lundi 25 mars 2013

A bord du Darjeeling Limited

Schwartzmann - Brody - Wilson : les trois frères.

Akoibon. Question à dix centimes. Qui a écrit à propos de A bord du Darjeeling Limited qu’il est le "film le plus cohérent, le plus drôle, le plus chaleureux (…)" que Wes Anderson ait réalisé à ce jour. Tic tac, tic tac… réponse : mon magazine de cinéma historique (le plus lu en France) que je ne vais pas dénoncer ici (tiens, et pourquoi d’ailleurs?) mais vais devoir envisager de renier. Car cet éloge vient dans un premier temps atténuer la portée comique et pittoresque de La famille Tenenbaum (2002) - et son tableau inventif de personnages plus excentriques les uns que les autres - ainsi que l’aspect totalement loufoque et décalé du nettement moins bon La vie aquatique (2005). Secondo, mais détrompez-moi si je fais fausse route, à quel moment il fallait rire? Et quelle chaleur se dégage de ce trio de frangins que le sens de la vie et de la famille divisent infailliblement? Personnellement, j’ai patienté pendant l’heure trente du film jusqu’au moment où Wes Anderson allait enfin prendre le contre-pied que l’on était en mesure d’attendre. En vain. Le contexte (un road-movie ferroviaire) et les habitudes du réalisateur étaient pourtant favorables à une liberté d’expression et de situations burlesques : trois frères aux parcours et personnalités opposés se retrouvent dans un train indien qui doit les mener jusqu’à leur mère (trop rare Anjelica Huston) recluse sur les contreforts de l’Himalaya. Ils espèrent ainsi soigner leurs cicatrices (au sens propre comme au figuré) et ressouder des liens ébranlés que la mort du père a stigmatisés. Mais les rares scènes vraiment cocasses sont vite avortées par le ton et l’état mélancoliques, voire dépressifs, des protagonistes. Ceci n’altère en revanche pas la qualité de jeu du trio Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman.
Je ne retiendrai, et c’est bien peu, que le délice visuel des scènes au ralenti où Adrien Brody, devançant l’éphémère Bill Murray, puis plus tard avec les autres, court derrière le train. Ça ressemble à un héron qui s’exercerait au patinage artistique. Majestueux. Pour le reste, le désert…

Article publié le 30/03/2008 sur davideo.blogs.allocine.fr

NDLA : le magazine cinéma en question était l'insipide et obsolète PREMIÈRE

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