jeudi 31 décembre 2015

L'ABéCéDaire de l'année cinéma 2015 (2e partie)

Allez, un dernier petit effort avant de vous laisser succomber à tous les excès de la Saint-Sylvestre. Voici la seconde partie de l’abécédaire des films sortis en 2015 (voir la première partie).
En 26 catégories alphabétiques, découvrez l'up and down de l'année cinéma  (la liste complète de tous les films vus se trouve par ici).

Seconde partie : de N à Z

V comme VINTAGE, mais aussi comme Vice Versa

  • N comme le plus NOVATEUR : Vice Versa marque les esprits. Tous les esprits dont ceux de ses personnages auscultés en long et en large avec toute l'ingéniosité des studios Pixar qui, même rachetés par la machine Disney, conservent toute leur indépendance créative. 
  • O comme le plus OSCAR (du cinéma) : American Sniper dépeint suffisamment d'héroïsme et de remords contradictoires pour prétendre à ce prix virtuel. Entre conformisme et auto-critique, c'est du Eastwood autant que du Hollywood.
  • P comme le plus POLAR La Isla minima rassemble tous les codes du genre. Un duo de flics hétéroclite, des meurtres cruels, des photos intrigantes, de la pluie battante après la moiteur ambiante. Trop de codes tuerait-il les codes ? Pas impossible.
  • Q comme le plus QUENTIN (Tarantino) : Mad Max: Fury Road aime, respire et transpire le cinéma d'action intelligent. Et justifie de loin ce prix du film (de) cinéphile. Merci George.
  • R comme le plus ROMANTIQUE : Loin de la Foule déchaînée place Carey Mulligan au centre des convoitises de ces Messieurs de l'Angleterre victorienne à haute dose de sentiments. Etonnant d'ailleurs de la part de Vinterberg qui y perdra de son identité.
  • S comme le plus SY-FY : Star Wars - Le Réveil de la Force relance le mythe des chevaliers Jedi en lutte contre les forces obscures. J.J. Abrams fait le boulot, et le fait fort bien.
  • T comme le plus TONITRUANT Kingsman - Services secrets et Mission Impossible - Rogue Nation se tirent une bourre effrénée a base de surenchère d'action à tout va.
  • U comme le plus UNIVERSEL : Mustang revendique ce droit à la liberté (aux libertés) qui est tout autant bafoué pour les cinq soeurs turques du film que pour tout un chacun dans nos sociétés. 
  • V comme le plus VINTAGE : Pixels ravive l'imagerie désuète des débuts du video-gaming. Que viva el Pac Man!
  • W comme le plus WESTERN : Wild embarque Reese Whiterspoon sur les sentiers d'une Californie méconnue et hostile. "I'm a poor lonesome cow-girl...".
  • X comme le plus (film) : Crazy Amy suggère quelques scènes de pieu croustillantes. C'est pas grand chose, certes, mais on n'aura pas La vie d'Adèle tous les ans.
  • Y comme le plus YEAH BABY!!! : Chappie est attendrissant et violent. Bourré de panache et ultra moderne, c'est l'esprit "blomkampien" au service du bonheur visuel. 
  • Z comme le plus ZEN : Inherent Vice avec Joaquin Phoenix. Fin de l'argumentaire. Ça suffit pas? Ah bon! Et ben, y'a Joaquin en pseudo-détective totalement stone avec des rouflaquettes démesurées. Largement de quoi rester cool.

P comme POLAR mais aussi comme Pixels

lundi 28 décembre 2015

L'ABéCéDaire de l'année cinéma 2015 (1e partie)

L'année se termine et entre les deux réveillons, il faut pouvoir liquider les affaires courantes. En l'occurrence, il est question de balancer ses classements annuels en tous genres. Point de Top 10 ici mais histoire d'innover (ou pas d'ailleurs), Davidéociné lance l’abécédaire des films sortis en 2015.
En 26 catégories alphabétiques, découvrez l'up and down de l'année cinéma  (la liste complète de tous les films vus se trouve par ici).

Première partie : de A à M

I comme INATTENDU, mais aussi comme L'Interview qu tue!

  • A comme le plus (dessin) ANIMÉ : Shaun le Mouton réunit toutes les qualités de l'animation moderne : prouesses techniques (de modelage), inventivité et humour. Le tout sans dialogues mais avec une admiration et un bonheur débordants.
  • B comme le plus BIDONNANT : Ted 2 va encore plus loin que Ted dans le surréaliste hilarant. Notre nounours graveleux peut-il prétendre au statut d'être humain? MDR quoi!
  • C comme le plus CHIANT : Lost River ou l'errance derrière caméra de l'acteur Ryan Gosling. C'est bon Ryan, tu peux arrêter de t'la péter, ça marche pas avec nous (aurait pu également prétendre au titre de "P comme le plus PRÉTENTIEUX").
  • D comme le plus DÉCEVANT : It follows était présenté comme le nouveau joyau créatif de l'horreur. Souci : on est toujours en train d'attendre un événement qui pourrait faire grelotter. Et à un événement tout court aussi d'ailleurs.
  • E comme le plus EFFRAYANT : Foxcatcher distille une atmosphère anxiogène et inquiétante à tendance sentencieuse.
  • F comme le plus FAMILIAL : The Walk - Rêver plus haut divertit et impressionne par la persévérance magnifique de son intrépide héros moderne. Contagieux dans l'obstination d'avoir à s'accrocher à ses rêves.
  • G comme le plus GRAVE : Hungry Hearts ébranle l'image lissée du couple d'aujourd'hui sur fond d'éducation du nourrisson et d'aliénation mentale.
  • H comme le plus HAPPY-ENDING ou HOLLYWOODIEN (c'est pareil et c'est en "H") : Seul sur Mars entérine son conformisme artistique et s'autorise les issues les plus faciles. Dis Ridley, Alien et Blade Runner, c'était bien de toi?
  • I comme le plus INATTENDU Vincent n'a pas d'écailles est un ovni. Par son titre bien sûr qui cache un personnage hors du commun à l'Américaine et une narration d'auteur à la Française. Sans comparaison possible.
  • J comme le plus JOBARD L'Interview qui tue! se permet l'humour et les sarcasmes les plus incontrôlables, pour notre bonheur, comme celui de voir un James Franco en grande forme.
  • comme le plus KAFKAÏEN : Birdman traumatise les pensées de l'auteur. Son glorieux passé laisse-t-il place à un avenir? C'est sûr, ça fait douter et réfléchir.
  • L comme le plus LYRIQUE : Youth sublime tout ce qu'il montre. Les pâturages suisses, les hanches des femmes, Michael Caine, Harvey Keitel, Paul Dano... et Maradona n'ont jamais été aussi beaux. Sorrentino domine bien l'idée qu'il se fait de son Art.
  • M comme le plus MAUVAIS Jupiter : Le Destin de l'univers scelle la mort cinématographique de la fratrie Wachowski.
J comme JOBARD mais aussi comme Jupiter - Le destin de l'Univers


