samedi 30 mars 2013

L'Odyssée de Pi

Film réalisé par Ang Lee (USA)

Piscine sur la mer : ça fait beaucoup d'eau

Interprètes :

Sortie France : 19 décembre 2012

Seul(s) (two) au MondeHistoire de Pi, le roman du Canadien Yann Martel faisait partie de ses œuvres précédées d'une réputation maudite quant à leur adaptabilité au cinéma. Des réalisateurs comme M.Night Shyamalan (Incassable), Alfonso Cuaron (Les fils de l'homme) et Jean-Pierre Jeunet (qui s'était fortement investi mais ne put le tourner pour raisons budgétaires) s'y étaient cassé les dents. Réaliser L'Odyssée de Pi semblait bien être un écueil : transposition de la spiritualité du héros, tournage de longues et nombreuses séquences sur l'eau, collaboration étroite et essentielle avec des animaux sauvages. Confié à un Monsieur comme Ang Lee, le projet pourrait réussir. L'iconoclaste et polyvalent réalisateur taïwanais (Raison et sentiments, Tigre et dragon, Hulk) en a fait un conte fabuleux.
"Piscine Molitor & Richard Parker", titre certes moins épique, aurait été tout aussi charmant pour illustrer cette extraordinaire histoire d'un jeune Indien échoué au milieu de l'océan avec pour seule compagnie un tigre. Il aurait également suggéré cette relation unique et primordiale entre l’homme et l'animal. Une relation empreinte de rivalité mais aussi de soutien prenant tout son sens dans le contexte extrême dans lequel se trouvent nos protagonistes. Les craintes, attentes ou espoirs placés par Pi en Richard (c'est le prénom du tigre, génial) pour sa (leur) survie sont bouleversants et mis à mal par l'imprévisibilité de la bête et des événements. Cette moitié du film passée à deux est ainsi très surprenante et parfaitement structurée. Magique.
Outre la beauté des plans marins (et sous-marins) comme de la parenthèse enchantée sur l'île, la réussite de ce récit, qui a justement récompensé son metteur en scène de l'Oscar hollywoodien il y a quelques semaines, réside dans son approche de la foi raisonnée de son jeune héros. Comme n’importe quel gamin, Pi s'éveille au monde, s'interroge, s'expose à certaines épreuves. Il forge sa propre spiritualité au contact de différentes croyances, différents dieux, différents points de vue, différentes expériences. Il n'est jamais question de fanatisme, et encore moins de prosélytisme, mais simplement de liberté et de droit à penser, inventer et ré-inventer. Tout cela dans une absolue limpidité. C'est superbe. Dites, c'est possible d'inscrire un film au patrimoine mondial de l'humanité ?

CLASSEMENT 2012
Au 29 mars, L'Odyssée de Pi se classe 2e sur 85 films (Tout 2012)

LIENS EXTERNES
L'Odyssée de Pi (The Life of Pi) sur Allociné - IMDB - Wikipédia

mardi 26 mars 2013

Moonrise Kingdom

Film réalisé par Wes Anderson (USA)
Le jardin de Wes Anderson : naturellement étonnant
Interprètes :

Sortie France : 16 mai 2012
Sortie Blu-Ray : 25 septembre 2012

Scout toujours. L'univers pastel de Wes Anderson, construit autour de personnages loufoques, tribulations gentillettes et pérégrinations dépaysantes est unique et reconnaissable à chaque plan et instant. Cet univers a pu faire rire (La famille Tenenbaum), sourire (La Vie aquatique) puis ennuyer (A bord du Darjeeling Limited). Pour n'avoir pas vu Rushmore, son premier long métrage, je ne pourrais avancer que ce déficit d'inspiration va crescendo avec la chronologie de ses réalisations. Cela dit, si Moonrise Kingdom revêt son traditionnel atour de pochette surprise d'où vous sortirez en vrac griefs familiaux bénins, découvertes sentimentales adorables, querelles de "gangs" superficiellement douloureuses et tribulations douces et bénignes, il ne stupéfait plus tout à fait. Le spectateur sera à peine étonné ou simplement déférent.
Charge supplémentaire un peu plus lourde à son encontre (et finalement en faveur du renouvellement du cinéaste), cette comédie - qui peut toutefois offrir un certain plaisir à contempler un Bruce Willis en petit flic démuni et quasi pacifiste (si ça c'est pas un total contre emploi) ainsi qu'un Edward Norton sapé en gastronome en culotte courte - intervient juste après la réalisation d'Anderson la plus aboutie car drôle, rafraîchissante et intelligente : Fantastic Mr. Fox (pour lâcher un p'tit "chef d'oeuvre", c'est maintenant). Bon nombre des heureuses ficelles de ce précieux joyau d'animation sont ici reprises : la fuite des protagonistes et donc la traque par leurs "prédateurs", les dialogues smarts et percutants, les plans musicaux, les cartographies plein écran. Un peu fatigué quand même le monsieur.

