sortir ses gros muscles de macho (époque Georges Lautner), Belmondo avait évolué dans tous les registres et sous la direction des plus grands réalisateurs français (Marcel Carné, Jean-Luc Godard, René Clément, François Truffaut, Claude Chabrol, Henri Verneuil, Jean-Pierre Melville, Louis Malle, Robert Enrico, Claude Sautet, Claude Lelouch, Gérard Oury, Philippe de Broca) et parfois internationaux (Vittorio de Sica, John Huston).

Baisé par J.Seberg dans le mythique A bout de souffle

Il a par conséquent largement œuvré à la renommée du cinéma hexagonal des années 60-70, et tourné auprès des meilleurs comédiens ; Bourvil, Jean Gabin, Lino Ventura, Alain Delon, Charles Vanel, Bernard Blier, etc., et des plus belles et grandes actrices: Jeanne Moreau, Catherine Deneuve, Sophia Loren, Claudia Cardinale, Jean Seberg, Raquel Welsh, Ursula Andress, Jacqueline Bisset, etc. Excusez du peu. Et je ne m’attarde pas sur son triomphe, plus récent celui-là, au Théâtre, ni sur son sacre du meilleur interprète aux César 1989 pour Itinéraire d'un enfant gâté. Incontestablement, il est et sera à jamais une icône de notre patrimoine culturel.

Aussi, et en attendant de revoir prochainement l’idole sur grand écran dans le film de Francis Huster, Un homme et son chien, je vous propose le Top 10 de mes films préférés avec JPB. Il est temps d’accorder enfin cet hommage avant que ce type d’éloges n’ait une connotation nécrologique chagrinante. Il faut en effet rappeler que le gaillard, 75 ans à ce jour, se remet de sérieux problèmes de santé et n’avait plus tourné depuis 2000 et l’adaptation TV de L'aîné des Ferchaux."


Les films avec Jean-Paul Belmondo
préférés de DavidéoCiné



Cent mille dollars... pour le casting du siècle
      1. Cent mille dollars au soleil
      2. Borsalino
      3. Un Singe en Hiver
      4. Le Magnifique
      5. Le Doulos
      6. A bout de souffle
      7. La Sirene du Mississippi
      8. Classe tous risques
      9. Les Tribulations d'un Chinois en Chine
      10. Le Professionnel


Les films avec Jean-Paul Belmondo
préférés des internautes
Le Magnifique, hilarante parodie des films d'agents secrets
      1. Le magnifique (72 points, 4 fois 1er)
      2. Un singe en hiver (72, 2)
      3. Borsalino (70, 2)
      4. L'homme de Rio (60, 1)
      5. Cent mille dollars au soleil (56, 1)
      6. Le professionnel (47, 1)
      7. A bout de souffle (38, 1)
      8. Le doulos (38)
      9. Pierrot le fou (37)
      10. Peur sur la ville (33)
      11. La sirène du Mississippi (30, 1)
      12. Le corps de mon ennemi (29)
      13. L'as des as (27, 1)
      14. L'aîné des Ferchaux (25, 1)
      15. Itinéraire d'un enfant gâté (22)
      16. L'héritier (20)
      17. Le casse (17)
      18. Léon Morin prêtre (17)
      19. Les mariés de l'An II (17)
      20. Une femme est une femme (15, 1)
      21. Classe tous risques (14)
      22. Stavisky (14)
      23. Cartouche (13)
      24. La scoumoune (13)
      25. Flic ou voyou (13)
      26. Les tribulations d'un Chinois en Chine (10)
      27. Week-end à Zuydcoote (10)
      28. Le cerveau (9)
      29. Un nommé La Rocca (9)
      30. 1 chance sur 2 (6)
      31. L'animal (5)
      32. Le voleur (4)
      33. Joyeuses Pâques (2)
      34. L'incorrigible (1)

16 VOTANTS PROVISOIRES

Tietie007, Fuck, Collyre, Môman, VincentLesage, Al001, Pascale, Goodfeles, Snifff, Cinéberry, Selenie, kschoice, Dorothy, Dornberger et Renaud Soyer.