A suivre très prochainement la seconde partie : de N à Z

samedi 26 décembre 2015

Pixels

Adam Sandler tente de contenir l’attaque du Centipède

Quand le pitch d'une comédie d'action se limite à : "Deux amis d'enfance ayant grandi dans les années 1980 - au gré de l'essor fulgurant du jeu vidéo -, l'un, grassouillet et bonhomme devenu président des Etats-Unis (??), l'autre, ex-petit génie des salles de jeux d'arcade, désormais triste installateur-réparateur hi-fi à domicile, unissent leurs pouvoirs et connaissances pour lutter contre une invasion de personnages de jeux vidéo venus détruire la Terre", il est bien entendu que l'on s'épargnera de juger la cohérence du scénario. De même, il serait une fausse piste de vouloir titiller la faisabilité des origines scientifiques de cette situation autant que d'argumenter sur les desseins de ces improbables envahisseurs. Tout cela est anecdotique, l'objectif de Pixels est ailleurs, quelque part entre un fantasme numérique commun et une nostalgie inoffensive.

Déjà, il s'agit d'une réalisation de Chris Columbus, l'homme-enfant de Hollywood. Qu'il soit metteur en scène (Maman j'ai raté l'avion et sa suite, les deux premiers Harry Potter) ou scénariste (Les Goonies, Le secret de la Pyramide), il n'a de cesse de se faire le chantre des comédies loufoques ou fantastiques faisant la part belle aux mômes et leurs trépidantes (més)aventures dans un monde d'adultes. Et quand ces mômes ne sont pas au centre de l'action, ils gravitent à proximité (Gremlins, Madame Doubtfire, L'homme bicentenaire). Nos "héros" du moment qui semblent directement téléportés de l'époque d'une adolescence insouciante et bénie ont désormais un corps d'adultes mais ils ont conservé la même âme  et immaturité (voire le même QI) que lorsqu'ils avaient 13 ans. Alors forcément notre président rigolo (Kevin James) et son acolyte nerd-réparateur (Adam Sandler) sont largement moqués par leur entourage. Et c'est grâce à cette fraîcheur intacte qu'ils vont parvenir à sauver le monde. Waouh! La légèreté n'est pas un vice, profitons-en.
Aussi, à l'heure de l'hégémonie grandissante du tout tactile, Columbus ravive dans Pixels l'esprit suranné et rassurant de la console de jeu. Outre l'introduction du film reconstituant la salle de jeux vidéo au début des années 1980, c'est l'image collective de l'époque qui resurgit à chaque intervention de ces "personnages" cultes (y'en a quand même quelques-uns qu'on avait zappés ou du moins bien enfouis dans nos souvenirs). Mais comment ne pas se remémorer ce bon vieux Pac Man (le vrai avec 4 boutons et basta) ni souhaiter remettre enfin la main dessus trente piges après ? Pixels est en quelque sorte un bain de jouvence technologique dont il ne faudrait pas se priver. Alors, sans s'emballer à lâcher des éloges qui manqueraient de lucidité, ne minimisons pas cet impact, comme la qualité des effets spéciaux et d'autres ingéniosités techniques.

"Lady Lisa" se rallie à la cause des Terriens

A ce sujet, l'édition Blu-Ray sortie chez Sony le 2 décembre comblera les attentes des fans désireux de découvrir les secrets de tournage. Avec en bonus un making-of dédié a chaque personnage des jeux vidéo. Donkey Kong, Pac-Man Q-Bert, Galaga et consorts ont droit à leur mini séquence décrivant les caractéristiques et embûches techniques de réalisation. Que vous soyez geek ou non, ces sujets, commentés par le réalisateur, les comédiens ainsi que les différents responsables techniques et de numérisation, vous intéresseront forcément.


Sortie en salles le 22 juillet, 
Pixels - disponible en DVD+Blu-Ray depuis le 2 décembre -
se situe provisoirement 32e du classement des films sortis en 2015.

En partenariat avec l'agence Cartel

vendredi 4 décembre 2015

Howard Zinn, une histoire populaire américaine

Howard Zinn en personne

"La guerre: un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas". Cette citation de Paul Valéry que l'on entend dans Howard Zinn, une histoire populaire américaine entérine ce documentaire comme le versant cauchemardesque et éveillé du mythe du "rêve américain". Adapté de l'oeuvre éponyme de l'historien américain Howard Zinn, ce premier épisode (qui ouvre une trilogie), intitulé Du pain et des roses, co-réalisé par les Français Olivier Azam et le journaliste Daniel Mermet, met en image le travail de Zinn. Le résultat de ses vastes et méticuleuses recherches sur les origines historiques de l'hégémonie économique et politique de son pays, les Etats-Unis, met en exergue une réalité sociale qui se situe à des années lumières du modèle de mode de vie et de démocratie que l'on perçoit au travers de ce qu'enseignement, médiatisation et messages politiques peuvent nous inculquer depuis plus d'un demi-siècle. 

