mercredi 15 octobre 2014

Albert à l'Ouest (A Million Ways to die in the West)

Seth et Charlize stupéfaits à l'Ouest

Quand la comédie totalement allumée Ted sort sur les écrans en 2012, c'est toute la planète cinéma qui fait connaissance avec Seth MacFarlane, un réalisateur dont l'impertinence et l'insolence grivoises s'étaient jusqu'alors exprimées pour la télé dans des séries animées (cf. American Dad). Ce premier film où un trentenaire se complaît à glander, picoler, fumer et regarder la téloche avec son seul ami de toujours... sa peluche Ted, au détriment de sa vie de couple qui si elle s'accomplissait le rendrait enfin adulte est un carton. La liberté de ton est totale, les scènes, vannes et répliques cultes sont pléthoriques.
Pour son second film, MacFarlane reste fidèle aux règles qui font son succès : rester très stand up dans la rythmique et le sarcasme de ses dialogues et chahuter les genres en y intégrant un, voire quelques, personnages en inadéquation totale avec leur environnement. La comédie contemporaine laisse ainsi place au western avec Albert à l'Ouest où un cowboy éleveur de moutons et pas de vaches (ce qui est déjà sujet à moqueries), au coeur tendre (et donc pas pris au sérieux par sa copine), ne buvant pas d'alcool (difficile alors de se faire respecter dans un saloon) et adepte de la médiation plutôt que du règlement de comptes (d'où une espérance de vie potentiellement limitée) a bien du mal à trouver et garder sa place. Genre historique et intouchable outre-Atlantique, le western est ici l'occasion de démythifier à outrance le Far West en déplorant avec un humour sans bornes les "millions de façon de mourir dans l'Ouest" du titre original.  Ce n'est pas tant sur les anachronismes - qui restent mesurés  - que Seth MacFarlane bâtit la réussite de cette comédie de l'Ouest, mais bien sur le respect des fondamentaux de cohérence de son scénario et de la construction de scènes et situations décalées mais jamais inadaptées. Le personnage pieux joué par Giovanni Ribisi et sa relation avec sa copine... prostituée illustrent par exemple ce savoir-faire aussi inattendu que jubilatoire. Autre réussite du film, le choix de MacFarlane de se mettre en scène pour la première fois en campant parfaitement son frêle héros, à la manière du Woody Allen comédien que l'on a connu notamment dans ses premières années. Après deux comédies singulières et iconoclastes, Seth MacFarlane s'inscrit bel et bien comme un digne successeur du cinéma de Mel Brooks. Un héritage qui se mérite, et qui sera remis en question de film en film.

  • Sortie cinéma : 2 juillet 2014
  • Sortie DVD/Blu-Ray : 4 novembre 2014
  • Classement 2014 : 3e sur 20.

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