jeudi 24 janvier 2013

Grindhouse: Boulevard de la Mort

Kurt se serait-il mis le doigt dans l'oeil ? - © TFM Distribution

Un moment d’égarement. Reservoir dogs, Pulp fiction, Jackie Brown et enfin le diptyque Kill Bill. Waouh !! En une grosse décennie, Quentin Tarantino a inscrit quatre lignes majeures de l’histoire du cinéma de divertissement consistant et intelligent, s’inspirant des meilleures références du passé tout en écrivant un genre nouveau. Il s’est ainsi hissé seul au Panthéon des plus grands cinéastes sans équivoque ni faute de goût. Il semblait même pouvoir être un des rares à éviter l’accident de parcours (Coppola, Spielberg ou De Palma entre autres n’y ont pas échappé). 
Pourtant, à la vue de Boulevard de la mort on ne peut que constater la baisse significative de rythme et d’enthousiasme. Son inégalable cinéphilie - en l’occurrence des innombrables séries B des années 70 et antérieures (et de leur état d’esprit "Grindhouse" - a pris le pas sur sa créativité débordante, si bien que Boulevard de la mort est une œuvre bien trop personnelle, presque fanatique, pour être consensuelle. A épuiser le genre, Tarantino a fini par oublier la dose de piment nécessaire pour sortir du lot. Boulevard de la mort était donc en ce sens dispensable, à l’image des interminables discussions entre les bandes de copines qui, si elles rétablissent la parité avec celles que les Reservoir dogs nous proposaient en 1992, n’en demeurent pas moins aussi futiles (mais c’est voulu) que décourageantes. La course poursuite finale en voiture qui tenait tellement à cœur de son auteur (encore une lubie incontrôlée) n’est, si l’on prend la peine de faire preuve de discernement (c’est vrai que c’est difficile quand on a pour seule envie de se délecter d’un vieux "Quentin"), ni franchement impressionnante, ni crédible (référence ultime aux séries B ?). La présence de Kurt Russell (remis à son tour sur le devant de la scène comme John Travolta et David Carradine en leur temps) est bien sûr croustillante et son sort ironique, et Rosario Dawson est toujours aussi hot, mais les moments de jubilation ne sont que sporadiques. Fait chier, j’aurais jamais pensé un jour tailler un Tarantino. Mais mon intégrité était en jeu. Je suis sauf.

ARTICLE PUBLIE LE 26/10/2007 SUR DAVIDEO.BLOGS.ALLOCINE.FR.

2 commentaires:

  1. Bah merde... moi qui ai justement trouvé que Django n'avait rien de jubilatoire, j'avoue que je prends chaque fois un peu plus de plaisir devant Death Proof, l'un de mes Tarantino préféré... Un gros kiff quoi !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. DJANGO est absolument jubilatoire justement, et dans un autre registre et à des degrés moindres (scénar, enjeux, interprètes) Death proof l'est aussi tout de même.

      Supprimer

JE PENSE DONC J’ÉCRIS :