Des débuts puis de l'essor exponentiel de l'industrialisation au 19e siècle jusqu'à la Première Guerre mondiale, sur fond de flux migratoires massifs venus d'Europe, il est question des conditions de vie et de travail des ouvriers (hommes, femmes et enfants) issus des minorités les plus faibles (mais les plus visibles), savamment et sournoisement instrumentalisés et opprimés par les desseins stratégico-financiers des riches industriels et implacables patrons. Sont mises en avant les grèves légitimes appuyées par l'implication des premiers mouvements syndicalistes, toujours conclues d'un bain de sang. On y apprend par exemple que lors d'une grève ayant eu lieu dans une carrière de charbon du Colorado en 1914, le patron (un certain Rockefeller) fit appel à une milice privée pour mater la rébellion des mineurs, et alors que ceux-ci pensaient enfin se faire entendre par l'intervention de la garde nationale, ils ne furent que plus réprimés. Ce reportage aussi ahurissant que révoltant, insiste en parallèle sur le pouvoir de propagande d'Etat relayée par des médias corrompus pour répondre à la cupidité sans limites des puissants décideurs, toujours plus pernicieux dans la stigmatisation de l'ennemi à atteindre. Un matin ce sont les noirs, puis le soir les Italiens. Un autre jour ce sera les syndicalistes et plus tard le féroce Allemand. Cette logique de manipulation des masses est décrite comme le levier permettant de justifier tout conflit armé comme le 20e siècle en est jonché. C'est ce dont traiteront les deux volets suivants (si leur financement est rendu possible) de cette Histoire populaire américaine qui fait froid dans le dos et ne semble pas appartenir au passé.

Dessin de propagande

Sortie en salles le 29 avril 2015, 
Howard Zinn, une histoire populaire américaine est disponible en DVD depuis le 1er décembre

dimanche 29 novembre 2015

Réalité

Alain Chabat : entre rêve et Réalité ?

Les habitués du cinéma de Quentin Dupieux (comme de son univers musical sous l'identité de Mr. Oizo) ne sont pas dupes au point d'imaginer un seul instant que c'est une approche rudimentaire et réaliste de son art qui a pu déboucher sur le titre de son cinquième long métrage : Réalité. Cette vague manipulation provient de l'attribution du prénom Réalité à une petite fille prenant part à cette farce forcément ubuesque. La jeune enfant, bien décidée à mettre la main sur une cassette VHS bleue que son père a sorti des tripailles d'un sanglier tué à la chasse, délivrerait certainement la clé de l'énigme si elle parvenait à visionner son contenu. Par "clé", il n'est bien entendu nullement question de réponse rationnelle - puisque Réalité s'inscrit dans la même et inamovible mouvance circulaire que ses prédécesseurs Rubber ou Wrong -, mais plutôt de fragments de... réalité aptes à boucler la boucle, aussi absurde et inexplicable soit elle.
Idéalement relayé face caméra par un Alain Chabat absolument génial (ses enregistrements de bruits de douleur, le synopsis de son film et sa vison du cinéma sont aussi grotesques qu'hilarants) et un Jonathan Lambert dans son bocal, Dupieux ferait presque passé l'humour et les délires de ses aînés Les Nuls pour ultra-conformistes. A voir sans quête métaphysique et avec une grosse dose de recul.

Sorti en salles le 18 février 2015,
Réalité est disponible en DVD depuis le 17 juin

vendredi 13 novembre 2015

Black Sea

Adepte de films et documentaires chocs (Le dernier Roi d'Écosse, Un Jour en septembre, Mon meilleur ennemi, Jeux de pouvoir), le réalisateur écossais Kevin Macdonald n'avait pas tellement convaincu avec L'Aigle de la neuvième Légion sorti en 2011. Il revient discrètement avec Black Sea, un nouveau film viril exclusivement masculin, sorti en octobre directement en VOD, DVD & Blu-ray chez TF1 Vidéo.

Jude sous l'eau

C'est la crise chez les pilotes de sous-marin. Les navires de guerre de la seconde guerre mondiale n'ayant plus un usage économiquement viable de nos jours, un capitaine anglais - incarné par Jude Law - perd un job auquel il avait consacré l'essentiel de son existence, quitte à voir partir femme et enfant. Guère enclin à gamberger mais revanchard, ce dernier rebondit sur un "bon plan" qui lui est proposé par un vieux pote pour reformer un nouvel équipage et se mettre en quête dare-dare d'une cargaison de lingots d'or volés par les nazis, laquelle n'attendrait qu'à être ramassée, soixante-dix ans plus tard, dans une carcasse de sous-marin quelque part dans les abîmes de la Mer Noire.
Action, embûches, violences, fourberies et... trésor sont certes au rendez-vous, cependant par touches plus inabouties que modérées. Peut-on alors estampiller cette fiction de "film d'aventures" alors que nous ne nous sentons à peine embarqués dans un périple haletant ou simplement accrocheur ? La trame elle-même, associée à l'idée d'un submarine-movie, le suggère pourtant fortement. Mais l'avidité menaçante de personnages peu attachants (quelle que soit la personnalité des rôles de Scoot MacNairy, Ben Mendelsohn voire Jude Law, on ne les cerne  jamais vraiment), ainsi que l'absence d'humour et de début de sensations noient définitivement cette perspective. Dans ces conditions, l'épreuve du huis-clos dans ce monstre d'acier est presque fatale, d'autant que quelques vieilles références peuvent très vite rendre nostalgiques (Das Boot, Abyss, A la poursuite d'Octobre Rouge). La folie ambiante d'un Bong Joon-ho qui transpire dans son terrible Snowpiercer, vraie référence, dans un train incontrôlable cette fois, est celle-là même qui manque à un Macdonald piégé par sa tendance à toujours garder le contrôle. On aurait aimé qu'il se lâche plus, mettant en place pourquoi pas une vraie guérilla entre les deux clans, britannique et russe, opposant les membres de l'équipage. Trop prévisible bien que tragique, c'est ce manque de surprises fondamentales qui a dû bloquer la distribution en salles de Black Sea qui a encore le mérite de capter l'attention du spectateur jusqu'à la fin. Ce thriller sous-marin, finalement, rappelle à quel point le désormais quadra Jude Law est capable de tout jouer. Passé le temps des dandy et séducteur, celui qu'il faut voir - si ce n'est déjà fait - dans le récent Dom Hemingway, a toujours cette étoffe confortable et enviable des plus grands.

