vendredi 30 décembre 2016

Top Bouses 2016

Du maigre total de 45 des films sortis en 2016 visionnés à ce jour, Davidéociné en a sélectionnés 5 qui émergent du lot pour leur nullité et irrespect du public. Il y a matière à être intransigeant notamment lorsqu'il s'agit de suites (trois sur les cinq) qui mentent en désagrégeant les codes de leur modèle, qu'il fusse honnête voire simplement acceptable.

1. INDEPENDENCE DAY : RESURGENCE. De Roland Emmerich (USA / (20 juillet)
Non, vous ne rêvez pas, c'est bien notre Charlotte Gainsbourg nationale qui a traversé l'Atlantique
pour jouer au côté de Jeff Goldblum dans le pire film de l'année

2. LA TOUR 2 CONTRÔLE INFERNALE. De Eric Judor (France / 10 février)
Coucou à vous aussi les boloss !!

3. PATTAYA. De Franck Gastambide (France / 24 février)
Malik Benthala qui en chie dans un film de merde. Là, enfin, ça se tient

4. ZOOLANDER 2. De Ben Stiller (USA / 2 mars)
On vous a quand même reconnus les bouffons

5. CRIMINAL - UN ESPION DANS LA TÊTE. De Ariel Vromen (USA/GB / 4 mai)
KevinCostner - Un bonnet sur la tête / Un benêt dans la tête

jeudi 17 novembre 2016

Dernier Train pour Busan

Le cinéma de genre se porte bien, merci pour lui ! En son sein, le film de zombie, qui n'a cessé d'être reproduit d'une décennie à l'autre, rayonne un peu plus depuis l’avènement... d'une série : le carton The Walking Dead bien entendu. Le cinéma coréen, qui a son mot à dire en matière d'horreur (souvenons-nous de The Host en 2006), tape là un énorme coup avec ce DERNIER TRAIN POUR BUSAN (que l'on pourrait par exemple renommer "The Running Dead"). Reproduisant la difficulté du huis-clos ferroviaire façon Snowpiercer, le Transperceneige, le jeune réalisateur Yeon Sang-ho, jusqu'alors restreint aux films d'animation, réalise la prouesse d'enchaîner les scènes d'actions avec une frénésie rythmée par des mutants qui semblent avoir notamment quelques soucis de rétine. Et les codes fonctionnent parfaitement : un père égoïste se mue (enfin) en héros pour sauver sa fille, un homme d'affaires nauséabond influe sur le groupe, course-poursuite contre le temps et la mort, les échappatoires de fortunes sont un répit toujours bref, etc. Il y a fort à parier que l'on reparlera très vite de ce Yeon Sang-ho.
  • Sortie Cinéma : 17 août 2016
  • Sortie DVD : 17 décembre 2016
Le danger n'est plus loin de Gong Yoo et Ma Dong‑Seok

mercredi 16 novembre 2016

Mademoiselle

Si d'aucuns se délecteront de similitudes dé-fantasmées entre les deux films, la vie de MADEMOISELLE n'est ni la suite ni le remake de La vie d'Adèle. Chez Park Chan-Wook, il est sans cesse question de perversion morale, de moeurs farfelus et par dessus tout d'un machiavélisme absolu. La question de l'emprisonnement reste également une obsession pour le réalisateur de Old Boy qui insiste brillamment sur la complexité des (relations entre les) personnages au sein d'un puzzle constitué de trois phases. Toujours plus esthète et minutieux dans une mise en scène magnifiée par la beauté de la photographie, le Coréen ne faiblit pas et accentue ce qu'il avait réussi avec son dernier Stoker. C'est tant mieux pour nous comme pour un cinéma du pays du soleil levant peu à la fête ces derniers temps.

Mademoiselle est en étrange posture

dimanche 13 novembre 2016

Les Premiers, les Derniers

Bouli Lanners incarne à lui seul un cinéma belge francophone sous sa forme la plus désabusée et tendre à la fois. LES PREMIERS LES DERNIERS est totalement à cette image : la grisaille du plat pays est un théâtre aux portes en permanence ouvertes aux petites histoires les plus minables mais aussi gentilles. Avec son acolyte tout trouvé Albert Dupontel face caméra, il trace, à l'allure d'un polar tranquille, des portraits atypiques et hétérogènes dans un environnement sinistré regorgeant d'inattendus. Décontractant.
  • Sortie cinéma : 27 janvier 2016
  • Sortie DVD : 29 juin 2016
David Murgia & Aurore Broutin : les premiers, les derniers ?

