samedi 26 septembre 2015

La Série des Légendes

Un bureau et des légendes, dans Le Bureau des Légendes

Dénicher une très bonne série française est si rare qu’il serait charitable de signaler les exceptions. D'autant qu'il est bien téméraire, a priori, de s'aventurer à créer une série d’espionnage, une vraie, qui explore le cœur des rouages et ressorts des services secrets à l'international (ici ceux de la DGSE). Mais, entre les mains d’un  "expert" comme Eric Rochant, qui sait tenir  une série sur la longueur (Mafiosa) et qui s’est déjà efficacement essayé au long métrage d’espionnage (Les Patriotes), l’utopie peut céder à l’espoir.
D'emblée, on constate que le sujet est très bien documenté et que l'échiquier se met en place avec une grande méticulosité. On peut alors avoir confiance pour la suite. La mise en scène et les personnages sont aussi froids et glaçants que les enjeux qu’ils défendent et les règles qu’ils défient. Peu d’action, certes (on n’est pas chez Jack Bauer), mais les négociations, manipulations et divers coups bas ici décrits précédent toujours les coups d'éclats et chocs médiatisés que l'on peut connaitre dans la réalité. Le casting et l'interprétation, maillons faibles majeurs et historiques de nos séries, tiennent la route. C'est un soulagement sans aucune jubilation. Mathieu Kassovitz, au centre des attentions est propre, mais sa meilleure place restera toujours derrière la caméra. Jean-Pierre Darroussin, eh bien, c'est Jean-Pierre Darroussin, on l'aime beaucoup, mais on a toujours du mal à le prendre au sérieux, et la moindre de ses répliques prépare au rictus. En grand directeur de service, ça tique un peu. Parmi les seconds couteaux aux visages méconnus voire inconnus, j'accorde ma préférence à Jonathan Zaccaï et son incroyable regard stressé.
La saison 1 est composée de 10 épisodes d'une cinquantaine de minutes chacun qui se dégustent tous sur le même tempo accompagnés d'un bon vieux Whiskey. Sans aller jusqu'à penser que LE BUREAU DES LÉGENDES sera la panacée des créations télévisées hexagonales, on espère vivement une seconde saison.