un sous-marin de tournage

L'édition DVD inclut un making-of d'une demi-heure très intéressant intitulé "Embarquez à bord". Dans un premier temps, c'est Jude Law lui-même, hyper professionnel et impliqué, qui nous fait visiter le navire dans ses moindres recoins, ce qui fait encore mieux réaliser la promiscuité, et par la même occasion l'irritabilité, qui peut régner dans ce type d’endroit débordant de testostérone. Marrant d'apprendre également que dans un sous-marin, les odeurs se côtoient en permanence et pas franchement très harmonieusement entre celles de transpiration et de nourriture pourrissante. C'est là un autre ingrédient insensible à l'écran mais contribuant à la tension de la communauté sous-marinière, base du chaos dans le film. La seconde partie se compose de rushs illustrés par les spécificités d'un tournage à la fois en espace restreint et milieu aquatique. Effectif réduit et précision sont la clé d'un travail d'équipe réussi.

usage très technique d'une caméra waterproof

ça se voit, ce n'est pas un yellow submarine

En partenariat avec l'agence Cartel

mercredi 11 novembre 2015

Une Chance de trop

Alexandra Lamy, une fille sans gars, mais avec un bébé à retrouver
Où trouver la motivation à regarder une série télé française ? Sempiternelle et grande question. Dans le fait qu’elle soit produite et diffusée par TF1 ? Non, puisque ce pourrait même être là LE critère rédhibitoire au regard des mixtures toujours plus indigestes que la toute-puissance chaîne number one du PAF a pour habitude de présenter à un public malléable et peu exigeant. Dans le casting peut-être ? Sauf qu'avec Alexandra Lamy en vedette, Pascal Elbé et Hippolyte Girardot en têtes d'affiche, la distribution n'est pas suffisamment affriolante pour nous faire sortir d’un scepticisme grandissant. Un beau nom à la réalisation alors ? Non plus. Frédéric Velle, connais pas. Sans espoir.
A moins que le genre de cette série n’évite de tourner définitivement les talons. C’est un thriller. L’attention revient. Ce thriller est adapté d’un best-seller d'une référence internationale du moment : l’Américain Harlan Coben. Le froncement des sourcils s’estompe face à l’écarquillement des yeux. Ce test improbable sera donc Une Chance de trop (dont le roman éponyme s'intitule Not a second Chance en VO), feuilleton de six épisodes d’une petite heure chacun.

Résultat des courses ? Comme on ne pouvait que le craindre, l'interprétation n'est pas à la hauteur du défi. L'ex de Jean Dujardin simule la souffrance et fait preuve d'un bel entrain dans les scènes d'action, mais on n'y croit guère. Quant à Elbé, Girardot et encore Abelanski, comment dire... S'ils avaient été footballeurs, on les aurait remplacés à la mi-temps. Seule Fanny Valette (sosie d'Olivia Ruiz) est vraiment impressionnante dans son rôle de salope sanguinaire. Au-delà de ces visages pas tant à leur avantage, les personnages demeurent cohérents même s'ils sont desservis par certains dialogues et situations parfois risibles (notamment dans les premiers épisodes). Si bien que l'on se dit que décidément, nous (la France) sommes toujours très loin du niveau d'excellence et de rigueur des créations anglo-saxones. Il fallait s'y attendre, c'est désormais un fait. En route pour le fiasco alors ? Non. Car reste le scénario, ingrédient un rien primordial. L'histoire est née des méninges tortueux et de la plume de Coben, ne l'oublions pas. On est sur les traces d'Hitchcock quand même, là! Alors, il faut le reconnaître, on n'a jamais été habitués à une trame aussi complexe et de tels rebondissements à la télévision française. Le test de l'intensité et du suspense avait déjà été passé et réussi au cinéma avec l'adaptation par Guillaume Canet de Ne le dis à personne. Ici, vous ne pourrez que vous prendre également au jeu et dévorer la série des six épisodes d'une traite, avec le même gloutonnement que le bouquin entre les mains lors de quelques heures de farniente estival.

mardi 13 octobre 2015

Kurt Cobain : Montage of Heck

le petit Kurt Cobain

Rebelle désabusé, écorché vif, rock star surcotée, artiste junkie ? Les qualificatifs les plus péjoratifs et réducteurs sont nombreux pour, a priori, présenter Kurt Cobain, chanteur et leader du groupe Nirvana, suicidé en 1994, à l’âge de 27 ans, à l’apogée de sa gloire. Kurt Cobain : Montage of Heck, documentaire construit chronologiquement à partir de vidéos et images d’archives ainsi que de témoignages de l’entourage familial et musical du chanteur, nous aide objectivement à y voir plus clair sur cette destinée funeste hors norme, mais tellement rock, finalement. Les films super 8 de l’enfance du petit blondinet, puis ses nombreux dessins, textes et confidences manuscrites (tous plus ou moins sombres), ainsi que les interviews de sa mère et de Courtney Love (son seul amour et mère de sa fille), attestent du mal-être profond qui le rongeait insidieusement, la came dont il abusait ne faisant qu'accélérer un processus d'auto-destruction inéluctable.
D'une enfance non pas malheureuse mais gâchée par la séparation de ses parents, à l’adolescence incomprise et sans issue jusqu’à la découverte de la musique, de la scène et l’accès soudain à la notoriété que l’on sait (et que l’on penserait salvatrice), chacun de ses moments de vie est jalonné d’un irrépressible dégoût de soi-même, à peine masqué par une gueule d’ange au sourire mélancolique.

Bien que co-produit par sa fille Frances, Montage of Heck est l'antithèse de l’hagiographie, le réalisateur Brett Morgen - qui avait déjà tourné un docu sur les Stones - parvenant brillamment à transmettre toute la tragédie, l'explosivité et une forme de poésie qui définirent Kurt Cobain. Ce sont ces mêmes singularités que l'on retrouve dans la musique de Nirvana, feu plus grand groupe de rock de la fin du siècle passé, dont il est acceptable que le titre phare Smells like teen spirit vienne d'être élu chanson emblématique de l’histoire par une étude britannique quasi scientifique. Encore un grand hommage.