LES VOTES SONT PERMANENTS

samedi 30 mars 2013

L'Odyssée de Pi

Film réalisé par Ang Lee (USA)

Piscine sur la mer : ça fait beaucoup d'eau

Interprètes :

Sortie France : 19 décembre 2012

Seul(s) (two) au MondeHistoire de Pi, le roman du Canadien Yann Martel faisait partie de ses œuvres précédées d'une réputation maudite quant à leur adaptabilité au cinéma. Des réalisateurs comme M.Night Shyamalan (Incassable), Alfonso Cuaron (Les fils de l'homme) et Jean-Pierre Jeunet (qui s'était fortement investi mais ne put le tourner pour raisons budgétaires) s'y étaient cassé les dents. Réaliser L'Odyssée de Pi semblait bien être un écueil : transposition de la spiritualité du héros, tournage de longues et nombreuses séquences sur l'eau, collaboration étroite et essentielle avec des animaux sauvages. Confié à un Monsieur comme Ang Lee, le projet pourrait réussir. L'iconoclaste et polyvalent réalisateur taïwanais (Raison et sentiments, Tigre et dragon, Hulk) en a fait un conte fabuleux.
"Piscine Molitor & Richard Parker", titre certes moins épique, aurait été tout aussi charmant pour illustrer cette extraordinaire histoire d'un jeune Indien échoué au milieu de l'océan avec pour seule compagnie un tigre. Il aurait également suggéré cette relation unique et primordiale entre l’homme et l'animal. Une relation empreinte de rivalité mais aussi de soutien prenant tout son sens dans le contexte extrême dans lequel se trouvent nos protagonistes. Les craintes, attentes ou espoirs placés par Pi en Richard (c'est le prénom du tigre, génial) pour sa (leur) survie sont bouleversants et mis à mal par l'imprévisibilité de la bête et des événements. Cette moitié du film passée à deux est ainsi très surprenante et parfaitement structurée. Magique.
Outre la beauté des plans marins (et sous-marins) comme de la parenthèse enchantée sur l'île, la réussite de ce récit, qui a justement récompensé son metteur en scène de l'Oscar hollywoodien il y a quelques semaines, réside dans son approche de la foi raisonnée de son jeune héros. Comme n’importe quel gamin, Pi s'éveille au monde, s'interroge, s'expose à certaines épreuves. Il forge sa propre spiritualité au contact de différentes croyances, différents dieux, différents points de vue, différentes expériences. Il n'est jamais question de fanatisme, et encore moins de prosélytisme, mais simplement de liberté et de droit à penser, inventer et ré-inventer. Tout cela dans une absolue limpidité. C'est superbe. Dites, c'est possible d'inscrire un film au patrimoine mondial de l'humanité ?

CLASSEMENT 2012
Au 29 mars, L'Odyssée de Pi se classe 2e sur 85 films (Tout 2012)

LIENS EXTERNES
L'Odyssée de Pi (The Life of Pi) sur Allociné - IMDB - Wikipédia

mardi 26 mars 2013

Moonrise Kingdom

Film réalisé par Wes Anderson (USA)
Le jardin de Wes Anderson : naturellement étonnant
Interprètes :