vendredi 11 novembre 2016

Elle

Plus que jamais cinéaste non cataloguable, Paul Verhoeven offre du sur mesure à Isabelle Huppert avec ce rôle de bourgeoise insondable ballottée entre son amour propre et la violence impromptue qu'elle subit. ELLE est choquée et nous le sommes tout autant. ELLE semble s'interroger sur ses sentiments et nous en faisons autant. ELLE est perdue mais surmonte ses obstacles et nous l'accompagnons. Étonnant.
  • sortie cinéma : 25 mai 2016
  • sortie DVD : 4 octobre 2016
ELLE est de profil Isabelle Huppert

mardi 8 novembre 2016

Blood father

Tous deux adeptes des polars dopés à la testostérone comme des colères révoltées sur grand écran, Jeff Richet et Mel Gibson étaient faits pour se rencontrer. Pour le meilleur ? Fort malheureusement non, comme on le craignait quand même pas mal à la lecture du pitch de BLOOD FATHER. Pour nous servir le coup de la fille menacée de mort, bon prétexte à énerver notre gros dur rangé des bagnoles, on pouvait se contenter d'un énième Bruce Willis sauce Bay ou MacTiernan. Il n'y a plus qu'à escompter que Gibson réalisateur retrouve de sa superbe avec son imminent TU NE TUERAS POINT.
  • sortie cinéma : 31 août 2016
Mel met la gomme

dimanche 6 novembre 2016

The Neon Demon


Ce sacré NWR est tellement sûr de son fait et bien assis sur sa renommée qu'il n'en finit plus de décliner la même recette à chaque nouveau film. Et vas-y que j'tembobine avec une mise en scène top stylisée sur un rythme tout penaud et puis bim!!! Ça part irrémédiablement en trash forcé avec cette inéluctable interrogation à émettre : c'est quand qu'il va nous raconter une histoire, vraiment ? Le plus drôle avec THE NEON DEMON, c'est que ce personnage de top model, comme un incessant cliché, semble incarner à lui tout seul le cinéma du Danois : étincelant comme un soleil en apparence, et vide comme une coquille d'oeuf à l'intérieur.
  • sortie cinéma : 20 mai 2016
  • sortie DVD : 26 octobre 2016

samedi 4 juin 2016

Bloodline (saison 1)

La famille Rayburn au grand complet... ou presque.

La Floride. Cadre paradisiaque fait de plages de carte postale ornées de palmiers, le tout agrémenté d'un soleil de plomb. Mais la Floride, c'est également les pluies diluviennes, la mangrove inquiétante et des cadavres qui flottent à fleur d'eau. La Floride c'est "Dexter" donc !? Pas que en fait.
Comme son titre l'indique, la série Bloodline se forge sur les liens du sang : les vrais et indéfectibles liens de sang de la famille. Sauf que dans toute famille, les secrets les plus dérangeants sont enfouis au fond des mémoires et mis à l'abri du monde extérieur. Mais ne dit-on pas que le passé finit toujours par nous rattraper ? Celui de la famille Rayburn va leur exploser en pleine figure.

Derrière Sally et Robert (Sissy Spacek et Sam Shepard), couple de septuagénaires aimants connu et reconnu parmi la communauté locale pour faire prospérer son hôtel touristique depuis des décennies, s'aligne une fratrie de quatre enfants : Danny, l'aîné marginal et mal aimé (Ben Mendelsohn vu dans Lost River et Black Sea), John, le "grand frère", père de famille responsable et policier respecté (Kyle Chandler vu dans Le loup de Wall Street et Carol), Kevin, l'impulsif et cadet des garçons qui cherche sa place autant que son équilibre (Norbert Leo Butz) et enfin Meg, la benjamine, avocate pas vraiment carriériste mais à un tournant dans sa vie de couple (Laura Cardellini). Ce joli petit monde se retrouve à l'occasion d'une cérémonie organisée en l'honneur des parents. 
Comme c'est de plus en plus de coutume (mais de pertinence ?) dans les longs métrages ou séries à suspense, on entrevoit d'emblée une partie du dénouement final forcément obscur et radical.  Puis la chronologie du présent reprend ses droits et un début de tension se met en place autour de l'arrivée retardée de Danny, ce frère aîné insaisissable que l'on découvrira plein de rancœur. Et rapidement, l'idée fait son chemin que cette fratrie fut jadis composée d'une autre sœur. Qu'a-t-il pu se passer trente ans plus tôt ? Quelle responsabilité porte chacun des membres de la famille ? Pourquoi Danny est-il considéré comme le vilain petit canard ? Et surtout est-ce justifié ? Voici autant de questions que les treize épisodes de cette première saison de Bloodline vont étayer. Peu d'épisodes et moments de "remplissage" et un intérêt toujours crescendo à progresser dans la saison en dépit d'une tendance à penser parfois qu'il y a peut-être beaucoup de bruit pour rien. Mais les séquelles psychologiques et insidieuses étant moins visibles et donc palpables que celles physiques, les origines et conséquences du malaise ne seront pas sans suite. Et pour cause, puisque l'ouverture plus ou moins habile vers une deuxième saison est faite en conclusion.

