mercredi 11 novembre 2015

Une Chance de trop

Alexandra Lamy, une fille sans gars, mais avec un bébé à retrouver
Où trouver la motivation à regarder une série télé française ? Sempiternelle et grande question. Dans le fait qu’elle soit produite et diffusée par TF1 ? Non, puisque ce pourrait même être là LE critère rédhibitoire au regard des mixtures toujours plus indigestes que la toute-puissance chaîne number one du PAF a pour habitude de présenter à un public malléable et peu exigeant. Dans le casting peut-être ? Sauf qu'avec Alexandra Lamy en vedette, Pascal Elbé et Hippolyte Girardot en têtes d'affiche, la distribution n'est pas suffisamment affriolante pour nous faire sortir d’un scepticisme grandissant. Un beau nom à la réalisation alors ? Non plus. Frédéric Velle, connais pas. Sans espoir.
A moins que le genre de cette série n’évite de tourner définitivement les talons. C’est un thriller. L’attention revient. Ce thriller est adapté d’un best-seller d'une référence internationale du moment : l’Américain Harlan Coben. Le froncement des sourcils s’estompe face à l’écarquillement des yeux. Ce test improbable sera donc Une Chance de trop (dont le roman éponyme s'intitule Not a second Chance en VO), feuilleton de six épisodes d’une petite heure chacun.

Résultat des courses ? Comme on ne pouvait que le craindre, l'interprétation n'est pas à la hauteur du défi. L'ex de Jean Dujardin simule la souffrance et fait preuve d'un bel entrain dans les scènes d'action, mais on n'y croit guère. Quant à Elbé, Girardot et encore Abelanski, comment dire... S'ils avaient été footballeurs, on les aurait remplacés à la mi-temps. Seule Fanny Valette (sosie d'Olivia Ruiz) est vraiment impressionnante dans son rôle de salope sanguinaire. Au-delà de ces visages pas tant à leur avantage, les personnages demeurent cohérents même s'ils sont desservis par certains dialogues et situations parfois risibles (notamment dans les premiers épisodes). Si bien que l'on se dit que décidément, nous (la France) sommes toujours très loin du niveau d'excellence et de rigueur des créations anglo-saxones. Il fallait s'y attendre, c'est désormais un fait. En route pour le fiasco alors ? Non. Car reste le scénario, ingrédient un rien primordial. L'histoire est née des méninges tortueux et de la plume de Coben, ne l'oublions pas. On est sur les traces d'Hitchcock quand même, là! Alors, il faut le reconnaître, on n'a jamais été habitués à une trame aussi complexe et de tels rebondissements à la télévision française. Le test de l'intensité et du suspense avait déjà été passé et réussi au cinéma avec l'adaptation par Guillaume Canet de Ne le dis à personne. Ici, vous ne pourrez que vous prendre également au jeu et dévorer la série des six épisodes d'une traite, avec le même gloutonnement que le bouquin entre les mains lors de quelques heures de farniente estival.

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