Illustration de Kurt par Cobain

samedi 26 septembre 2015

La Série des Légendes

Un bureau et des légendes, dans Le Bureau des Légendes

Dénicher une très bonne série française est si rare qu’il serait charitable de signaler les exceptions. D'autant qu'il est bien téméraire, a priori, de s'aventurer à créer une série d’espionnage, une vraie, qui explore le cœur des rouages et ressorts des services secrets à l'international (ici ceux de la DGSE). Mais, entre les mains d’un  "expert" comme Eric Rochant, qui sait tenir  une série sur la longueur (Mafiosa) et qui s’est déjà efficacement essayé au long métrage d’espionnage (Les Patriotes), l’utopie peut céder à l’espoir.
D'emblée, on constate que le sujet est très bien documenté et que l'échiquier se met en place avec une grande méticulosité. On peut alors avoir confiance pour la suite. La mise en scène et les personnages sont aussi froids et glaçants que les enjeux qu’ils défendent et les règles qu’ils défient. Peu d’action, certes (on n’est pas chez Jack Bauer), mais les négociations, manipulations et divers coups bas ici décrits précédent toujours les coups d'éclats et chocs médiatisés que l'on peut connaitre dans la réalité. Le casting et l'interprétation, maillons faibles majeurs et historiques de nos séries, tiennent la route. C'est un soulagement sans aucune jubilation. Mathieu Kassovitz, au centre des attentions est propre, mais sa meilleure place restera toujours derrière la caméra. Jean-Pierre Darroussin, eh bien, c'est Jean-Pierre Darroussin, on l'aime beaucoup, mais on a toujours du mal à le prendre au sérieux, et la moindre de ses répliques prépare au rictus. En grand directeur de service, ça tique un peu. Parmi les seconds couteaux aux visages méconnus voire inconnus, j'accorde ma préférence à Jonathan Zaccaï et son incroyable regard stressé.
La saison 1 est composée de 10 épisodes d'une cinquantaine de minutes chacun qui se dégustent tous sur le même tempo accompagnés d'un bon vieux Whiskey. Sans aller jusqu'à penser que LE BUREAU DES LÉGENDES sera la panacée des créations télévisées hexagonales, on espère vivement une seconde saison.

samedi 29 août 2015

Jupiter - Le (sale) destin des Vaches au ski

Alors ok pour les trips transgenres qui te font passer du blaze de Larry à Lana. Perdre sa verge pour recouvrer la plénitude et assumer sa féminité enfouie, pas de blem’. Mais merde, ça sert à quoi bordel si « les frères Wachowski », alors devenus juste « Les Wachowski », n’y gagnent pas en grandeur, maturité et sensibilité ? C’est quoi cette filmo en totale et irrémédiable perdition qui cavale tout schuss et sans frein vers les bas-fonds du cinéma ? C’est pourtant pas faute de prendre leur temps : sept films tourner en 20 piges, ça va. Mais après BOUND et MATRIX (intouchables), les autres épisodes de la trilogie avaient déjà gavé, avant que le trou noir annoncé par SPEED RACER et accentué par l’infâme CLOUD ATLAS ne vienne désormais se refermer à tout jamais avec cette saloperie de JUPITER – LE DESTIN DE L’UNIVERS et ses gros vaisseaux tout farfelu qui pénètrent l’espace-temps. C'est ça l'inventivité ? Un maximum de fioritures n'entrave toutefois pas notre discernement à s'interroger sur l'absolue indigence d’un scénar’ qui ne serait même pas digne d’un projet de bacheliers. Eh oh les Wachowski, c’est bon, vous pouvez vous arrêter là. Quant à moi, je vais recaler mon dévédé de DUNE, car au moins la désuétude n'altère pas la qualité.

Mila et Channing font semblant de faire du cinéma

mercredi 3 juin 2015

Levicatcher

En quelques lignes, découvrez le point de vue de DavidéoCiné sur les films vus au cours du mois de mai. Retrouvez ces titres classés sur les pages de leur année de sortie : année 2014année 2015.

On ne plaisante pas dans Foxcatcher

FOXCATCHER***** de Bennett Miller | Il y a quelque chose de pourri au royaume de la lutte. Comme il raffole des portraits de figures américaines plus ou moins emblématiques dont il transmet l’admiration qui peut leur être portée autant que la dramatique de leur devenir, le réalisateur de Truman Capote et Le stratège ne pouvait qu’être séduit par cette incroyable histoire s’étant déroulée dans les années 80 où deux frères champions olympiques prirent pour mentor et sponsor un étrange et sinistre personnage, riche héritier d’une grande famille. Un Prix de la mise en scène à Cannes l’an passé qui met en avant un extraordinaire trio d’acteurs : Channing Tatum et Mark Ruffalo composent la fratrie, alors que Steve Carell plus opaque que jamais, est méconnaissable. (Classement 2015 : 3e/10)

LEVIATHAN**** d’Andreï Zviaguintsev | Le cinéaste russe n’étant pas tout à fait l’équivalent fantaisiste d’un Roland Emmerich, la terreur n’est ici pas véhiculée par le monstre marin éponyme mais par une société implacable où la notion de caste sociale n’a rien de mythologique. Aux abords des mers froides du nord de la Russie, la lutte des modestes pour subsister face à la mécanique broyeuse et mafieuse des pouvoirs publics, et pourquoi pas religieux, est d’opposition fragile. Un drame glacial récompensé du Prix du scénario à Cannes il y a un an. (Classement 2014 : 15e/75)

UNE NOUVELLE AMIE**** de François Ozon | Stylé pour ne pas dire typé voire précieux, le cinoche d'Ozon est reconnaissable de loin. L'économie des personnages et décors ainsi que la bourgeoisie ambiante dont il abuse et ré-abuse (vous connaissez beaucoup de jeunes couples qui vivent dans de vastes pavillons de banlieue cossue?), parviennent toutefois à nourrir des histoires souvent étonnantes et excentriques. Déchaînant nos mœurs modernes, il fait une offrande royale à un Romain Duris aussi bon acteur... qu'actrice. (Classement 2014 : 20e/75)