Sortie France : 16 mai 2012
Sortie Blu-Ray : 25 septembre 2012

Scout toujours. L'univers pastel de Wes Anderson, construit autour de personnages loufoques, tribulations gentillettes et pérégrinations dépaysantes est unique et reconnaissable à chaque plan et instant. Cet univers a pu faire rire (La famille Tenenbaum), sourire (La Vie aquatique) puis ennuyer (A bord du Darjeeling Limited). Pour n'avoir pas vu Rushmore, son premier long métrage, je ne pourrais avancer que ce déficit d'inspiration va crescendo avec la chronologie de ses réalisations. Cela dit, si Moonrise Kingdom revêt son traditionnel atour de pochette surprise d'où vous sortirez en vrac griefs familiaux bénins, découvertes sentimentales adorables, querelles de "gangs" superficiellement douloureuses et tribulations douces et bénignes, il ne stupéfait plus tout à fait. Le spectateur sera à peine étonné ou simplement déférent.
Charge supplémentaire un peu plus lourde à son encontre (et finalement en faveur du renouvellement du cinéaste), cette comédie - qui peut toutefois offrir un certain plaisir à contempler un Bruce Willis en petit flic démuni et quasi pacifiste (si ça c'est pas un total contre emploi) ainsi qu'un Edward Norton sapé en gastronome en culotte courte - intervient juste après la réalisation d'Anderson la plus aboutie car drôle, rafraîchissante et intelligente : Fantastic Mr. Fox (pour lâcher un p'tit "chef d'oeuvre", c'est maintenant). Bon nombre des heureuses ficelles de ce précieux joyau d'animation sont ici reprises : la fuite des protagonistes et donc la traque par leurs "prédateurs", les dialogues smarts et percutants, les plans musicaux, les cartographies plein écran. Un peu fatigué quand même le monsieur.

CLASSEMENT 2013
Au 26 mars, Moonrise Kingdom se classe 36e sur 83 films (Tout 2012)

A LIRE SUR DAVIDEOCINE
Critique : A bord du Darjeeling Limited 

LIENS EXTERNES
Moonrise Kingdom sur Allociné - IMDB - Wikipédia 

lundi 25 mars 2013

A bord du Darjeeling Limited

Schwartzmann - Brody - Wilson : les trois frères.

Akoibon. Question à dix centimes. Qui a écrit à propos de A bord du Darjeeling Limited qu’il est le "film le plus cohérent, le plus drôle, le plus chaleureux (…)" que Wes Anderson ait réalisé à ce jour. Tic tac, tic tac… réponse : mon magazine de cinéma historique (le plus lu en France) que je ne vais pas dénoncer ici (tiens, et pourquoi d’ailleurs?) mais vais devoir envisager de renier. Car cet éloge vient dans un premier temps atténuer la portée comique et pittoresque de La famille Tenenbaum (2002) - et son tableau inventif de personnages plus excentriques les uns que les autres - ainsi que l’aspect totalement loufoque et décalé du nettement moins bon La vie aquatique (2005). Secondo, mais détrompez-moi si je fais fausse route, à quel moment il fallait rire? Et quelle chaleur se dégage de ce trio de frangins que le sens de la vie et de la famille divisent infailliblement? Personnellement, j’ai patienté pendant l’heure trente du film jusqu’au moment où Wes Anderson allait enfin prendre le contre-pied que l’on était en mesure d’attendre. En vain. Le contexte (un road-movie ferroviaire) et les habitudes du réalisateur étaient pourtant favorables à une liberté d’expression et de situations burlesques : trois frères aux parcours et personnalités opposés se retrouvent dans un train indien qui doit les mener jusqu’à leur mère (trop rare Anjelica Huston) recluse sur les contreforts de l’Himalaya. Ils espèrent ainsi soigner leurs cicatrices (au sens propre comme au figuré) et ressouder des liens ébranlés que la mort du père a stigmatisés. Mais les rares scènes vraiment cocasses sont vite avortées par le ton et l’état mélancoliques, voire dépressifs, des protagonistes. Ceci n’altère en revanche pas la qualité de jeu du trio Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman.
Je ne retiendrai, et c’est bien peu, que le délice visuel des scènes au ralenti où Adrien Brody, devançant l’éphémère Bill Murray, puis plus tard avec les autres, court derrière le train. Ça ressemble à un héron qui s’exercerait au patinage artistique. Majestueux. Pour le reste, le désert…

Article publié le 30/03/2008 sur davideo.blogs.allocine.fr

NDLA : le magazine cinéma en question était l'insipide et obsolète PREMIÈRE

dimanche 24 mars 2013

Cloud Atlas

Film réalisé par Tom Tykwer, Larry/Lana et Andy Wachowski (USA)

Halle&Tom totalement à l'ouest dans le cosmos nébuleux de Cloud Atlas

Interprètes :


