vendredi 1 mai 2015

Wild le Mouton

En quelques lignes, découvrez le point de vue de DavidéoCiné sur les films vus au cours du mois d'avril. Retrouvez ces titres classés sur les pages de leur année de sortie : année 2014, année 2015.

Combien d'ovins sur ce passage mouton ?

SHAUN LE MOUTON***** de Mark Burton | Quinze ans après Chicken Run, les créateurs d'animation en pâte à modeler des studios Aardman refont le coup de la grande évasion version désopilante. Les moutons remplacent les poulets et si la démarche est ici plutôt accidentelle, elle découle de la même soif de liberté, d’une aspiration commune (aux gallinacés et ovins, et donc à tout être humain) de rompre avec cette fichue routine et s'éclater un peu (et pourquoi pas un max). Enchaînements incessants de situations et gags cocasses sont menés par le premier héros laineux à avoir décidé, enfin, d’abandonner sa destinée panurgienne. Une rébellion pour le rire que l’on soutient vivement. (Classement 2015 : 1er/6)

WILD***** de Jean-Marc Vallée | Le Québécois touche-à-tout réalise une équivalence féminine et moins hippie au « Into the Wild » de Sean Penn. La quête de rédemption flagellatrice y supplée le parcours initiatique contestataire tout en créant un même attachement à son personnage central. Reese Whiterspoon, dont on prend plaisir à revoir le minois, les gambettes et la justesse, y campe… sa tente évidemment au travers du désert des Mojaves et des grands nords américains, mais surtout une jeune femme meurtrie par ses erreurs passées et la perte d’une mère qu’elle n’a pas su assez aimer. (Classement 2015 : 3e/6)

LES COMBATTANTS***** de Thomas Cailley | Empli d’humour, d’amour tout autant que de rugosité et de cynisme, ce premier film multi-récompensé est un vrai moment de douce apesanteur. Son couple d’anti-héros d'aujourd’hui formé de l’extraordinaire Adèle Haenel (à la stature de plomb et au regard menaçant) et de l’excellent Kevin Azaïs se découvre, se télescope et s’attache au gré de dialogues ultra percutants. (Classement 2014 : 7e/62)

A MOST VIOLENT YEAR**** de J.C. Chandor | Rendez jaunâtre le grain de votre photo, faites porter des gabardines à vos personnages, plantez çà et là quelques gueules de fumiers pas piquées des vers, le tout autour d'une intrigue un peu tendue au cœur du New York des Eighties, et vous obtiendrez les bases d'un bon polar au sein duquel Oscar Isaac, idéalement épaulé par Jessica Chastain, tente de faire régner son intégrité malgré le tumulte des menaces et tentations corruptrices. (Classement 2014 : 17e/62)

INTERSTELLAR****, de Christopher Nolan | Toujours harnaché d’un budget phénoménal, Nolan relâche l’explosivité de ses dernières réalisations (TDK, Inception) pour revenir à une relative tranquillité (imposé par l’immensité et le silence spatial) autour de ce projet intergalactique qui tente tant bien que mal de se frayer une place entre l’inaccessible 2001 l’Odyssée de l’Espace pour sa portée métaphysique et Gravity dont les secousses visuelles et la condition du cosmonaute sont encore trop puissantes et vivaces à l’esprit pour être surpassées. (Classement 2014 : 34e/62)

LA FRENCH*** de Cédric Jimenez | Lorsque William Friedkin réalisa le polar des polars sur la "French Connection" marseillaise, ce qui lui permis de faire main basse sur la soirée des Oscar 1972, nul ne pouvait alors prétendre mieux faire. Qu’une production française s’y colle toutefois… quarante ans plus tard, laisse pantois. Que ce soit le duo plus attractif qu’indispensable Dujardin/Lellouche qui se partage le haut de l’affiche est un autre motif de scepticisme. Que le film soit à peu près efficace mais sans aucun élément nouveau, ça, c’était à craindre. (Classement 2014 : 45e/62)

LOST RIVER** de Ryan Gosling | Et si le cinéma de Ryan Gosling réalisateur reflétait celui de Ryan Gosling acteur ? Belle gueule, présentation propre et styles en apparence, contre une tendance décevante et plus certaine à manquer d'épaisseur et de ressources sur le fond. Son premier film derrière la caméra revêt en effet un duvet chatoyant qui ne nous embarque à aucun moment dans cette folie ambiante dont on aurait pourtant adoré s’imprégner. C’est malheureux, mais c’est ainsi. (Classement 2015 : 6e/6)