AMERICAN SNIPER**** de Clint Eastwood | Peut-on encore faire évoluer son cinéma quand on a 84 ans comme ce bon vieux Clint ? Ça parait a priori difficile, et c’est ce que traduit ce « sniper américain » d’un classicisme eastwoodien total. Ce qui signifie que l’histoire est bel et bien touchante, l’interprétation tout à fait juste (Bradley Cooper, Sienna Miller) et donc le film efficace. En contrepartie, rien n’est imprévisible dans ce nouvel opus des héros modernes de la bannière étoilée : le conflit à l’autre bout du monde (l’Irak .V2) doit sauver le monde libre, les ennemis barbus sont des sauvages, le soldat US est rude, courageux mais aussi tendre et aimant, et notre héros, profondément tourmenté servira la cause patriotique de manière irrépressible, cela au détriment de son foyer. Classique de chez classique vous disais-je. (Classement 2015 : 6e/10)

LOCKE**** de Steven Knight | Imaginez un road-movie sous forme de huis-clos, soit le principe de mouvement… sans mouvement. C’est la trouvaille de ce scénariste britannique passé à la réalisation dont la caméra tourne autour du magnétique Tom Hardy. Installé au volant de sa voiture et éclairé par les seules lumières et phares des autoroutes, il est contraint, au rythme d’appels téléphoniques successifs, de confronter des impératifs incompatibles aux (bonnes ?) valeurs et priorités qu’il s’est jusqu’alors fixées. Le mécanisme n’est pas palpitant sur toute la durée mais rappelle au devoir d’introspection. (Classement 2014 : 30e/75)

PUZZLE*** de Paul Haggis | Lorsque l’on a atteint l’Olympe dès la première ascension, à quoi bon réitérer l’expérience ? C’est par une obsession manifeste pour le film choral que ce scénariste chevronné repart sur les plates-bandes de son magistral Collision, ten years after. Relations conflictuelles, ou au moins emberlificotées, et amours tumultueuses occupent les esprits et les cœurs d’une poignée d’humains reliés les uns autres. Sans le savoir bien entendu. C’est habile mais ressassé (quand on se souvient également d’un certain Robert Altman). La présence de Mila Kunis, sans fard, fatiguée, triste et émouvante, est la bonne surprise de ce casting touffu. (Classement 2014 : 47e/75)

UN ILLUSTRE INCONNU*** Matthieu Delaporte | Pas facile la transition entre le succès populaire du « Prénom » et ce drame farfelu où il est question d’usurpation(s) d’identité(s). Si l’idée, originale, donnait matière à tisser un grand puzzle à la David Mamet, sa conception - certes bien aidée par la fragilité de son personnage central - expose bien trop d’invraisemblances. Habitué des rôles plus ou moins effacés, Mathieu Kassovitz joue sur du velours, ou du moins sur une toile cirée. (Classement 2014 : 54e/75)

vendredi 1 mai 2015

Wild le Mouton

En quelques lignes, découvrez le point de vue de DavidéoCiné sur les films vus au cours du mois d'avril. Retrouvez ces titres classés sur les pages de leur année de sortie : année 2014, année 2015.

Combien d'ovins sur ce passage mouton ?

SHAUN LE MOUTON***** de Mark Burton | Quinze ans après Chicken Run, les créateurs d'animation en pâte à modeler des studios Aardman refont le coup de la grande évasion version désopilante. Les moutons remplacent les poulets et si la démarche est ici plutôt accidentelle, elle découle de la même soif de liberté, d’une aspiration commune (aux gallinacés et ovins, et donc à tout être humain) de rompre avec cette fichue routine et s'éclater un peu (et pourquoi pas un max). Enchaînements incessants de situations et gags cocasses sont menés par le premier héros laineux à avoir décidé, enfin, d’abandonner sa destinée panurgienne. Une rébellion pour le rire que l’on soutient vivement. (Classement 2015 : 1er/6)

WILD***** de Jean-Marc Vallée | Le Québécois touche-à-tout réalise une équivalence féminine et moins hippie au « Into the Wild » de Sean Penn. La quête de rédemption flagellatrice y supplée le parcours initiatique contestataire tout en créant un même attachement à son personnage central. Reese Whiterspoon, dont on prend plaisir à revoir le minois, les gambettes et la justesse, y campe… sa tente évidemment au travers du désert des Mojaves et des grands nords américains, mais surtout une jeune femme meurtrie par ses erreurs passées et la perte d’une mère qu’elle n’a pas su assez aimer. (Classement 2015 : 3e/6)

LES COMBATTANTS***** de Thomas Cailley | Empli d’humour, d’amour tout autant que de rugosité et de cynisme, ce premier film multi-récompensé est un vrai moment de douce apesanteur. Son couple d’anti-héros d'aujourd’hui formé de l’extraordinaire Adèle Haenel (à la stature de plomb et au regard menaçant) et de l’excellent Kevin Azaïs se découvre, se télescope et s’attache au gré de dialogues ultra percutants. (Classement 2014 : 7e/62)

A MOST VIOLENT YEAR**** de J.C. Chandor | Rendez jaunâtre le grain de votre photo, faites porter des gabardines à vos personnages, plantez çà et là quelques gueules de fumiers pas piquées des vers, le tout autour d'une intrigue un peu tendue au cœur du New York des Eighties, et vous obtiendrez les bases d'un bon polar au sein duquel Oscar Isaac, idéalement épaulé par Jessica Chastain, tente de faire régner son intégrité malgré le tumulte des menaces et tentations corruptrices. (Classement 2014 : 17e/62)