Sortie France : 13 mars 2013

Micro-critique :
Une Vérité qui dérange. Tape-à-l’œil et racoleur dans sa mise en scène, faussement ambitieux et trompe-l’œil dans son contenu, chapardeur de concepts forts qu'il insensibilise (cf. Blade Runner, Soleil vert, voire  Matrix de cette même fratrie Wachowski qui a donc bien su, un jour, créer et inventer avec une caméra et des ordinateurs), et par conséquent incapable de suggérer la moindre émotion (et c’est un euphémisme), Cloud Atlas représente ce que le cinéma peut produire de plus factice. Il ne dupera qu’un public impressionné par son montage ultra complexe et des images spectaculaires. La beauté inaltérable de Halle Berry n’y change évidemment rien. Alors soyons sages, arrêtons avec les superlatifs du genre « chef d’œuvre » pour un aussi grotesque mensonge.

Pour mémoire, voici ce qui apparaît à la ligne "chef d'oeuvre" de mon Petit Larouse illustré :
- La plus belle oeuvre d'un écrivain, d'un artiste;
- Oeuvre d'Art particulièrement accomplie;
- Ce qui est parfait en son genre.
Pour ce qui nous intéresse ici, le 7e Art, j'y accolerais comme exemples Metropolis, 2001 : l'Odyssée de l'espace ou Le Parrain. A l'opposé, Cloud Atlas irait très bien.

CLASSEMENT 2013
Au 23 mars, Cloud Atlas se place 6e sur 7 films vus (Tout 2013)

LIENS EXTERNES
Cloud Atlas sur : Allociné - IMDB - Wiki 
A lire sur ASBAF.fr, une critique lucide de Cloud Atlas que j'admire beaucoup

mercredi 13 février 2013

Flight

Film américain réalisé par Robert Zemeckis

Une fois n'est pas coutume, Denzel prend l'eau © Paramount Pictures

Interprètes :

Sortie France : 13 février 2013

Critique :
INTERVENTION DIVINE. Alors là, franchement, on ne va pas bouder les quarante premières minutes virtuoses qui dépoussièrent le film catastrophe (d'avion) de sa désuétude très Seventies grâce à l'efficace et incontestable savoir-faire de Robert Back to the futur "Forrest Gump" Zemeckis. Une entame tonitruante qui a le double avantage de nous présenter également un Denzel Washington en grande forme (même bourré puisqu'il sera beaucoup question de grosses bitures) et toujours aussi impressionnant pour transcender un personnage qui  passe ici par tous les états (génialement lucide pour éviter le crash, minable dans ses fulgurances alcoolisées, colérique ou merdeux face au révélateur de ses égarements). L'ancien Malcolm X ne sera d'ailleurs forcément pas loin de sa seconde statuette majeure lors de la prochaine nuit des Oscars.
En dépit de ces atouts qui auraient pu suffire à faire de cette reconstitution un très bon divertissement de studio dans lequel la présence d'un John Goodman survitaminé vu que cocaïné se fait le reflet un peu trop semblable au Winston Wolf (alias Harvey Keitel) de Pulp fiction, Flight est une offense à l'intégrité laïque et empirique de chacun. Prenant le spectateur pour une brebis égarée qu'il faut ramener dans la maison de Dieu, Zemeckis tourne globalement un insupportable spot de campagne de recrutement de l'église catholique. Le seul monument endommagé par la chute de l'appareil est le clocher d'une chapelle ; un sacrilège pour lequel l'affreux pilote ivre devra payer et finir par réparer. En se ralliant définitivement et totalement à une foi suprême, de préférence. Dans ce chemin (de croix bien sûr) qui peut dévorer toute initiative personnelle, le salaud de noir ivrogne aura été généreusement guidé vers la rédemption par de bons chrétiens (cf. les illuminés tels le cancéreux et le co-pilote rescapé). Des bondieuseries toujours plus insupportables et incompatibles avec toute sagesse.

