mercredi 13 février 2013

Flight

Film américain réalisé par Robert Zemeckis

Une fois n'est pas coutume, Denzel prend l'eau © Paramount Pictures

Interprètes :

Sortie France : 13 février 2013

Critique :
INTERVENTION DIVINE. Alors là, franchement, on ne va pas bouder les quarante premières minutes virtuoses qui dépoussièrent le film catastrophe (d'avion) de sa désuétude très Seventies grâce à l'efficace et incontestable savoir-faire de Robert Back to the futur "Forrest Gump" Zemeckis. Une entame tonitruante qui a le double avantage de nous présenter également un Denzel Washington en grande forme (même bourré puisqu'il sera beaucoup question de grosses bitures) et toujours aussi impressionnant pour transcender un personnage qui  passe ici par tous les états (génialement lucide pour éviter le crash, minable dans ses fulgurances alcoolisées, colérique ou merdeux face au révélateur de ses égarements). L'ancien Malcolm X ne sera d'ailleurs forcément pas loin de sa seconde statuette majeure lors de la prochaine nuit des Oscars.
En dépit de ces atouts qui auraient pu suffire à faire de cette reconstitution un très bon divertissement de studio dans lequel la présence d'un John Goodman survitaminé vu que cocaïné se fait le reflet un peu trop semblable au Winston Wolf (alias Harvey Keitel) de Pulp fiction, Flight est une offense à l'intégrité laïque et empirique de chacun. Prenant le spectateur pour une brebis égarée qu'il faut ramener dans la maison de Dieu, Zemeckis tourne globalement un insupportable spot de campagne de recrutement de l'église catholique. Le seul monument endommagé par la chute de l'appareil est le clocher d'une chapelle ; un sacrilège pour lequel l'affreux pilote ivre devra payer et finir par réparer. En se ralliant définitivement et totalement à une foi suprême, de préférence. Dans ce chemin (de croix bien sûr) qui peut dévorer toute initiative personnelle, le salaud de noir ivrogne aura été généreusement guidé vers la rédemption par de bons chrétiens (cf. les illuminés tels le cancéreux et le co-pilote rescapé). Des bondieuseries toujours plus insupportables et incompatibles avec toute sagesse.

mardi 12 février 2013

Inside Man

Denzel & Jodie © United International Pictures
L'art du braquage. Cet Homme de l’intérieur (comme il est vilainement énoncé en France) est sans doute le plus hollywoodien des films du New-Yorkais Spike Lee. Il reprend habilement le thème du braquage et son cortège de rengaines : siège de la banque, otages terrorisés, roublardise de la police et méticulosité des assaillants. Cependant, Spike se démarque du happy-end habituel en optant subtilement pour la réussite de l’entreprise de son bien éduqué malfaiteur (solide Clive Owen), à peine perturbé par les velléités du trop élégant représentant de l’ordre incarné par Denzel Washington. C’est bien sûr immoral pour les plus conservateurs, alors quand le voleur se fait un point d’honneur à vouloir balancer le terrible passé du notable banquier qu’il pille, le film redevient acceptable et donc sans vagues.
L’ensemble demeure homogène et agréable à voir mais ne restera évidemment pas dans la filmographie la plus subversive du réalisateur de Malcolm X, qui n’a peut-être pas eu ici la même liberté d’action qu’à l’accoutumée.

Article publié le 28/10/2006 sur http://davideo.blogs.allocine.fr/