CLASSEMENT 2013
Au 26 mars, Moonrise Kingdom se classe 36e sur 83 films (Tout 2012)

A LIRE SUR DAVIDEOCINE
Critique : A bord du Darjeeling Limited 

LIENS EXTERNES
Moonrise Kingdom sur Allociné - IMDB - Wikipédia 

lundi 25 mars 2013

A bord du Darjeeling Limited

Schwartzmann - Brody - Wilson : les trois frères.

Akoibon. Question à dix centimes. Qui a écrit à propos de A bord du Darjeeling Limited qu’il est le "film le plus cohérent, le plus drôle, le plus chaleureux (…)" que Wes Anderson ait réalisé à ce jour. Tic tac, tic tac… réponse : mon magazine de cinéma historique (le plus lu en France) que je ne vais pas dénoncer ici (tiens, et pourquoi d’ailleurs?) mais vais devoir envisager de renier. Car cet éloge vient dans un premier temps atténuer la portée comique et pittoresque de La famille Tenenbaum (2002) - et son tableau inventif de personnages plus excentriques les uns que les autres - ainsi que l’aspect totalement loufoque et décalé du nettement moins bon La vie aquatique (2005). Secondo, mais détrompez-moi si je fais fausse route, à quel moment il fallait rire? Et quelle chaleur se dégage de ce trio de frangins que le sens de la vie et de la famille divisent infailliblement? Personnellement, j’ai patienté pendant l’heure trente du film jusqu’au moment où Wes Anderson allait enfin prendre le contre-pied que l’on était en mesure d’attendre. En vain. Le contexte (un road-movie ferroviaire) et les habitudes du réalisateur étaient pourtant favorables à une liberté d’expression et de situations burlesques : trois frères aux parcours et personnalités opposés se retrouvent dans un train indien qui doit les mener jusqu’à leur mère (trop rare Anjelica Huston) recluse sur les contreforts de l’Himalaya. Ils espèrent ainsi soigner leurs cicatrices (au sens propre comme au figuré) et ressouder des liens ébranlés que la mort du père a stigmatisés. Mais les rares scènes vraiment cocasses sont vite avortées par le ton et l’état mélancoliques, voire dépressifs, des protagonistes. Ceci n’altère en revanche pas la qualité de jeu du trio Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman.
Je ne retiendrai, et c’est bien peu, que le délice visuel des scènes au ralenti où Adrien Brody, devançant l’éphémère Bill Murray, puis plus tard avec les autres, court derrière le train. Ça ressemble à un héron qui s’exercerait au patinage artistique. Majestueux. Pour le reste, le désert…

Article publié le 30/03/2008 sur davideo.blogs.allocine.fr

NDLA : le magazine cinéma en question était l'insipide et obsolète PREMIÈRE

dimanche 24 mars 2013

Cloud Atlas

Film réalisé par Tom Tykwer, Larry/Lana et Andy Wachowski (USA)

Halle&Tom totalement à l'ouest dans le cosmos nébuleux de Cloud Atlas

Interprètes :


Sortie France : 13 mars 2013

Micro-critique :
Une Vérité qui dérange. Tape-à-l’œil et racoleur dans sa mise en scène, faussement ambitieux et trompe-l’œil dans son contenu, chapardeur de concepts forts qu'il insensibilise (cf. Blade Runner, Soleil vert, voire  Matrix de cette même fratrie Wachowski qui a donc bien su, un jour, créer et inventer avec une caméra et des ordinateurs), et par conséquent incapable de suggérer la moindre émotion (et c’est un euphémisme), Cloud Atlas représente ce que le cinéma peut produire de plus factice. Il ne dupera qu’un public impressionné par son montage ultra complexe et des images spectaculaires. La beauté inaltérable de Halle Berry n’y change évidemment rien. Alors soyons sages, arrêtons avec les superlatifs du genre « chef d’œuvre » pour un aussi grotesque mensonge.

Pour mémoire, voici ce qui apparaît à la ligne "chef d'oeuvre" de mon Petit Larouse illustré :
- La plus belle oeuvre d'un écrivain, d'un artiste;
- Oeuvre d'Art particulièrement accomplie;
- Ce qui est parfait en son genre.
Pour ce qui nous intéresse ici, le 7e Art, j'y accolerais comme exemples Metropolis, 2001 : l'Odyssée de l'espace ou Le Parrain. A l'opposé, Cloud Atlas irait très bien.

CLASSEMENT 2013
Au 23 mars, Cloud Atlas se place 6e sur 7 films vus (Tout 2013)

LIENS EXTERNES
Cloud Atlas sur : Allociné - IMDB - Wiki 
A lire sur ASBAF.fr, une critique lucide de Cloud Atlas que j'admire beaucoup