mardi 12 février 2013

Inside Man

Denzel & Jodie © United International Pictures
L'art du braquage. Cet Homme de l’intérieur (comme il est vilainement énoncé en France) est sans doute le plus hollywoodien des films du New-Yorkais Spike Lee. Il reprend habilement le thème du braquage et son cortège de rengaines : siège de la banque, otages terrorisés, roublardise de la police et méticulosité des assaillants. Cependant, Spike se démarque du happy-end habituel en optant subtilement pour la réussite de l’entreprise de son bien éduqué malfaiteur (solide Clive Owen), à peine perturbé par les velléités du trop élégant représentant de l’ordre incarné par Denzel Washington. C’est bien sûr immoral pour les plus conservateurs, alors quand le voleur se fait un point d’honneur à vouloir balancer le terrible passé du notable banquier qu’il pille, le film redevient acceptable et donc sans vagues.
L’ensemble demeure homogène et agréable à voir mais ne restera évidemment pas dans la filmographie la plus subversive du réalisateur de Malcolm X, qui n’a peut-être pas eu ici la même liberté d’action qu’à l’accoutumée.

Article publié le 28/10/2006 sur http://davideo.blogs.allocine.fr/

jeudi 24 janvier 2013

Django unchained

Film réalisé par Quentin Tarantino (USA)


Interprètes :

Sortie France : 16 janvier 2013

Critique :

AMOUR. Dans Kill Bill, Quentin Tarantino avait subrepticement caressé le western. Notamment avec la bande son. Pour celui qui fut cinéphage bien avant d'être cinéaste, consacrer un long métrage à ce genre cinéphile (s'il en est) a toujours résonné comme une évidence. Django unchained, le projet, en était l'appétissante tartelette aux framboises ; Django unchained, le film, en sera in fine la pièce montée : soit l'éclatante démonstration de ce qu'il devait réaliser de plus prestigieux, in memory des Corbucci, Leone et consorts.

Après Inglourious Basterds où il réglait quelques comptes avec ces enculés de nazis, le réalisateur de Jackie Brown se frotte cette fois les mains à aller taquiner de l'esclavagiste, une population longtemps et étonnamment épargnée par le monde du 7e Art. Si le cinéma de QT n'est pour autant en rien politique, son film comporte ce grain de charme humaniste qu'on ne saurait point lui reprocher dans cette quête d'affranchissement de la négritude - le côté Blaxploitation du gars - (gageons que Spike Lee ne me tiendra pas rigueur de l'utilisation de l’étymologie "niggaz"), qui vient asséner un bon coup de glaive dans la balance de la justice.
Mais alors que c'est un esprit de vengeance jusqu'au-boutiste qui habitait les protagonistes d'Inglourious Basterds perdus au coeur de la Seconde Guerre mondiale, le levier des motivations de son héros noir libéré et de son mystérieux libérateur germanique est encore plus indiscutable et magnifique car il terrasse la haine. C'est un Graal autrement plus précieux que le trésor hypothétique de Sad Hill convoité par le trio de crevards dans Le bon, la brute et le truand, et tout simplement évident, qui ouvre toutes les perspectives possibles de risques, facéties et déferlement de violence. Si vous êtes attentifs à ce que j'ai écrit dès le début, vous avez saisi depuis plusieurs lignes qu'il est bel et bien question d'amûre... toujours l'amûre.
Cela dit, on va pas s'mentir, on est pas dans le dernier Haneke ni dans une comédie new-yorkaise. Car ça va chier et bien comme il faut, vu qu'avec ce sud boueux et cotonneux d'une Amérique période pré-guerre de Sécession peuplée de bougres et bourreaux en tout genre, Tarantino ne pouvait que s'adonner majestueusement à ce qui le caractérise : une créativité (pas qu'explosive) de chaque instant. Des joutes verbales et physiques toutes fraîches (je pense à l'énorme séquence du Shérif/Marshall, au dîner chez Candie), des perles d'humour mêmes juste visuelles (le choix de la tenue de Jamie Foxx pour sa première sortie d'homme libre), des fusillades frénétiques aux allures de ballets sanglants où la chair navigue sur un lit d'hémoglobine en cru, ou encore un bouquet final qui n'en est pas un puisqu'il en annoncera un autre (tiens, voilà une vraie nouvelle façon de faire de l'action et de justifier 160 minutes de bobines). Bref, c'est un récital minutieusement orchestré auquel nous assistons, généreusement crédules.
Un récital sublimé par des comédiens plus que parfaits et qui ont dû jouir de leur présence au casting. Allez, je vais aussi me laisser aller au plaisir  et si j'aime pas trop radoter, et bien là, je suis un peu forcé d'enfoncer derechef une porte ouverte : Leonardo DiCaprio est juste exceptionnel, avec ses allures de vieux baroudeurs du grand écran, sa verve enragée et son regard de plus en plus perçant et inquiétant, mais toujours charmeur. Christoph Waltz est fulminant dans sa fausse perfidie et ses sourires de complaisance tandis que la prestation de Samuel L. Jackson est distillée comme du bon lait grâce à ce rôle faste que lui a écrit Tarantino (un de plus après ceux de Jules, Ordell et Rufus dans les trois bombes que vous savez).