Ne cherchez pas pour autant quelle chaîne de la TNT diffuse Bloodline. Il s'agit en effet d'une production Netflix exclusivement accessible sur la plateforme de location du même nom. La première saison est disponible en DVD/Blu-ray depuis le mois de mars. Le coffret est composé de cinq disques d'une qualité irréprochable. Le premier épisode de la saison 2 est disponible depuis un semaine.
L’édition Blu-Ray recto-verso


En partenariat avec l'agence Cartel

dimanche 14 février 2016

Free Love

La grande aventure humaine et sociale n'a toujours demandé qu'à inspirer celle du cinéma. Mais ce n'est certainement pas parce que l'histoire vraie d'un couple - deux femmes qui s'aiment sont en lutte contre le poids d'une société inégalitaire - est juste, triste et révoltante que le film leur rendant hommage est à coup sûr touchant et mémorable. Entre la maladie et le combat pro-mariage pour tous plus que d'actu, tout est pourtant réunit pour faire de Free Love un film pivot comme Kraemer contre Kraemer a pu l'être au crépuscule des années soixante-dix. Mais il n'en est rien, car en dépit de la présence de Julianne Moore au talent qui n'est plus à défendre et qui a désormais une vraie habitude à jouer les femmes condamnées depuis Still Alice (sorti début 2015), le ton est trop solennel, voire administratif (comme ce satané combat politique) pour émouvoir réellement. Un Michael Shannon plein d'abnégation et une Ellen Page victime collatérale de toute cette affaire n'y changent rien. Petit lot de consolation avec un Steve Carell en juif à kippa représentant la cause gay avec grandiloquence.
  • Réalisé par Peter Sollett (USA)
  • Titre original : Freeheld
  • Sortie en salles le 10 février 2016
  • En 2e position du classement 2016 
Quand Laurel rencontre Stacie

mardi 9 février 2016

Chair de Poule - le film

Il y en a qui ne vont pas tarder à avoir la Chaire de Poule 

Fantasme plus que cauchemar ressassé : les personnages d'un auteur de roman d’aventures de seconde zone (ne le placez pas ouvertement en-dessous de Stephen King ça risquerait de l'énerver) prennent vie et sont bien décidés à éliminer celui qui les a créés ainsi que par la même occasion à ravager tout ce qui traîne sur leur passage. S'agissant de personnages plus ou moins légendaires et monstrueux manipulés par un angoissant... pantin, ça risque d'être un beau merdier. Pour lutter contre une légion de nains de jardin, un abominable homme des neiges de salon, un loup-garou de supermarché ou encore une mante religieuse géante (^^), la troupe emmenée par un Jack Black à la verve et aux mimiques intacts aura fort à faire. L'écrivain, joué par Jack Black, prend l’identité de l'authentique auteur de ces romans populaires pour ados qui avaient déjà l'objet, dans les années 90, d'une adaptation en sérié télévisée. Point de surenchère d'effets spéciaux mais de bonnes doses d'humour et de blagues qui font de Chair de Poule - le film, un succès familial en puissance pour ces vacances d'hiver qui débutent tout juste.
Une fois n'est pas coutume, c'est le pantin qui tire les ficelles

dimanche 7 février 2016

Marguerite

On connait tous la Castafiore et sa voix que l'on suppose insupportable tant elle a martyrisé les oreilles de Haddock, Tintin et consorts à chacune de ses représentations où l’assistance avait pour habitude de se complaire dans une vaste flagornerie pour ne pas vexer la diva. Et bien l'histoire de Marguerite est celle de la Castafiore, avec la certitude que Marguerite, pour l'entendre, ne sait pas chanter. Le parcours de cette femme fortunée est sincère, son obstination laborieuse, sa personnalité respectable et respectueuse, si bien qu'en dépit du supplice qu'inflige sa voix, nul n'ose la bousculer. De par la simplicité de son personnage et la gentillesse naturelle qu'elle dégage, Catherine Frot décline la Yoyo d'Un air de famille. Si fragile, on ne peut lui faire de mal, mais pour la protéger, il faut la confronter à une réalité qu'elle ne discerne pas. Oui, mais comment combattre ce qui est ridicule sans l'être soi-même ? C'est la même mission à laquelle s'était déjà attelé Xavier Giannoli dans Quand j'étais chanteur, porté par un Gérard Depardieu aussi pathétique que magnifique. Après avoir lamentablement échoué dans une tâche similaire avec Superstar, Giannoli retrouve de sa superbe. entourant sa Marguerite d'excellents seconds rôles masculins, parmi lesquels André Marcon (qui a lui, sans chanter, un vrai beau timbre de voix) et Michel Fau (le chanteur d'opéra qui pourrait bien rafler une statuette à la fin du mois).
Catherine Frot osera-t-elle affronter sa propre voix ?