INTERSTELLAR****, de Christopher Nolan | Toujours harnaché d’un budget phénoménal, Nolan relâche l’explosivité de ses dernières réalisations (TDK, Inception) pour revenir à une relative tranquillité (imposé par l’immensité et le silence spatial) autour de ce projet intergalactique qui tente tant bien que mal de se frayer une place entre l’inaccessible 2001 l’Odyssée de l’Espace pour sa portée métaphysique et Gravity dont les secousses visuelles et la condition du cosmonaute sont encore trop puissantes et vivaces à l’esprit pour être surpassées. (Classement 2014 : 34e/62)

LA FRENCH*** de Cédric Jimenez | Lorsque William Friedkin réalisa le polar des polars sur la "French Connection" marseillaise, ce qui lui permis de faire main basse sur la soirée des Oscar 1972, nul ne pouvait alors prétendre mieux faire. Qu’une production française s’y colle toutefois… quarante ans plus tard, laisse pantois. Que ce soit le duo plus attractif qu’indispensable Dujardin/Lellouche qui se partage le haut de l’affiche est un autre motif de scepticisme. Que le film soit à peu près efficace mais sans aucun élément nouveau, ça, c’était à craindre. (Classement 2014 : 45e/62)

LOST RIVER** de Ryan Gosling | Et si le cinéma de Ryan Gosling réalisateur reflétait celui de Ryan Gosling acteur ? Belle gueule, présentation propre et styles en apparence, contre une tendance décevante et plus certaine à manquer d'épaisseur et de ressources sur le fond. Son premier film derrière la caméra revêt en effet un duvet chatoyant qui ne nous embarque à aucun moment dans cette folie ambiante dont on aurait pourtant adoré s’imprégner. C’est malheureux, mais c’est ainsi. (Classement 2015 : 6e/6)

lundi 6 avril 2015

3 Birdman

En quelques lignes, découvrez le point de vue de DavidéoCiné sur les films vus au cours du mois de mars. Retrouvez ces titres classés sur les pages de leur année de sortie : année 2014année 2015.

Les ailes du succès pour Michael Keaton ?, dans Birdman

BIRDMAN*****, d'Alejandro Gonzalez Inarritu | Il est un tel hymne inconditionnel et ironique aux velléités artistiques que ce Birdman valait bien, tout comme son réalisateur virtuose, d’être récompensé lors des derniers Oscar. Sublimement mis en scène en une sorte de plan-séquence unique dans les coursives et ruelles adjacentes d’un théâtre de Broadway, il dépeint les difficultés et (in)capacités d’un comédien, icône de super-héros déchue, à adapter et jouer une pièce exigeante. Quel bonheur alors que ses traits épousent ceux d’un Michael « ex-Batman » Keaton ressuscité ! (Classement 2015 : 1er)

3 CŒURS**** de Benoît Jacquot | Nous connaissions les facultés de Jacquot à creuser les méandres interrelationnels de ses personnages. Dans ce mélo classique d’une histoire d’amour à… trois cœurs, il y intègre un degré de stress, de suspense même, qui l’apparente à un thriller. L’exercice est de taille, et le jeu de Poelvoorde une nouvelle fois bluffant, moins que celui de Charlotte Gainsbourg toujours aussi identifiable dans la réserve. (Classement 2014 : 13e/57)

UN HOMME TRÈS RECHERCHÉ*** d’Anton Corbijn | Passé avec succès de la photographie à la réalisation grâce à un évident sens visuel à la fois froid et beau ("Control", "The American"), Corbijn a perdu de sa personnalité dans cette pâle adaptation d’un roman d’espionnage de Le Carré, là où "La Taupe" avait su raviver un genre quelque peu désuet. Une attention mélancolique nous fera néanmoins apprécier l’une des dernières prestations du disparu Philip Seymour Hoffman. (Classement 2014 : 47e/57)

BALADE ENTRE LES TOMBES** de Scott Frank | Même quand son talent n’est pas récupéré par de juteuses et souvent peu honorables productions Besson, Liam Neeson ne joue plus rien d’autre que l’implacable justicier appliquant les lois du marché : big gun et macchabées en série. C’est une sordide balade entre les tombes du cinéma… (Classement 2014 : 49e/57)

dimanche 1 mars 2015

Only Boyhood left Alive

En quelques lignes, découvrez le point de vue de DavidéoCiné sur les films vus au cours du mois de février. Retrouvez ces titres classés sur les pages de leur année de sortie : année 2014, année 2015.

Only Lovers left Alive de Jim Jarmusch

ONLY LOVERS LEFT ALIVE***** de Jim Jarmusch | De la condition contemporaine et instable du vampire : entre quête quotidienne de survie et intégration culturelle dans nos sociétés. D'un style ultra raffiné et musical teinté de velours, noirceur et... pâleur. La griffe ultime et admirable de Jim Jarmusch qui envoûtera ses fidèles autant qu'il découragera les "jarmusceptiques". (Classement 2014 : 2e/54)

BOYHOOD***** de Richard Linklater | Rien que pour la prouesse d'avoir mis en scène ses comédiens sur une période d'une douzaine d'années pour parfaire les effets du temps qui s'écoule sur les personnages de son film, Linklater pouvait prétendre à l'Oscar finalement dévolu à Inarritu ce dimanche. Qu'importe. La justesse simple ainsi que l'évidente sensibilité des étapes ciblées dans l'évolution de cette "jeunesse" vers l'âge adulte en font un formidable Oscar du cœur. (Classement 2014 : 4e/54)

HIPPOCRATE***** de Thomas Lilti | Immersion objective au cœur du milieu hospitalier où les questions humaines, relationnelles, médicales mais aussi matérielles se posent au quotidien. Bien servi par un scénario non dépourvu de quelques touches d'humour et des interprètes d'une justesse chirurgicale, le docteur-réalisateur Lilti réussit aisément son opération. (Classement 2014 : 7e/54)

NIGHT CALL***** de Dan Gilroy | Dans ces courses à l'audimat et au sensationnel indissociables, la frénésie croît simultanément à l'inquiétude provoquée par les orientations d'un Jake Gyllenhaal plus démoniaque et exceptionnel que jamais. (Classement 2014 : 8e/54)