Alors vous pourrez toujours vous casser l'cul à chercher de quoi minimiser l'impact de cet électrochoc cinématographique rare. Et peut-être y trouveriez-vous quelques longueurs (à l'arrivée à la demeure de Candie?) et situations un poil too much (la théâtralisation des cagoules mal ajustées, la thèse-dissection du crâne), mais vous ne pourrez sérieusement que plébisciter cette huitième réalisation du metteur en scène de Pulp fiction, qui réussit à convertir les sceptiques à l'enthousiasme tout en enivrant ses aficionados. Plus que du spectacle. Rien de plus.

Django unchained : Allociné - IMDB - Wiki

de Quentin Tarantino sur Davidéociné :
Reservoir Dogs - Boulevard de la mort - Inglourious Basterds 

Grindhouse: Boulevard de la Mort

Kurt se serait-il mis le doigt dans l'oeil ? - © TFM Distribution

Un moment d’égarement. Reservoir dogs, Pulp fiction, Jackie Brown et enfin le diptyque Kill Bill. Waouh !! En une grosse décennie, Quentin Tarantino a inscrit quatre lignes majeures de l’histoire du cinéma de divertissement consistant et intelligent, s’inspirant des meilleures références du passé tout en écrivant un genre nouveau. Il s’est ainsi hissé seul au Panthéon des plus grands cinéastes sans équivoque ni faute de goût. Il semblait même pouvoir être un des rares à éviter l’accident de parcours (Coppola, Spielberg ou De Palma entre autres n’y ont pas échappé). 
Pourtant, à la vue de Boulevard de la mort on ne peut que constater la baisse significative de rythme et d’enthousiasme. Son inégalable cinéphilie - en l’occurrence des innombrables séries B des années 70 et antérieures (et de leur état d’esprit "Grindhouse" - a pris le pas sur sa créativité débordante, si bien que Boulevard de la mort est une œuvre bien trop personnelle, presque fanatique, pour être consensuelle. A épuiser le genre, Tarantino a fini par oublier la dose de piment nécessaire pour sortir du lot. Boulevard de la mort était donc en ce sens dispensable, à l’image des interminables discussions entre les bandes de copines qui, si elles rétablissent la parité avec celles que les Reservoir dogs nous proposaient en 1992, n’en demeurent pas moins aussi futiles (mais c’est voulu) que décourageantes. La course poursuite finale en voiture qui tenait tellement à cœur de son auteur (encore une lubie incontrôlée) n’est, si l’on prend la peine de faire preuve de discernement (c’est vrai que c’est difficile quand on a pour seule envie de se délecter d’un vieux "Quentin"), ni franchement impressionnante, ni crédible (référence ultime aux séries B ?). La présence de Kurt Russell (remis à son tour sur le devant de la scène comme John Travolta et David Carradine en leur temps) est bien sûr croustillante et son sort ironique, et Rosario Dawson est toujours aussi hot, mais les moments de jubilation ne sont que sporadiques. Fait chier, j’aurais jamais pensé un jour tailler un Tarantino. Mais mon intégrité était en jeu. Je suis sauf.

