dimanche 26 mars 2017

Inferno

Dix ans après Da Vinci Code (sorti en 2006) et sept après Anges & Démons (2009), Ron Howard n'en a pas terminé de l'adaptation sur grand écran des tribulations de Robert Langdon, l'expert en religions et symboles, et personnage central des romans policiers ésotériques de Dan Brown.
Il est impossible pour Inferno de déroger à la règle des volets qui l'ont précédé. Le héros malgré lui subit toujours de la même incessante manière des événements sous forme d'un jeu de pistes machiavélique qu'il devrait toutefois parvenir à faire capoter en dépit des embûches mortelles et des personnages douteux qu'il va rencontrer. C'est bien dommage et quelque part inéluctable, mais ce n'est plus dans ce genre de thriller réchauffé à l'infini que le spectateur pourra trouver source d'inattendu. Tout du moins pas sur le fond ni les rebondissements, lesquels, s'ils ne sont pas tous téléphonés, n'en restent pas moins convenus.

Tom et Felicity semblent en douter, mais ils sont bien dans l'Inferno - Photo Sony Pictures
L'attrait d'Inferno, comme son nom peut le laisser supposer, réside dans sa transposition de l'enfer. Celui de Dante plus précisément qui sert de références aux aventures de ce troisième opus. Manipulé à souhaits, Langdon est victime d'un traumatisme qui le fait halluciner en permanence et visualiser les arcanes de l'enfer dont la mise en scène est plutôt terrifiante. Individus mutilés ou brûlés, afflux d'hémoglobine, serpents glaçants, etc., ces séquences ont été soigneusement travaillées.
Passé ces facteurs techniques et les panoramas de carte postale qui vous feront visiter l'Italie (Florence, Venise) et la Turquie (Istanbul), le casting est particulièrement cosmopolite. Après avoir été accompagné d'Audrey Tautou puis d'Ayeler Zurer dans les deux premiers épisodes, l'inamovible bon samaritain Tom Hanks a cette fois pour binôme féminin la charmante et énigmatique actrice britannique Felicity Jones (Rogue One: A Star Wars story, Quelques minutes après minuit). Parmi les seconds couteaux (parfois au sens propre), il n'est pas inintéressant de découvrir Omar Sy ailleurs que dans une comédie. L'excellent Ben Foster, qui étoffe sa palette de looks caméléon (Comancheria, The Program, Alpha Dog), l'Indien Irrfan Khan (L'Odyssée de Pi) et la Danoise Sidse Babett Knudssen (La fille de Brest) complètent ce plateau sans frontières.

Recto/Verso du coffret Blu-Ray + Digital
Outre les sempiternelles scènes coupées que l'on ne regrettera pas d'avoir manquées dans la version définitive du film, le coffret DVD/BRay* nous offre quelques sujets complémentaires classiques mais instructifs. A commencer par "Visions de l'enfer", une interview commentée par Ron Howard sur la mise en image du fameux enfer de Dante. Vous comprendrez que quelles que soient les technologies numériques d'aujourd'hui, un metteur en scène a toujours besoin de "vrai". "Inferno autour du monde" détaille les choix d'un casting délibérément international alors que dans le bonus "Ron Howard, journal de bord", le réalisateur de Cocoon, par ailleurs adoubé sur l'ensemble de ses choix par l'auteur Dan Brown, démontre qu'il n'y a pas d'âge pour la geek-attitude.

* En partenariat avec l'agence Cartel

  • Sortie France : 9 novembre 2016
  • Sortie DVD : 15 mars 2017
  • Inferno est actuellement 47e/75 du classement 2016 DavidéoCiné