DEUX JOURS, UNE NUIT**** de Jean-Pierre et Luc Dardenne | Plus que jamais hermétiques au glamour, les deux frères belges s'en remettent derechef à ce qu'ils affectionnent et maîtrisent par-dessus tout : une mise en scène minimaliste au service d’une histoire simple à la portée sociale collective. Empêtrée entre une dépression destructrice et une soudaine et fragile motivation à s’en sortir, Marion Cotillard y prouve (si cela était nécessaire) qu’elle peut incarner qui elle veut face à la caméra de qui elle veut. (Classement 2014 : 13e/54)

I ORIGINS**** de Mike Cahill | La science, ses doutes et certitudes vont être remis en question par de troublantes circonstances spirituelles, au coeur d'une passion belle et tragique. Un drame... visionnaire ? Certes non, mais touchant, oui. (Classement 2014 : 16e/54)

LES NOUVEAUX HÉROS**** de Don Hall & Chris Williams | Première incursion emballante des comics de Marvel dans le monde de Disney. Cette mue d'un robot médico-domestique en super-héros est tantôt mélancolique, toujours drôle, dynamique et tendre, mais sans réelle surprises.

DUMB & DUMBER DE**** de Bobby et Peter Farrelly | La maturité étant exclue du registre des frères Farrelly, les nouvelles péripéties de nos deux hilarants abrutis Lloyd et Harry, devenus quadras, sont toujours aussi bas de ceinture et très "crotte de nez". A rigoler sans modération. (Classement 2014 : 23e/54)

RESPIRE**** de Mélanie Laurent | Histoire touchante que l’on pressent tragique de deux adolescentes au magnétisme réciproque mais équivoque. Ce cinéma, celui de l'actrice passée réalisatrice Mélanie Laurent (dramatique le cinéma), reflète celui de l'Hexagone : économie de tout, sauf de bonnes intentions, pour une intensité toute relative mais croissante. (Classement 2014 : 24e/54)

YVES SAINT LAURENT*** de Jalil Lespert | Relater la vie du plus grand couturier français du siècle passé ne suffit pas à assurer un grand biopic du siècle présent. Cela, quelles qu'en soient les performances en dentelle d'un viril (enfin!) Guillaume Gallienne et, bien sûr, du tout fraîchement élu meilleur acteur Pierre Niney en YSL. Si l'on conçoit que cette personnalité eut une destinée unique, ce récit de son existence reste trop prosaïque. (Classement 2014 : 38e/54)

vendredi 2 janvier 2015

2014 : L'intégrale FILMS

Parti en pôle position dès sa sortie en janvier, le vainqueur des Oscar 2014 12 Years a Slave n'a plus jamais lâché la tête de ce classement pour en sortir vainqueur incontesté. C'est un plateau original et marquant de comédie/western/SF/drame qui l'accompagne vers les plus hautes sphères de cette année cinéma 2014. Faute d'avoir été vus au moment où ces lignes sont écrites, certains films supposés importants ne figurent pas ci-dessous. Retenons parmi eux Deux jours une nuitWinter sleep, Gone Girl, Mommy, White BirdQuand vient la nuitInterstellarWhite God.

Rétro sur les précédentes éditions : 2013 - 2012 - 2011 - 2010 - 2009

"12 YEARS A SLAVE" - Lauréat 2014
  1. 12 Years a Slave*****, Steve McQueen (USA) (22 janvier)
  2. Dallas Buyers Club, Jean-Marc Vallée (USA) (29 janvier)
  3. Albert à l'Ouest, Seth MacFarlane (USA) (2 juillet)
  4. The Homesman, Tommy Lee Jones (USA) (18 mai)
  5. Under the Skin****, Jonathan Glazer (GB) (25 juin)
  6. American Bluff, David O. Russell (USA) (5 février)
  7. La grande Aventure Lego, Ph.Lord & Ch.Miller (USA) (19 février)
  8. La Voie de l'Ennemi, Rachid Bouchareb (Fr./Algérie/USA) (7 mai)
  9. All about Albert, Nicole Holofcener (USA) (26 mars)
  10. Enemy, Denis Villeneuve (Canada/Esp.) (27 août)
  11. Nebraska, Alexander Payne (USA) (2 avril)
  12. Dragons 2, Dean DeBlois (USA) (2 juillet)
  13. Le Hobbit : la Bataille des cinq Armées, Peter Jackson (NZ/USA) (10 décembre)
  14. Last Days of Summer, Jason Reitman (USA) (30 avril)
  15. Divergente, Neil Burger (USA) (9 avril)
  16. 22 Jump Street, Phil Lord & Chris Miller (USA) (27 août)
  17. Rio 2, Carlos Saldanha (USA) (9 avril)
  18. Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Felix Herngren (Suède) (28 mai)
  19. Godzilla, Gareth Edwards (USA) (14 mai)
  20. Joe, David Gordon Green (USA) (30 avril)
  21. Horns, Alexandre Aja (USA) (1er octobre)
  22. Barbecue, Eric Lavaine (France) (30 avril)
  23. La Vie rêvée de Walter Mitty***, Ben Stiller (USA) (1er janvier)
  24. Nymphomaniac volume 1, Lars von Trier (Danemark/UE) (1er janvier)
  25. The Rover, David Michod (USA/Aus.) (4 juin)
  26. Sous les Jupes des Filles, Audrey Dana (Fr.) (4 juin)
  27. Old Boy, Spike Lee (USA) (1er janvier)
  28. The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson (USA) (26 février)
  29. Noé, Darren Aronofsky (USA) (9 avril)
  30. Babysitting, Ph.Lacheau & N.Benamou (Fr.) (16 avril)
  31. Grace de Monaco**, Olivier Dahan (Fr./USA) 
  32. Welcome to New York, Abel Ferrara (USA) (17 mai - VOD)
  33. Monuments Men, George Clooney (USA) (12 mars)
  34. Le crocodile du Botswanga, F.Eboué & L.Steketee (Fr.) (19 février)
  35. 3 Days to kill, Mc G (USA/Fr.) (19 mars)
  36. Hairbrained*, Billy Kent (USA) (non sorti en salles)
  37. Fastlife, Thomas Ngijol (France) (16 juillet)
... to be continued...