ARTICLE PUBLIE LE 26/10/2007 SUR DAVIDEO.BLOGS.ALLOCINE.FR.

dimanche 20 janvier 2013

2012 : Top 5 "Je suis déçu, mais déçu..."

C'est une loi fondamentale du jeu : une année de cinéma draine tout un flot de nanars, grands films et belles surprises. Aussi, elle nous affuble traditionnellement d'un cortège de désillusions bien enquiquinantes. 
Parce que celles-ci sont aussi marquantes que les meilleures rencontres, DavidéoCiné vous a concocté son Top 5 des plus grosses déceptions vécues au cours de l'année 2012.

Je précise que le classement de ces cinq films (qui va crescendo) ne reflète pas la valeur estimée de chacun d'eux, mais il correspond à un degré de déséquilibre plus ou moins conséquent entre l'attente et le résultat. Autrement dit, le n°1 est celui pour lequel ma déception fut d'autant plus grande que j'y avais placés de grands espoirs. Pour connaître le classement réel de ces "mauvais" élèves inattendus, rendez-vous sur la page spéciale 2012.


N° 5 - Cosmopolis 
de David Cronenberg (USA), sorti le 25 mai
parce que même si ça sentait d'emblée la vase, un film de Cronenberg
est toujours un événement, un choc. Là, non, du tout.


N° 4 - Le grand Soir 
de Gustave Kervern et Benoît Delépine (France), sorti le 6 juin
parce que hormis 2 ou 3 scènes (a)typiques mémorables,
la recette du duo "grolandais" n'est plus qu'insipide


N° 3 - Argo 
de Ben Affleck (USA), sorti le 7 novembre
parce qu'on ne peut pas impunément laisser saloper de
ficelles visuelles simplistes un sujet aussi complexe


de Jacques Audiard (France), sorti le 17 mai
parce que Audiard nous a dupés sachant qu'il avait déjà traité ce sujet
(en mieux) il y a dix ans avec Sur mes lèvres 


N° 1 - Prometheus 
de Ridley Scott (USA), sorti le 30 mai
parce qu'il est inacceptable que ce maître de la SF ait été aussi fainéant
et dénué d'imagination dans le clonage de son chef d'oeuvre Alien

samedi 19 janvier 2013

Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan

Sacha Borat, son look très kazakh et ses drôles de dames

A la manière du criminel-purificateur de C’est arrivé près de chez vous, un reporter kazakh s’entoure d’une équipe de tournage pour aller filmer les Etats-Unis. Ici point de violence mais la volonté maquillée en pastiche de faire découvrir le rêve américain aux habitants de son pays. Les coutumes primaires que Borat, alias Sacha Baron Cohen, véhicule tout au long de son périple initiatique sont hyper caricaturales, second degré, donc jamais nuisibles. Les gouvernements kazakhs et russes n’ont toutefois pas tardé à s’offusquer d’un tel parti-pris jugé outrancier (politiquement correct quand tu nous musèle !).
Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan est en réalité tout sauf une comédie grasse car il exacerbe les maux de notre monde (antisémitisme, racisme, misogynie, prosélytisme religieux, puritanisme) avec un talent désintéressé. Certaines scènes sont à se tordre de rire (la bagarre à poil, la poursuite de Pamela Anderson). Le tout pourrait bien en faire un film culte. 

Borat : Allociné - IMDB - Wiki 


ARTICLE PUBLIÉ LE 25/01/2007 SUR DAVIDEO.BLOGS.ALLOCINE.FR

World Trade Center

Exceptionnellement, Nic Cage fait le dur pour de bonnes raisons

Oliver Stone est un cinéaste engagé toujours partant pour balancer quelques pavés à la face du système américain, notamment sur la guerre du Viêt-Nam (Platoon, Né un 4 juillet) ou les démons politiques (JFK, Nixon). Humaniste avant tout, il opte ici pour l’hommage à ses concitoyens victimes des attentats du 11 septembre 2001. Noble implication au résultat respectueux qui évite toutes fantaisies patriotiques ou religieuses que certains détracteurs ont pourtant dénoncé. Les Américains sont croyants, c’est un fait, mais Stone n’en appelle aucunement à un douteux retour à la foi. Point de polémique donc.
World Trade Center n’est cependant pas un grand film. Il est vrai que le sujet nécessite de la simplicité et ne se prête guère à une grande liberté d’expression dans le style et le fond. Mais Stone insiste trop sur l’apitoiement (entre la vie et la mort les policiers coincés s’interrogent sur le sens de leur vie, les familles pleurnichent dans l’attente) qui nous fait trop facilement couler la larmichette. Aussi, le personnage du prêtre sauveteur ancien des Marines est quelque peu caricatural. Un soupçon de sobriété supplémentaire aurait rapproché le film du témoignage documentaire. Il ne faut toutefois pas en demander trop à l’industrie américaine du cinéma.

World Trade Center : Allociné - IMDB - Wiki
de Oliver Stone sur DavidéoCiné : Savages 

ARTICLE PUBLIÉ LE 10/01/2007 SUR DAVIDEO.BLOGS.ALLOCINE.FR

mercredi 16 janvier 2013

The amazing Spider-Man

Film réalisé par Marc Webb (USA)
La Belle et la petite Bête
Interprètes :

Sortie France : 4 juillet 2012
Sortie Blu-Ray : 7 novembre 2012

Micro-critique :
Ramener Le Seigneur des Anneaux de Tolkien ou l'oeuvre complète d'Emile Zola de leur gigantisme à un seul volume reviendrait vainement à tenter l'impossible, au risque certain - qui plus est - de dénaturer le sujet. A un degré moindre de grandeur et de difficulté, cette synthèse des aventures de l'homme araignée, par la schématisation extrême voire la caricature qu'elle propose dans l'évolution des personnages, l'exécution des séquences d'action et leurs liants est un bon gros camouflet. Mais d'une certaine manière seul le box-office dicte sa loi, et avec ses 2.5M d'entrées France...
Aussi, cette réalisation impersonnelle est un faire-valoir bien involontaire à la trilogie de Sam Raimi, quand bien même nous ne serions pas fans absolus de cette dernière. Le Spider-Man au faciès d'Andrew Garfield est trop désinvolte et ses vannes sont mal placées. Il avance bien trop souvent démasqué et n'égale pas la noirceur, même juvénile, de Tobey Maguire. Après l'insupportable Iron Man, c'est un nouveau Comic de bafoué. 

The amazing Spider-Man : Allociné - IMDB - Wiki 

mercredi 9 janvier 2013

Killer Joe

Film réalisé par William Friedkin (USA)

Matthew-Killer entreprend Juno-Dottie

Interprètes :

Sortie France : 2 septembre 2012
Sortie Blu-Ray : 13 février 2013

Micro-critique :
L'ULTIME SOUPER. S'il est envisageable que la valeur n'attende pas le nombre des années, William Friedkin prouve qu'elle se bonifie même avec. Historiquement excellent avec le genre policier (French Connection, Cruising, Police fédérale Los Angeles) et obnubilé par les thrillers domestiques horrifiques (L'exorciste, La nurse, Bug), le cinéaste pré-octogénaire a mélangé ses recettes notoires pour élaborer une pièce originale succulente se composant d'une intrigue éprouvée (un complot merdique pour éliminer un proche afin de toucher l'héritage) et de personnages gratinés. Ils sont majoritairement cradots sur eux et pis encore dans leurs actes (de la toujours pulpeuse bien que difforme Gina Gershon, au clone de Scharwzie Thomas Haden Chrich, jusqu'à l'imparable Emile Hirsch), par ailleurs cynique et inquiétant (M. McConaughey qui vit ces temps-ci la période la plus faste de sa carrière) et forcément aussi angélique grâce à la pauvre Juno Temple qui traverse cet univers bestial avec le même péril que le petit Chaperon rouge tentait de rallier à travers le bois infesté de vous-savez-qui la maison de sa mère-grand. Assaisonné de séquences étonnantes et parfois drôles, Killer Joe est le polar clé que l'on retiendra de l'année 2012.
Killer JoeAllociné - IMDB - Wiki